Une victoire du PS aux élections régionales serait "un frein" pour le gouvernement, a estimé vendredi soir à Lens l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, qui a appelé à "sanctionner" la majorité.
"Une victoire confirmée des socialistes, six ans après, donc n'apparaissant pas comme un accident bienheureux de l'Histoire, sera un frein pour le gouvernement dans le développement d'un certain nombre de ses projets les plus négatifs", a estimé Lionel Jospin lors d'un meeting de soutien au président sortant de la région Nord/Pas-de-Calais, Daniel Percheron.
Devant plusieurs centaines de militants, Lionel Jospin a également vu dans ce scrutin une occasion de "sanctionner sévèrement le pouvoir en place". L'ancien Premier ministre de la cohabitation a taclé tour à tour Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon, fustigeant une "direction désordonnée du pouvoir". Lionel Jospin : dédicaces et émotion.
Livre. L'ancien Premier Ministre à la rencontre de ses lecteurs.
Des rires, des embrassades, et même quelques larmes. C'est avec émotion qu'une petite centaine de Toulousains a accueilli Lionel Jospin hier. L'ancien Premier Ministre était de passage dans la Ville rose pour dédicacer son dernier livre, « Lionel raconte Jospin » à la librairie Castela.
Dans la file d'attente, beaucoup de sympathisants socialistes, tristes d'avoir vu la carrière politique de l'ancien élu de Haute-Garonne se terminer un soir d'avril 2002. « C'est un homme droit, intègre, qui manque énormément à la scène politique actuelle. On a vécu une belle page d'histoire avec lui, et on est donc très nostalgiques », lâche Marthe, 66 ans. Un accueil chaleureux, qui n'a pas laissé indifférent l'ex-homme d'État âgé de 72 ans. « Ce qui me frappe quand je reviens à Toulouse, c'est que j'ai l'impression d'être de plain-pied. J'éprouve un formidable sentiment de familiarité », explique Lionel Jospin, qui a vécu sur les bords de la Garonne de 1986 à 2002. « Lionel raconte Jospin », éditions Broché
L’enjeu des systèmes de santé français et américain
Tu vas réussir ! Cher président.
Avec la présentation cette semaine du plan de Barack Obama pour la réforme du schéma de santé aux Etats-Unis, l’on s’aperçoit que le système Américain souffre comme la France du coût élevé des dépenses maladie. Dans notre pays, les coûts en santé ont en effet fortement augmenté ces dernières années : jusqu’à 50% d’augmentation par rapport à 2001.
Aujourd’hui, 31 millions d’Américains sont sans couverture maladie. La faute à un système souvent contrarié par la recherche du profit (hôpitaux privés, tarifs libres etc.) Avec cette réforme, Barack Obama à bien l'ambition de réorganiser une chaîne des soins inégalitaires. Quant aux compagnies privées d'assurance-maladie, qui dominent le système d’assurance maladie, elles n'auraient plus le droit de refuser d'assurer les personnes malades ou à haut risque. Et les hausses de primes jugées trop fortes pourraient à l’avenir être bloquées par l'État.
Débarrassé de toute obsession du profit, le futur système américain voulut par le Président Obama n’aurait pour objectif que de couvrir chaque citoyen et d’offrir les meilleurs rapports qualité-prix aux assurés. L’occasion de rappeler que pour bénéficier des meilleurs tarifs en mutuelle santé, le plus simple reste encore de faire jouer la concurrence en comparant les offres de mutuelle santé du marché.
Maîtriser la hausse des dépenses de santé
Les cauchemars d'Obama
Défi. Fragilisé, le président contre-attaque sur le terrain politique.
L’hiver est rude pour Obama. Les lauriers de la victoire se fanent sous les assauts d’un blizzard destructeur. Un an après son entrée triomphale à la Maison-Blanche, le président américain piétine, doit se battre au corps à corps pour faire passer ses réformes. La magie du verbe, l’espérance d’une nouvelle frontière ne suffisent plus. La réalité politique a rattrapé Obama. Dernière mauvaise surprise : la victoire dans le Massachusetts du républicain Scott Brown, élu au siège de Ted Kennedy. Un coup terrible : ce fief démocrate était réputé imprenable. Ce revers prive le président de la majorité qualifiée au Sénat (60 sièges sur 100), qui lui permettait d’éviter les tentatives d’obstruction de l’opposition. Résultat : la réforme sur la santé, laborieusement mise au point, a du plomb dans l’aile. Il faudra sans doute revoir la copie, édulcorer un peu plus un texte déjà passablement amendé.
Obama, sonné mais debout, ne s’est pas apitoyé longtemps sur son sort. En animal politique à sang froid, il a repris l’offensive sur un autre terrain : celui de l’économie. Il a sorti de sa manche une loi prévoyant de contrôler les risques des établissements financiers, de limiter leur taille, d’interdire les activités de trading sur fonds propres et les investissements spéculatifs.
Hurlements du monde financier, chute des Bourses. Mais Obama tient bon : il joue Main Street (l’homme de la rue) contre Wall Street, cajole les classes moyennes. Et cela plaît à l’opinion.
En coulisse s’est déroulée une autre bataille plus feutrée : ce sont David Axelrod, le conseiller politique, et Paul Volker, ancien président de la Réserve fédérale, qui étaient à la manœuvre. Signe des temps : David Plouffe, l’ex-directeur de campagne, a repris du service. Le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, et le conseiller économique Larry Summers ne manifestaient pas un enthousiasme délirant à l’idée de se lancer dans cette affaire. Mais le président a pesé les risques : le dossier des banques est moins controversé que celui de la santé et il peut espérer rallier quelques républicains pour cette croisade. Ce serait nouveau. Car, jusqu’à présent, la méthode Obama, l’approche « bipartisane », a échoué. Les républicains sont restés campés sur leurs positions. Il est vrai que, selon les sondages, le tiers de leurs électeurs doute que l’actuel président soit réellement citoyen américain...
Barack Obama savait que son mandat ne serait pas un chemin de roses : une crise économique terrible, deux guerres sur les bras, le casse-tête iranien, le problème inextricable du Proche-Orient.
Sombre horizon
Mais les choses sont encore plus noires que ce qu’il pouvait imaginer dans ses pires cauchemars. La situation en Afghanistan ne cesse de pourrir un peu plus chaque jour, le chaos s’étendant au Pakistan. Les Etats-Unis sont contraints de soutenir le président afghan Karzaï tout en sachant qu’il s’agit d’une planche pourrie discréditée dans sa propre communauté, les Pachtouns.
En Irak, le désengagement des GI pourrait être remis en question par l’obstination des chiites à vouloir exclure de la vie politique la plupart des sunnites sous prétexte de collusion passée avec Saddam.
Cet horizon qui s’obscurcit redonne espoir aux républicains. Ceux-ci se cherchent désespérément un leader. La pétulante et pittoresque Sarah Palin ou Scott Brown se sentent pousser des ailes. Ils n’ont peut-être pas vocation à avoir un destin national, mais ils occupent, en attendant, les estrades.Haut du formulaire
Barack Obama veut limiter l'activité des banques de Wall Street
Barack Obama s'en est pris aux grandes banques de Wall Street jeudi en annonçant de nouvelles mesures visant à limiter certaines de leurs activités les plus lucratives accusées d'avoir contribué à la crise financière, ce qui a fait dégringoler la Bourse et le dollar.
Le président américain, soucieux de reprendre la main deux jours après avoir perdu la majorité qualifiée au Sénat, veut interdire aux banques, ou aux institutions financières contrôlant des banques, de posséder, d'investir ou de soutenir des fonds spéculatifs ou des fonds de capital-investissement.
"Nous devons mettre en oeuvre des mesures de bon sens qui vont protéger les contribuables américains et l'économie américaine de crises futures", a déclaré le chef de la Maison blanche à la presse, entouré pour l'occasion de ses principaux conseillers économiques et de parlementaires de premier plan.
"Il ne faut plus autoriser les banques à trop s'éloigner de leur mission centrale qui est d'être au service de leur clients", a ajouté le président.
"Si ces gens veulent la bagarre, c'est un combat que je suis prêt à avoir", a-t-il lancé, adoptant un ton plus populiste visant à rassembler son camp autour du mécontentement de l'opinion face aux excès de Wall Street.
La décision de Barack Obama intervient après d'autres mesures destinées à encadrer les banques et deux jours après la cinglante défaite subie par les démocrates au profit des républicains dans la sénatoriale partielle de leur bastion du Massachusetts.
FIN DU CONCEPT "TROP GROS POUR FAIRE FAILLITE"
Barack Obama souhaite également restreindre sévèrement la pratique des opérations pour compte propre, qui consiste pour les banques à jouer en Bourse leur propre argent par opposition aux placements pour le compte de la clientèle.
Ces opérations se sont révélées extrêmement lucratives pour les banques mais elles ont accru la volatilité sur les marchés. La Maison blanche estime que cette pratique a contribué à mettre le système financier américain au bord du gouffre en 2008.
Barack Obama souhaite aussi que soit votée une limite à la taille des banques en proportion de l'ensemble du secteur financier. Cette limite prendrait en compte, outre les sommes déposées en banque, déjà plafonnées, d'autres sources de financement comme la dette.
"Ces dernières années, de trop nombreuses institutions financières ont risqué l'argent du contribuable en gérant des fonds spéculatifs et des fonds de capital-investissement et en faisant des investissements plus risqués pour obtenir des bénéfices rapides", a critiqué le chef de l'Etat.
Les actions des principaux établissements du pays ont dégringolé après ces annonces tandis que le dollar chutait face au yen et effaçait ses gains face à l'euro. JPMorgan Chase a fini en recul de 6,59%, Citigroup de 5,5% et Bank of America de 6,2%. Goldman Sachs et Morgan Stanley ont perdu plus de 4% chacune.
S'exprimant après Barack Obama, Austan Goolsbee, un de ses conseillers économiques, a expliqué que les mesures annoncées visaient à mettre fin au concept qui voudrait que certains établissements soient "trop gros pour faire faillite" et montrer que quand de telles institutions "échouent, elles meurent."
"Cela va avoir un effet énorme sur les grands noms du courtage comme Goldman Sachs ou JPMorgan. S'ils arrêtent les opérations pour compte propre, non seulement cela assèchera la liquidité du marché mais aussi toute la structure de Wall Street", estime Ralph Fogel, chez Fogel Neale Partners.
JOSEPTH STIGLITZ APPROUVE
Rob Nichols, président du Financial Services Forum, un groupe de pression représentant les patrons des grandes banques, a fustigé "l'interdiction arbitraire de "certaines activités" et la fixation de "limites arbitraires en matière de taille" en estimant que le trading, pour compte propre ou non, n'était pas à l'origine de la crise.
Avant son annonce, Barack Obama avait rencontré Paul Volcker, ex-président de la Réserve fédérale qui dirige l'équipe de ses conseillers économiques. Celui-ci est favorable à un encadrement des grands établissements financiers pour limiter leur capacité de nuisance.
De sources financières, on a indiqué que le secrétaire au Trésor Timothy Geithner aurait montré une attitude réticente. Il craindrait que la limitation proposée en matière de taille et d'activité pour compte propre des grandes banques ne limite leur compétitivité au niveau mondial, a-t-on expliqué.
Mais un responsable de la Maison blanche a affirmé que le plan de Barack Obama avait le soutien unanime de toute l'équipe économique du président.
Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz a estimé que les propositions de Barack Obama étaient "un grand pas en avant", mais qu'il restait à réglementer les marchés de produits dérivés.
En décembre, la Chambre des représentants a voté une importante réforme financière qui prévoyait déjà la possibilité pour les autorités de régulation de restreindre l'activité pour compte propre. Le Sénat ne s'est pas encore prononcé sur le sujet. Par Jeff Mason et Kevin Drawbaugh. Avec Caren Bohan et Ross Colvin, version française Gwénaelle Barzic et Danielle Rouquié.
Barack Obama a décidé dimanche de faire appel aux réservistes de l'armée américaine pour participer aux opérations de secours en Haïti.
Le chef de la Maison Blanche a signé samedi un décret autorisant les départements de la Défense et de la Sécurité intérieure à faire appel à des médecins et à des gardes-côtes réservistes.
Le décret n'a été dévoilé par la Maison Blanche que dimanche.
Le communiqué de la Maison Blanche ne donne aucune précision sur le nombre de ces réservistes, précisant simplement qu'ils seront appelés en nombres limités. AP
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WASHINGTON - La tentative d'attentat commise par un étudiant nigérian le jour de Noël lors d'un vol entre Amsterdam et Detroit sur un avion de ligne américain aurait pu être déjouée, a estimé mardi Barack Obama.
La tentative d'attentat commise par un étudiant nigérian le jour de Noël lors d'un vol entre Amsterdam et Detroit sur un avion de ligne américain aurait pu être déjouée si les services de renseignement avaient fait le lien entre les différentes informations dont ils disposaient, selon Barack Obama. (Reuters/Kevin Lamarque)
Le président américain, qui s'exprimait après une réunion avec les chefs des agences américaines du renseignement, a estimé que les services concernés n'avaient pas fait le lien entre les différentes informations dont ils disposaient.
Il a ajouté dans un communiqué qu'un premier rapport sur l'incident avait permis de montrer qu'il existait suffisamment d'informations pour interdire l'accès de l'avion à l'auteur de la tentative d'attentat.
"On n'a pas su rassembler les informations", a-t-il dit.
Lionel Jospin se raconte enfin
Le JDD a vu en exclusivité le film-confession de l'ex-Premier ministre, qui publie également des Mémoires écrits. Sur le trotskisme, Mitterrand, Chirac, toutes les vérités d'un homme secret.
C’est le testament politique d’un homme qui a "achevé son parcours d’acteur". La vie de Lionel Jospin telle qu’il voudrait qu’on s’en souvienne. Lionel raconte Jospin est un livre qui sort le 7 janvier au Seuil et un film qui sera diffusé les 14 et 21 janvier sur France 2.
Le JDD a vu en exclusivité la confession filmée de l’ancien Premier ministre, réalisée par Patrick Rotman. Deux fois quatre-vingt-dix minutes dans lesquelles Lionel Jospin se confie pour la première fois sur son trotskisme, évoquant notamment ses liens avec Pierre Boussel, dit Lambert, fondateur et leader de l’Organisation communiste internationaliste (OCI). Il évoque aussi ses relations avec François Mitterrand, se montre très critique envers Jacques Chirac, explique son bilan à Matignon et la campagne présidentielle de 2002.
De la naissance de Lionel Jospin en 1937 à Meudon " sur Voltaire" puisque sa mère, Mireille, avait posé des livres du philosophe pour surélever le lit sur lequel elle accouchait, jusqu’au 21 avril 2002, son échec à la présidentielle. "C’est sa vie et c’est notre histoire", dit en voix off Patrick Rotman pendant que Lionel Jospin se promène dans le jardin du Luxembourg.
"Pas une vie de retraité"
Pour ce document – soixante-cinq ans de mémoire des gauches françaises – Jospin s’est confié pendant vingt heures à Rotman et au journaliste Pierre Favier, fin 2008 et début 2009. L’ancien Premier ministre, si pudique, a apprécié ces confessions. "C’est comme le boulot, c’est pas une vie de retraité", disait-il à des proches, à propos de ces mois à se remémorer sa vie, et à dessiner une cohérence à son parcours politique.
Pour Jospin, il est plus important de tenir cette cohérence personnelle que de "sanctuariser son bilan au gouvernement" comme on le redoute au siège du PS, rue de Solferino, où il ne met plus les pieds que parfois le vendredi après-midi, quand il est sûr de ne croiser personne. Lui veut écrire lui-même le bilan d’une vie: "Penser que [je ne suis] pas aimé par tous, estimé par un certain nombre mais respecté par beaucoup au moment où mon parcours politique d’acteur est achevé, c’est une source de satisfaction." Homme de l’écrit – ce qui reste – Jospin a relu minutieusement son livre. Il l’a envoyé avant Noël à de rares privilégiés, tout en leur demandant de garder le secret, jusqu’à la publication des bonnes feuilles! Ses amis – les mêmes parfois – verront le film, mardi soir, lors d’une projection privée. La lecture du JDD leur donnera un avant-goût de cette confession politique.
Barack Obama revient sur une loi interdisant les porteurs du VIH d'entrer aux Etats-Unis
Une injustice issue d'un ancien temps. On dirait un peu une vieille loi issue du moyen âge. Une sorte de texte sur la sorcellerie, qui aurait trainé dans les tiroirs et que 100 ans plus tard, à la lumière des Sciences et de la Raison, on qualifierait de fantaisiste.
C'est une loi de ce type que Barack Obama s'apprête à abolir. L'Administration Bush avait elle-même commencé à vider de sa substance ce règlement. Car vous ne le savez peu être pas, mais une loi américaine interdit à une personne séropositive de s'installer aux États-Unis. Les États-Unis font ainsi partis, avec la Chine et la Russie, de la petite dizaine de pays ayant adopté ce type de loi.
Cette loi a été adoptée dans les années 80 (1987 exactement). Un nouveau virus est déclaré. Comble de l'horreur, il ne s'attaquerait qu'aux homosexuels. On ne sait guère comment il se propage, mais on sait qu'on en meurt. On ne sait pas d'où il vient ni comment on l'attrape. On en a peur. Alors une loi est votée interdisant les séropositifs de rentrer sur le territoire américains. Une loi justifiée d'un point de vue de la santé publique, mais qui quelques années plus tard a perdu toute sa légitimité et n'est plus qu'un acte légalisant des discriminations intolérables.
Barack Obama l'a affirme vendredi, et dès lundi la restriction sera levée. La liberté de voyager devrait être rétablie formellement en 2010.
Barack Obama a déclaré: « Nous guidons le monde lorsqu'il s'agit de participer à l'endiguement de la pandémie de Sida; dans le même temps, nous faisons partie de la dizaine seulement de pays qui empêchent les gens atteints du VIH d'entrer dans notre propre pays ». Le président américain continue: « Si nous voulons être les leaders mondiaux du combat contre le VIH, nous devons agir ainsi ».
En effet Barack Obama prend le problème à bras le corps. Il a décidé de continuer un vaste programme de prévention et d'éducation et de traitement pour lutter contre le virus (le programme Ryan White) a destination des personnes modestes notamment.
La Ministre de la santé, Roselyne Bachelot parle d' « Une décision d'une grande humanité
Le président américain Barack Obama se rendra à Oslo en décembre pour recevoir le prix Nobel de la Paix
Barack Obama a été récompensé "pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie internationale et de la coopération entre les peuples", selon le comité Nobel.
Il est le 3e membre du Parti démocrate à recevoir ce prix au XXIe siècle, après Jimmy Carter (2002) et Al Gore (2007). Martin Luther King l'avait eu en 1964.
"Il est très rare qu'une personne ait, dans la même mesure qu'Obama, attiré l'attention du monde entier et donné à son peuple l'espoir d'un avenir meilleur", a ajouté le jury du prix.
Le président américain a estimé que ce prix était '"un appel lancé à moi et à toutes les nations pour répondre aux défis du XXIe siècle". "Je ne considère pas (ce prix) comme une reconnaissance de ce que j'ai accompli mais plutôt comme une affirmation du leadership américain au profit des aspirations nourries par les gens de toutes nations", a ajouté Barack Obama depuis la Maison Blanche.
"Le président a accueilli avec humilité le choix du comité", avait indiqué plus tôt un responsable de la Maison blanche. Son porte-parole avait réveillé le président des Etats-Unis pour lui annoncer la nouvelle.
Le prix lui sera remis à Oslo le 10 décembre. Il est assorti d'une médaille, d'un diplôme et d'un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (près d'un million d'euros).
Points positifs...
Barack Obama, premier Afro-Américain élu à la Maison blanche, a fortement infléchi la politique étrangère en optant pour une approche plus consensuelle dans ce domaine. Il "a créé un nouveau climat dans la politique internationale", a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.
Le comité Nobel dit avoir "attaché une importance particulière à la vision et aux efforts d'Obama pour un monde sans armes nucléaires", poursuit M. Jagland. Homme le plus puissant de la planète, Barack Obama, qui a pris ses fonctions il y a moins de neuf mois, a prôné le mois dernier à l'ONU une planète débarrassée de toutes ses armes nucléaires.
"Nous ne devons jamais cesser nos efforts avant de voir le jour où les armes nucléaires auront été éliminées de la surface de la Terre", avait déclaré le locataire de la Maison blanche lors d'une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité. Sous sa présidence, cette instance avait alors adopté une résolution appelant à l'instauration d'un monde dénucléarisé.
"La diplomatie multilatérale a retrouvé une position centrale, avec un accent sur le rôle que les Nations unies et d'autres institutions internationales peuvent jouer", a ajouté le responsable du comité Nobel norvégien. Le président américain a notamment prononcé en juin en Egypte un discours destiné à jeter des ponts entre son pays et le monde musulman après des années de tensions liées aux attentats du 11 septembre et à la guerre contre le terrorisme qui s'en est suivie.
Le "cycle de méfiance et de discorde doit s'achever", avait-il dit à l'université du Caire, après avoir salué l'audience par un "Salam aleikum" ("que la paix soit sur vous") à l'adresse des 1,5 milliard de musulmans. "Je suis venu chercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel", avait-il dit.
Parmi les actions positives du président américain, Thorbjoern Jagland a aussi relevé son engagement dans la lutte contre le changement climatique. Egalement à son crédit, le dirigeant américain s'est engagé à fermer la très controversée prison de Guantanamo à Cuba, où sont encore détenues 223 personnes. Et ce même si la Maison Blanche semble avoir renoncé à la date-limite de janvier 2010, initialement fixée.
... et moins positifs
Pour autant, Barack Obama reste toutefois confronté à deux conflits ouverts: en Irak mais surtout en Afghanistan, où il est à la recherche d'une nouvelle stratégie et où la situation se dégrade. Au point que certains évoquent un nouveau bourbier comparable au Vietnam.
Ses tentatives de conciliation au Proche-Orient, dont il a fait une priorité, semblent aussi dans l'impasse. Les efforts de l'envoyé spécial américain George Mitchell en vue de relancer le processus de paix se heurtent notamment au refus par Israël de geler la colonisation.
Réactions Au Proche-Orient
"Nous ne sommes pas contrariés et nous espérons qu'en recevant ce prix, il commencera à entreprendre des démarches concrètes en vue de mettre fin à l'injustice dans le monde", a indiqué un conseiller du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
En Israël, le ministre de la Défense Ehud Barak a estimé que ce prix devrait renforcer la capacité d'Obama "à contribuer à l'établissement d'une paix régionale au Proche-Orient et à un règlement entre nous et les Palestiniens qui apportera sécurité, prospérité et croissance à tous les peuples de la région".
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a félicité Barak Obama. Il "espère que la paix prévaudra en Palestine et dans la région sous la présidence de M. Obama grâce à l'instauration d'un Etat palestinien avec comme capitale Jérusalem-est" annexée par Israël en 1967, a déclaré à l'AFP le principal négociateur palestinien Saëb Erakat.
Pour le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, l'attribution de ce prix parmi les plus prestigieux est prématurée. "Obama a encore un long chemin à parcourir et beaucoup de travail à faire avant de pouvoir mériter ce prix", a réagi Sami Abou Zouhri, un des cadres du mouvement palestinien.
En Afrique "La Fondation Nelson Mandela, au nom de son fondateur Nelson Mandela, s'est dite certaine "que ce prix va lui permettre de renforcer son engagement, en tant que leader de la nation la plus puissante du monde, pour continuer de promouvoir la paix et la fin de la pauvreté". Nelson Mandela, premier président noir d'Afrique du Sud avait également reçu en 1993 cette distinction du comité Nobel.
En juillet 2009, Barack Obama avait remercié Mandela, à l'occasion de ses 90 ans, pour avoir démontré "qu'on n'a pas à accepter le monde tel qu'il est, qu'on peut le refaire comme il devrait être".
"C'est un honneur pour la famille... nous sommes très contents que l'un d'entre nous ait été consacré. Nous félicitons Barack", a déclaré au Kenya le demi-frère du président, Saïd Obama.
Desmond Tutu, archevêque anglican d'Afrique du Sud, et lauréat du prix Nobel de la paix en 1984, a évoqué pour sa part "une reconnaissance magnifique pour le premier président afro-américain de l'Histoire".
En Afghanistan et au Pakistan Pour le président afghan, Hamid Karzaï, Barack Obama est la "bonne personne" pour une telle distinction. Les Etats-Unis doivent décider de l'envoi ou non de soldats en renfort contre les talibans.
Les Talibans ont d'ailleurs "condamné" l'attribution du Nobel de la paix au président américain. "Le prix Nobel de la paix? Obama aurait plutôt dû remporter le 'prix Nobel de l'escalade de la violence et du massacre de civils'. Quand Obama a remplacé le président Bush, le peuple afghan pensait qu'il ne marcherait pas dans les pas de Bush. Malheureusement, Obama est en fait allé encore plus loin."
Pour l'un des dirigeants du parti pakistanais Jamaat-e-Islami, "c'est une blague", et une blague "très embarrassante pour ceux qui lui ont décerné (le prix) parce qu'il n'a rien fait pour la paix". "Quel changement a-t-il apporté en Irak, au Proche-Orient ou en Afghanistan ?", a-t-il demandé.
En EuropePour le président français, Nicolas Sarkozy, l'attribution du Nobel récompense un "engagement déterminé pour les droits de l'Homme, pour la justice et pour la propagation de la paix à travers le monde, selon les volontés de son fondateur, Alfred Nobel". Il consacre aussi "le retour de l'Amérique dans le coeur de tous les peuples du monde".
La chancelière allemande, Angela Merkel, y voit "une incitation pour le président et pour nous tous" à faire encore plus pour la paix.
Cela constitue "un encouragement" pour tous ceux qui souhaitent un monde plus sûr, a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
"Qui, Obama ? Si vite? Trop vite! Il n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Pour le moment il ne fait que proposer", a déclaré l'ancien président polonais Lech Walesa, qui a, lui-même, reçu le Noble en 1983.
Le gouvernement italien "a applaudi à l'annonce que Barack Obama avait obtenu le prix Nobel de la paix", a annoncé le président du Conseil Silvio Berlusconi, à l'issue de la réunion des ministres.
"Ce qu'Obama a fait depuis le début de sa présidence est un grand signal, il a donné de l'espoir. En ces temps difficiles, ceux qui sont capables de prendre leurs responsabilités, ceux qui ont une vision, un engagement et une volonté politiques doivent être encouragés", a dit le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev.
Autres réactionsLe président américain apporte "l'espoir d'un monde en paix avec lui-même", a déclaré le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed El Baradei.
"Maintenant, il (Obama) doit faire quelque chose" de son prix, a déclaré la dissidente ouïghour Rebiya Kadeer, car "cela augmente les attentes de le voir défendre les nations opprimées". La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) s'est montrée tout aussi exigeante, mettant en demeure le lauréat de "passer à l'acte".
Irène Khan, secrétaire générale d'Amnesty International, a jugé pour sa part que ce prix Nobel renforçait les attentes placées en Obama et cité la paix au Proche-Orient, "la fin du reflux des droits de l'homme au nom de la lutte contre le terrorisme" et la lutte contre la pauvreté.
"Le plan a plus de chance d'être adopté après ce discours qu'avant"LE MONDE.
Quelque 45 millions d'Américains n'ont pas d'assurance-maladie.
Victor Rodwin est professeur à la New York University et expert en politiques de santé publique. Il analyse la portée de l'intervention de Barack Obama sur la réforme du système de santé, mercredi 9 septembre, devant les deux Chambres du Congrès.
Deux Américains sur trois ayant suivi le discours du président américain, jeudi, affirment soutenir son projet de réforme de la santé, soit une hausse de 14 points comparé à avant l'intervention, selon un sondage CNN-Opinion Research. Selon cette étude, 67 % des personnes interrogées se disent favorables au projet d'Obama, contre 53 % auparavant. Une personne interrogée sur sept dit même avoir changé d'avis en écoutant le discours de M. Obama. Les sondeurs précisent néanmoins que les démocrates ont davantage suivi le discours que les républicains, ce qui déséquilibre la représentativité de l'échantillon. – (Avec AFP.)
Que retenir du discours de Barack Obama sur la santé ?
Il est clair qu'il ne va pas pousser fortement en faveur de ce que nous appelons l'option publique. Du point de vue politique, c'est réaliste. Les blue dogs (les démocrates de centre droit) n'en veulent pas, pas plus que les républicains. Le reste des démocrates y tient d'une manière idéologique. Ce que M. Obama leur dit, c'est qu'il n'est pas obligatoire d'avoir cette option dans la réforme s'il est possible de trouver un accord avec les républicains sur le reste.
La question la plus importante, c'est de rendre l'assurance-maladie obligatoire et d'avoir un système réglementaire pour les compagnies d'assurances. Là-dessus, M. Obama n'a pas fait de compromis. Il va essayer de mettre en place des règles fédérales, premier pas vers un système national de réglementation de l'assurance-maladie.
C'est une déclaration de guerre aux compagnies d'assurances ?
Pas vraiment, mais il leur dit qu'elles vont devoir rendre des comptes. C'est déjà très important. Les compagnies ne pourront plus interrompre la couverture parce que cela coûte trop cher ou que l'assuré est malade.
La plupart des assurances privées – mode de couverture pour 58 % des Américains – ont une limite maximale après laquelle les frais ne sont plus remboursés. Un million de dollars par exemple. Le seuil est dicté par une peur de la banqueroute du fait des frais engendrés par la maladie. Là, M. Obama a pris une position très dure. C'est important.
Qu'est-ce que l'option publique ?
Elle ne concerne que 4 % de la population, parmi les 45 millions qui se sont pas assurés. M. Obama veut mettre en place cette idée de bourse ("exchange"). Il s'agit d'une collectivisation du risque.
La Bourse fonctionne comme une structure privée à but non lucratif. Elle rassemble tous les petits employeurs qui recherchent une assurance. L'organisation permet d'obtenir des prix plus concurrentiels. Cela existe dans le Massachusetts.
L'impasse est-elle débloquée au Congrès ?
Le plan a plus de chances d'être adopté après ce discours qu'avant. La possibilité de réforme significative existe mais je ne crois pas à une réorganisation totale.
M. Obama a bien fait de dire clairement que rien, dans son projet, ne touchera ceux qui sont déjà couverts. Il l'a fait en réaction au plan Clinton en 1993. C'était un changement pour tout le monde. La réforme Obama est moins draconienne mais plus réaliste.
Il était temps qu'il intervienne. Il avait perdu le débat. La droite a refait ce qu'elle avait fait à l'époque de Johnson ou de Clinton, à savoir une campagne de terreur alimentée par les lobbies du secteur médico-industriel. Ils reprennent les mêmes thèmes sur les menaces d'atteintes aux libertés et d'intervention du gouvernement dans des décisions de vie et de mort.
Le coût a été chiffré à 900 milliards. Est-ce réaliste ?
M. Obama pense qu'il va trouver les ressources suffisantes dans les systèmes existants. Il est vrai que la fraude est considérable. Il y a des redondances, mais quand on voit les tendances d'évolution des coûts, du fait des innovations technologiques et du vieillissement de la population, et aussi du taux de maladies chroniques, c'est probablement optimiste de penser que ça va coûter si peu.
C'est un faux débat : la question est de savoir comment va-t-on couvrir ceux qui ne sont pas couverts. Quand tout le monde sera dans le même système, on trouvera le moyen de rationaliser les dépenses. Propos recueillis par Corine Lesnes
Mort de Ted Kennedy, ténor politique et dernier patriarche de la dynastie.
Le sénateur démocrate américain Edward "Ted" Kennedy, ténor de la vie politique aux Etats-Unis et dernier patriarche de la dynastie Kennedy, atteint d'une tumeur au cerveau, est décédé mardi soir à l'âge de 77 ans, a annoncé mercredi sa famille. Evènement.
Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a exprimé sa tristesse face à la disparition de "notre patriarche", tandis que Nancy Reagan, l'épouse de l'ex-président conservateur Ronald Reagan, soulignait que son mari "et Ted avaient toujours su trouver un terrain d'entente et ils avaient beaucoup de respect l'un pour l'autre".
A l'étranger, le Premier ministre britannique Gordon Brown a notamment estimé qu'il serait regretté sur "chaque continent", tandis que son homologue irlandais Brian Cowen jugeait que son pays avait "perdu un véritable ami".
Surnommé de "lion de gauche", Ted Kennedy avait fait de la santé et de l'éducation ses deux grands chevaux de bataille et présidait la commission de la Santé au Sénat. Son décès intervient en pleine bataille pour réformer le système de l'assurance maladie aux Etats-Unis.
A la fin de sa vie, il s'était attiré l'admiration de tous dans le combat sans trêve qu'il a mené contre le cancer qui l'a finalement emporté.
Il y a deux semaines seulement, le 11 août, la soeur de Ted, Eunice Kennedy Shriver, était décédée à l'âge de 88 ans. Mais gravement malade, le sénateur, communément appelé "Teddy", n'avait pu assister aux funérailles.
Le sénateur, élu pour la première fois en 1962, avait été opéré en juin pour une tumeur au cerveau, diagnostiquée en mai 2008.
Né le 22 février 1932 à Boston (nord-est), benjamin des neuf enfants de Joseph et de Rosa Kennedy, catholiques d'origine irlandaise, il a représenté le Massachusetts au Sénat des Etats-Unis sans interruption depuis son élection en 1962, dans les rangs démocrates, au siège laissé vacant par son frère John, devenu président.
Juriste, diplômé de l'Université de Harvard et de l'Ecole de droit de l'Université de Virginie, Ted Kennedy était resté dans l'ombre politique de ses frères aînés jusqu'à l'assassinat de Robert, en juin 1968, durant la campagne présidentielle, pour devenir ensuite peu à peu une icône de la gauche américaine.
Connu pour son tempérament de bon vivant, il personnifiait aussi l'opulence et l'élitisme. Au point, selon ses détracteurs, que les scandales de sa vie privée lui auront coûté l'accession aux plus hautes fonctions. Il n'a ainsi jamais obtenu l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle.
Mais il a aussi souffert des nombreuses tragédies qui ont frappé le "clan", dont les assassinats successifs de ses deux frères, le président John Fitzgerald Kennedy en 1963, et en 1968 de Robert, ancien ministre de la Justice, alors candidat à la Maison Blanche. Un autre frère, Joe, pilote, est décédé durant la Seconde guerre mondiale.
Obama donne un visage aux oubliés du système de santé américain.
Lionel Jospin avait expérimenté en 2002 le fait que les citoyens ne peuvent plus se contenter de "bons bilans" pour voter pour un candidat.
Face a ce besoin de pédagogie, Barack Obama a choisi de "vendre" son projet d'assurance maladie universelle non seulement par des discours sur le fond mais aussi en humanisant les problèmes des 20 millions d'Américains non couverts par une assurance maladie.
C'est ainsi plusieurs vidéos, sur Internet, qui sont publie en anglais et en espagnol afin de donner des cas concrets pour soutenir une reforme très critiquée par les Républicains ainsi que les lobbies des assurances qui verraient tout un marche leur échapper.
L'expérience est intéressante car B. Obama choisit pour l'instant de s'adresser aux plus démunis et aux classes moyennes, sa base électorale, plutôt qu'aux élites. L'effet de miroir avec N. Sarkozy qui a privilégié le paquet fiscal pour servir les plus riches, et donc une partie de sa base électorale, est saisissant.
Etats-Unis: Obama ranime la tension raciale après l'arrestation d'un ami noir
Le président américain Barack Obama a ranimé la tension raciale qu'il s'emploie habituellement à contenir en qualifiant de "stupide" l'attitude de la police qui a arrêté la semaine dernière un ami et éminent universitaire noir.
Sur les télévisions ou dans les blogs, partout était posée jeudi la même question: le premier président noir des Etats-Unis est-il allé trop loin mercredi soir quand il s'en est pris, devant des millions de téléspectateurs, à la police de la petite ville de Cambridge (Massachusetts, nord-est), pour l'arrestation de Henry Louis Gates Jr. alors que, de son aveu même, M. Obama ne disposait pas de tous les éléments du dossier ?
M. Gates, spécialiste des questions africaines et afro-américaines à la prestigieuse université Harvard et ami de longue date de M. Obama, a été arrêté la semaine dernière après avoir enfoncé la porte de son domicile parce qu'il ne retrouvait pas ses clés à son retour de voyage. La police avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage.
Les faits varient sensiblement selon qu'ils sont rapportés par M. Gates ou par celui qui l'a arrêté, le sergent James Crowley. M. Gates dit avoir été victime d'un comportement raciste.
M. Gates a été conduit au poste parce qu'il s'est comporté grossièrement, assure le policier.
"Je ne connais pas tous les faits", a reconnu M. Obama lors d'une conférence de presse mercredi. Mais "la police s'est conduite de manière stupide en arrêtant quelqu'un alors que la preuve était faite qu'il était chez lui", a-t-il dit.
Une telle arrestation illustre l'importance que continue à revêtir le facteur racial aux Etats-Unis, malgré les progrès accomplis, dont il est la preuve vivante, a dit M. Obama qui, au cours de sa campagne et depuis son investiture, a observé une certaine réserve sur la question.
Pour le sergent Crowley, qui se décrit comme un partisan de M. Obama, celui-ci est "à côté de la plaque".
Le policier ne savait pas, quand il est arrivé au domicile de M. Gates, s'il avait affaire au propriétaire ou à un criminel, puis, quand M. Gates a justifié de très mauvais gré de son identité, si un cambrioleur ne se trouvait pas à l'intérieur, a-t-il rapporté.
M. Gates a été arrêté pour trouble à l'ordre public, charges abandonnées cette semaine. Il juge l'incident exemplaire de la manière dont la police traite les Noirs et a réclamé des excuses. "Il n'y aura pas d'excuses de ma part, je n'ai rien fait de mal", a répondu le sergent Crowley, jugeant "ridicule" l'accusation de racisme.
Sur l'internet, on se demandait si l'on était en présence d'une manifestation de racisme ou qui était le raciste dans l'affaire.
Le policier a reçu le soutien de nombreux collègues, inquiets de l'atteinte portée par M. Obama à leur image.
Dans un entretien accordé à la chaîne ABC, M. Obama s'est dit "surpris de la controverse". Il a vu dans ses déclarations un "commentaire assez direct sur le fait qu'on n'a probablement pas à menotter un gars, un homme d'âge mûr qui se sert d'une canne et qui en plus est chez lui". Au moment où le pays est en proie à la guerre et à la crise, "il est absurde d'arrêter un type à son propre domicile quand il ne provoque pas de trouble grave", a-t-il dit selon des propos publiés sur le site de la chaîne.
Le gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick, a pris la défense de l'universitaire et évoqué sa propre expérience des interpellations policières. "C'est le cauchemar de tous les Noirs et la réalité que vivent de nombreux Noirs", a-t-il dit.
Obama : l'Afrique doit prendre ses responsabilités(Accra Envoyée spéciale).
Le président américain, Barack Obama, est arrivé vendredi soir, 10 juillet, à Accra avec un cadeau - 20 milliards de dollars pour l'aide alimentaire à l'Afrique - et un message : le colonialisme ne peut pas constituer "une excuse" pour les problèmes du continent. "Je crois beaucoup à l'idée que les Africains sont responsables pour l'Afrique", a-t-il expliqué dans un entretien au site allafrica.com, avant son départ des Etats-Unis.
Barack Obama a déclaré samedi à Accra que des crises comme le "génocide" au Darfour ou l'expansion terroriste en Somalie réclamaient une réponse "mondiale", mais aussi un renforcement des capacités de réaction de l'Afrique elle-même. "L'Afrique n'est pas la caricature qu'on en fait d'un continent en guerre.
Mais les conflits font partie de la vie de trop d'Africains, avec la même constance que le soleil"
L'enveloppe de 20 milliards de dollars sur trois ans (14,3 milliards d'euros) a été accordée par le G8 lors de la dernière journée du sommet de L'Aquila. M. Obama a plaidé personnellement auprès de ses collègues pour une augmentation de la somme initialement prévue (15 milliards), arguant d'une "responsabilité morale" des pays riches. "Les actions irresponsables de quelques-unes ont engendré une récession qui a balayé le globe, a-t-il dit. Les prix de la nourriture ont augmenté et 100 millions de personnes vont tomber dans une extrême pauvreté." Le président a évoqué l'exemple de sa famille paternelle, qui, sans connaître la faim, vit au Kenya dans une région frappée par la malnutrition. La pauvreté est "quelque chose que je comprends dans des termes très personnels", a-t-il ajouté.
Le G8 était réuni avec un groupe de pays africains. Devant les dirigeants de l'Algérie, l'Angola, l'Egypte, l'Ethiopie, la Libye, le Nigeria, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Union africaine (que représentait Mouammar Kadhafi), M. Obama a expliqué qu'il y a cinquante ans, quand son père a quitté Nairobi pour étudier aux Etats-Unis, le Kenya avait un PNB par habitant supérieur à celui de la Corée du Sud. "On a parlé d'héritage du colonialisme et d'autres politiques mises en place par les pays riches. Sans vouloir minimiser ce facteur, mon propos est de dire que la Corée du Sud, en travaillant avec le secteur privé et la société civile, a réussi à mettre en place des institutions qui ont garanti la transparence et la responsabilité." Alors que dans beaucoup de pays d'Afrique, "si vous voulez avoir un job ou créer une entreprise, vous devez payer des pots-de-vin".
AFRIQUE AUTOSUFFISANTE
Le G8 a entériné le nouveau mécanisme d'aide proposé par M. Obama : "L'aide doit créer les conditions qui permettent de se passer d'elle." Au-delà de la distribution d'aide alimentaire, le projet vise à aider les fermiers à construire des infrastructures et à commercialiser leurs produits. "Il n'y a rien qui empêche l'Afrique de devenir autosuffisante sur le plan alimentaire", a dit M. Obama.
Pour son premier discours en Afrique subsaharienne en tant que président, M. Obama avait prévu de développer le thème de la gouvernance. "Une partie de ce qui a empêché l'Afrique d'avancer est que, pendant des années, on a dit que c'était la conséquence du néocolonialisme, ou de l'oppression occidentale, ou du racisme... Je ne crois pas beaucoup aux excuses, a-t-il dit dans son entretien à Allafrica.com. Les cartes coloniales qui ont été tracées ont favorisé les conflits, mais nous sommes en 2009. L'Occident et les Etats-Unis ne sont pas responsables de la situation de l'économie du Zimbabwe depuis quinze ou vingt ans."
Le discours d'Accra devait être diffusé largement sur le continent grâce aux projections publiques organisées par les ambassades américaines. Au Kenya, le réseau Safaricom (17 millions d'abonnés jusque dans les régions reculées) devait le transmettre, selon les termes d'un accord avec le département d'Etat. Corine Lesnes.
Obama et Medvedev s'entendent pour réduire les arsenaux nucléaires du tiers.
Les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev se sont entendus lundi pour réduire du tiers leurs arsenaux nucléaires stratégiques, un accord qui vise à restaurer les relations dégradées entre les deux puissances mais laisse irrésolues de sérieuses querelles.
Photographe : Sergei Guneev AFP Barack Obama, sa femme Michelle et ses deux filles arrivent au Kremlin le 6 juillet 2009
"Les Etats-Unis et la Russie, les deux principales puissances nucléaires, doivent donner l'exemple. Et c'est ce que nous faisons aujourd'hui", a déclaré M. Obama lors de sa première visite présidentielle à Moscou.
Les deux chefs d'Etat ont signé un texte chiffrant les exigences du traité qui prendra le relais de l'historique traité START de 1991 sur la réduction des arsenaux nucléaires, et ce nouveau START "sera achevé cette année", a dit M. Obama lors d'une conférence de presse avec M. Medvedev.
Les Etats-Unis et la Russie sont convenus d'abaisser dans une fourchette de 1.500 à 1.675 le nombre de têtes nucléaires (contre 2.200 au maximum aux termes de START) et dans une fourchette de 500 à 1.100 le nombre des vecteurs nucléaires (missiles intercontinentaux, sous-marins et bombardiers stratégiques) de chacun des deux pays.
Ces réductions doivent intervenir "dans les sept ans suivant l'entrée en vigueur de l'accord", ont précisé le Kremlin et la Maison Blanche dans une déclaration commune.
Chacun des deux pays compte encore aujourd'hui 2.000 à 3.000 ogives déployées, c'est-à-dire prêtes à un usage immédiat. Les accords actuels limitent à 1.600 le nombre des vecteurs.
Sur la base de cet accord préalable, les négociateurs russes et américains vont poursuivre leurs discussions pour s'entendre sur les détails d'un nouveau START, le traité de 1991 arrivant à échéance le 5 décembre.
Les Etats-Unis et la Russie possèdent encore plus de 90% du total des bombes atomiques dans le monde.
Par ailleurs, la Russie a autorisé l'utilisation de son espace aérien pour le transit de soldats et de matériel militaire américain à destination de l'Afghanistan, un accord significatif politiquement pour M. Obama qui a fait de la guerre en Afghanistan l'une de ses grandes priorités internationales.
Signe du réchauffement de leurs relations, Moscou et Washington se sont aussi entendus pour reprendre les activités militaires communes suspendues en août 2008, date de la guerre russo-géorgienne.
Mais ce sont les négociations sur un nouveau START qui ont retenu toute l'attention depuis l'arrivée lundi de M. Obama à Moscou pour un séjour de 48 heures destiné à surmonter les graves tensions de la fin de la présidence Bush et, selon l'expression consacrée de l'administration Obama, relancer la relation américano-russe.
"Le président (Medvedev) et moi sommes convenus que la relation entre la Russie et les Etats-Unis avait souffert d'une certaine impression de dérive. Nous avons décidé de relancer les relations américano-russes", a dit M. Obama.
"Aujourd'hui, après moins de six mois de collaboration, c'est exactement ce que nous avons fait", a-t-il déclaré.
Les divergences subsistent cependant, à commencer par celles sur le projet controversé de bouclier antimissiles américain en Europe.
"En quelques heures, nous ne pouvions pas faire disparaître le fardeau de tous les problèmes", a concédé M. Medvedev.
Les Russes insistaient sur la nécessité de lier ce projet et les négociations pour un nouveau START, les Américains refusaient.
Après les entretiens Obama-Medvedev, les deux parties différaient: les Russes proclamaient que les Américains avaient consenti à reconnaître un tel lien, les Américains répondaient que M. Obama avait seulement admis un lien "théorique".
Le sommet a aussi mis en exergue les divergences de vues sur l'Iran. M. Obama a beaucoup invoqué la menace balistique iranienne pour justifier un projet antimissile pour l'Europe.
L'Iran a été "central" dans la discussion avec M. Medvedev, a dit un conseiller de la Maison Blanche, Denis McDonough. Mais le président russe, lors de sa conférence de presse avec M. Obama, s'est bien gardé d'employer le mot "Iran".
Israël: Netanyahu va présenter la semaine prochaine sa "politique de paix".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche qu'il présenterait la semaine prochaine sa politique sur le processus de paix, à la suite des pressions exercées par l'allié américain.
Photographe : Dan Balilty AFP/Archives Benjamin Netanyahu le 31 mai 2009 à Jérusalem
La semaine prochaine, je vais prononcer un discours important dans lequel je présenterai aux Israéliens les principes de notre politique pour parvenir à la paix et la sécurité", a affirmé M. Netanyahu à l'ouverture du conseil des ministres hebdomadaire.
Le Premier ministre n'a pas précisé la date exacte à laquelle il prononcerait son discours, mais un haut responsable gouvernemental a affirmé que ce serait probablement dimanche prochain.
Il s'agit des premières déclarations de M. Netanyahu après le discours jeudi au Caire du président américain Barack Obama qui, tout en soulignant le "lien inébranlable" de Washington avec Israël, a exigé un gel total de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et la création d'un Etat palestinien.
"Je voudrais que les choses soient claires: nous voulons parvenir à la paix avec les Palestiniens et les pays arabes, avec le maximum de compréhension de la part des Etats-Unis", a ajouté le chef du gouvernement.
"Mon objectif est de parvenir à une paix stable basée sur des principes solides de sécurité pour Israël et ses citoyens", a-t-il dit.
Les tensions entre les Etats-Unis et son fidèle allié israélien sont parvenues à des degrés jamais atteints depuis 20 ans, en raison de divergences sur le processus de paix avec les Palestiniens.
M. Netanyahu résiste aux demandes de l'administration Obama de geler la colonisation et d'accepter la création d'un Etat palestinien comme solution au conflit.
Ces exigences sont fermement rejetées par de nombreux membres de son cabinet de droite, qui selon des analystes, risquerait de tomber si le Premier ministre cédait aux pressions américaines.
Dimanche encore, le ministre israélien des Transports Israël Katz, du parti Likoud de M.
Netanyahu, a affirmé que la construction dans les colonies existantes se poursuivrait.
"Nous ne construisons pas de nouvelles colonies, mais nous insistons sur la poursuite de la construction dans les colonies existantes", a dit ce proche de M. Netanyahu.
"Je pense que les Américains respecteront les engagements qu'ils avaient pris dans le passé à notre égard, par écrit et oralement", a-t-il dit.
M. Katz faisait référence à une lettre de 2004 que l'ex-président George W. Bush avait envoyée au Premier ministre de l'époque Ariel Sharon. Il y indiquait, selon les responsables israéliens, que vu l'existence d'importants blocs de colonisation en Cisjordanie, il serait "irréaliste" de s'attendre à un retrait total israélien de ce territoire occupé.
Israël a ensuite répété qu'avec cette lettre, et les engagements oraux américains, la précédente administration américaine avait donné son accord à la poursuite de ce qu'il appelle l'expansion naturelle dans les colonies pour répondre aux besoins de l'augmentation de ses habitants.
Mais la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a affirmé que quels que soient les engagements pris, "il n'existe aucune trace (officielle) d'accord verbal ou informel".
L'envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, est de nouveau attendu la semaine prochaine dans la région pour poursuivre les efforts en vue de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes au point mort.
Obama veut des négociations au Proche-Orient avant fin 2009. Yann Le Guernigou
Barack Obama a appelé de ses vœux samedi l'ouverture avant la fin de l'année au Proche-Orient de pourparlers de paix "sérieux et constructifs" et adressé une sévère mise en garde à la Corée du Nord.
Présent en Normandie pour les cérémonies du 65e anniversaire du débarquement allié de 1944, le président américain s'exprimait à l'issue d'un entretien avec Nicolas Sarkozy qui a été l'occasion pour les deux hommes de constater leur identité de vues sur la plupart des questions internationales.
"Peut-être jamais dans l'histoire de nos pays, les Etats-Unis et la France n'ont été aussi proches sur les grands dossiers et sur les grands sujets", a dit le chef de l'Etat français.
Il a mentionné expressément le Proche-Orient, une question abordée cette semaine en Arabie saoudite et en Egypte par le président américain qui prône une solution de paix à deux Etats, israélien et palestinien.
Au Caire, Barack Obama avait appelé à des progrès au Proche-Orient. Prié de préciser sa pensée, il a expliqué samedi qu'il entendait que "les parties concernées, appuyées pas seulement par les Etats-Unis ou par la France mais aussi par des Etats arabes, entament des négociations sérieuses, constructives pour parvenir à une solution à deux Etats."
S'il a dit ne pas s'attendre à ce qu'un conflit vieux de 60 ans trouve une solution du jour au lendemain, il a indiqué qu'il entendait au moins que les deux parties "reconnaissent que leur sort est lié".
Il a une nouvelle fois appelé les Israéliens à cesser la colonisation dans les territoires occupés tout en demandant aux Palestiniens de renoncer à la violence, pour pouvoir mettre fin aux blocages actuels.
"LÉGÈRE DIVERGENCE" SUR LA TURQUIE
Le président américain a déclaré par ailleurs que les Etats-Unis réviseraient leur politique vis-à-vis de la Corée du Nord après l'essai nucléaire effectué le mois dernier par Pyongyang.
Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies discute de sanctions contre le régime nord-coréen, il a indiqué que les Etats-Unis ne pouvaient se contenter d'aligner les mêmes réactions face à un pays qui "déstabilise une région en permanence".
"Nous n'entendons pas continuer à récompenser la provocation", a-t-il dit.
"Sur la Corée du Nord, il y a également totale identité de vues", a indiqué de son côté Nicolas Sarkozy.
Le président français a appelé aussi l'Iran à accepter la main tendue par Barack Obama, qui a confirmé sa volonté d'engager des négociations "sans condition préalable" sur le programme nucléaire du pays.
L'intégration de la Turquie à l'Union européenne, défendue par Washington mais rejetée par la France, a été le seul sujet sur lequel les deux hommes n'ont pas parlé à l'unisson.
Pour Nicolas Sarkozy, les deux pays ont un objectif commun, "que la Turquie puisse jouer tout son rôle de passerelle entre l'Orient et l'Occident" mais diffèrent sur les modalités pour y parvenir, Paris souhaitant associer Ankara et la Russie à des réflexions sur la création, avec l'Union européenne, d'un espace économique et de sécurité en commun.
"Laissez-nous au moins une légère divergence sur un sujet", a-t-il dit à la presse.
Avec la contribution de Véronique Tison, édité par Jean-Loup Fiévet
RAMALLAH, Cisjordanie (Reuters) - Dix jours après la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Barack Obama reçoit jeudi à Washington le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour des discussions qui seront dominées par le dossier des colonies juives en Cisjordanie.
"Israël doit mettre fin à ses activités de colonisation, conformément aux engagements pris dans la 'feuille de route' de 2003, afin d'ouvrir la voie à des négociations sérieuses conduisant à des résultats significatifs", a souligné mardi Nabil Abou Rdainah, porte-parole d'Abbas.
"Cette question dominera l'ordre du jour de la rencontre avec le président Obama", a-t-il ajouté. "L'autre question, c'est qu'Israël accepte enfin la solution à deux Etats, afin que nous puissions reprendre les négociations."
Lors de sa visite aux Etats-Unis, Benjamin Netanyahu n'a pas accepté ces deux exigences, pourtant défendues par le président américain.
Pour se justifier, le dirigeant israélien a invoqué la prise de contrôle de la bande de Gaza par les islamistes du Hamas et l'incapacité du précédent gouvernement dirigé par Ehud Olmert à conclure la paix avec les Palestiniens.
Pour le nouveau chef du gouvernement israélien, il faut privilégier désormais dans les discussions les questions économiques, sécuritaires et politiques, et non plus se focaliser sur l'idée d'une solution à deux Etats, l'un israélien, l'autre palestinien, vivant côte à côte.
"Le président Abbas va dire (à Obama) que nous ne pouvons pas nous contenter de belles paroles et d'encouragements. Il nous faut du concret, des mesures sur le terrain et un plan d'action pour sauver la région de l'instabilité et de la violence", a souligné Abou Rdainah.
Mahmoud Abbas exclut une reprise des discussions de paix avec l'Etat juif tant que les autorités israéliennes ne se rallient pas à l'idée d'un Etat palestinien et ne mettent pas fin à la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
"SANS PRESSION AMÉRICAINE SUR ISRAËL, PAS DE PROGRÈS"
"Je suis vraiment convaincu que nous avons une bonne occasion de faire avancer les choses et de parvenir à la paix. On ne nous demande quand même pas de réinventer la roue", a dit Mahmoud Abbas lundi à Ottawa, après un entretien avec le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.
Un demi-million de Juifs vivent dans les colonies implantées dans les territoires arabes occupés depuis la guerre des Six-Jours en juin 1967. La communauté internationale juge ces implantations illégales.
"Nous espérons vraiment que les Etats-Unis vont faire évoluer leur politique. Ils nous parlent de ce qui est possible, nous leur parlons de ce qui est indispensable", a déclaré récemment le négociateur palestinien Saëb Erekat. "Ce qui est indispensable, c'est que l'idée de deux Etats se traduise par une démarche politique réaliste."
"Sans la pression américaine sur Israël, il ne peut pas y avoir de progrès vers la paix", a renchéri le député palestinien Moustafa Barghouthi.
La conférence d'Annapolis, en novembre 2007 dans le Maryland, avait confirmé la validité de la "feuille de route" mais lancé des négociations directes visant à la création d'un Etat palestinien indépendant et viable.
Olmert et Abbas avaient alors promis à George Bush de tout faire pour atteindre cet objectif avant la fin de son mandat, en janvier 2009.
Dimanche, Benjamin Netanyahu a clairement dit son refus d'un gel total de la colonisation. "Nous n'avons pas l'intention de construire de nouvelles implantations mais il ne serait pas équitable d'interdire les constructions répondant aux besoins d'expansion naturelle (de celles qui existent) et de bannir purement et simplement toute construction", a-t-il déclaré.
Barack Obama prévoit de prononcer le 4 juin au Caire un grand discours fondateur sur sa vision d'un règlement du conflit du Proche-Orient.
Le chef de la Maison blanche a promis avant son élection, et confirmé depuis, qu'il entendait s'attaquer au dossier "vigoureusement" - contrairement à son prédécesseur George Bush - et il prône avec insistance une solution "à deux Etats" que Benjamin Netanyahu refuse de reprendre à son compte. Version française Marc Delteil et Guy Kerivel.
Obama va réaffirmer sa volonté de fermer Guantanamo, comme promis. (Webmaster : l'aboutissement de cette volonté, placera ce président au sommet des humains. Amen!)
Le président américain Barack Obama va réaffirmer jeudi, dans un grand discours sur la sécurité nationale, sa détermination à fermer le camp de détention de Guantanamo comme il s'y est engagé, a indiqué un responsable de l'administration.
Dans ce discours prévu vers 10H00 (14H00 GMT) à Washington, M. Obama va dire qu'il est résolu à défendre à la fois la sécurité des Américains et les grandes valeurs des Etats-Unis, et sa conviction que l'un ne peut se faire sans l'autre, a dit ce responsable sous couvert de l'anonymat.
Au moment cependant où le débat fait rage sur la manière de rompre avec les pratiques antiterroristes controversées de l'époque Bush et surtout sur la manière de fermer Guantanamo, ce responsable n'a pas dit comment M. Obama comptait dissiper les profondes inquiétudes, jusque chez ses amis démocrates, devant la possibilité que des prisonniers se retrouvent sur le sol américain, en prison ou dans la rue, après leur transfert de Guantanamo.
La question se pose par exemple pour 24 détenus dont la justice a ordonné la libération et qui attendent l'application de ce jugement.
La prison américaine, située à Cuba, a "affaibli la sécurité nationale des Etats-Unis plutôt que de la renforcer, c'est pourquoi le président Obama honorera son engagement à la fermer", a dit le responsable.
Tenant l'une des grandes promesses de sa campagne, M. Obama a signé le 22 janvier, deux jours après son investiture, un décret ordonnant la fermeture de Guantanamo d'ici à janvier 2010.
Depuis sa prise de fonctions cependant, son administration est hantée par les fantômes antiterroristes de la présidence Bush.
Les controverses culminent actuellement avec le refus de ses amis démocrates au Congrès, alliés pour l'occasion à leurs adversaires républicains, de lui accorder les 80 millions de dollars qu'il a demandés pour mener à bien la fermeture de Guantanamo. Ils sont favorables à cette fermeture mais craignent que des suspects de terrorisme se retrouvent sur le sol américain, et veulent savoir précisément ce que M. Obama compte faire des 240 détenus enfermés à Guantanamo avant de lui accorder les fonds demandés.
Le discours de jeudi constitue une tentative de la part de M. Obama de reprendre l'initiative.
M. Obama dira que protéger les Américains est la responsabilité primordiale du président.
Mais il est "convaincu, dans chaque fibre de son être, que nous ne pouvons protéger ce pays si nous ne nous adjoignons pas la puissance de nos valeurs les plus fondamentales", selon ce responsable.
Le système de détention et de jugement des suspects de terrorisme mis en place sous George W. Bush est un échec; il n'a permis de juger que trois individus et il a failli aux grandes valeurs américaines; "C'est pourquoi nous nous sommes fourvoyés; c'est pourquoi nous nous sommes aliéné nos alliés", selon ce responsable.
Devant cette situation, la nouvelle administration ne peut se permettre le luxe de tout reprendre à zéro, elle doit nettoyer ce qui est un "beau bazar", selon ce responsable.
M. Obama exposera les différents cas de figure posés par la fermeture de Guantanamo.
Son administration fera juger les détenus par les tribunaux civils quand c'est possible, et, quand c'est nécessaire, par les tribunaux militaires d'exception qu'il a décidé de maintenir en les réformant; elle transfèrera vers des pays tiers les prisonniers qui peuvent l'être, a dit ce responsable.
Pour les 24 prisonniers dont la justice a ordonné la libération, M. Obama dira que les Etats-Unis sont un Etat de droit et que l'administration doit se conformer à ses lois.
Obama nomme un républicain à l'ambassade de Chine
Cette étoile montante de l'opposition républicaine est pressentie pour affronter Barack Obama lors des présidentielles de 2012.
Le président Barack Obama a nommé samedi le républicain Jon Huntsman au poste d'ambassadeur des Etats-Unis à Pékin.(Sipa)
Jon Huntsman, 49 ans, gouverneur de l'Utah, a été choisi par Barack Obama comme ambassadeur des Etats-Unis à Pékin, d'après une annonce de la Maison Blanche samedi 16 mai. Dans un communiqué, le président américain "estime que les Etats-Unis pourront mieux affronter les défis mondiaux du XXIe siècle en travaillant avec la Chine". Le Sénat devra entériner cette décision.
Jon Huntsman, possible challenger d'Obama en 2012
Barack Obama a souligné samedi les compétences de Jon Huntsman qui parle couramment le mandarin, aux côtés du futur ambassadeur. "Le président sait que le gouverneur Huntsman respecte les fières traditions de la Chine", a-t-il expliqué. "La longue carrière du gouverneur Huntsman au service du pays le prépare bien à être sincère avec nos amis chinois lorsque nous sommes en désaccord sur les droits de l'homme, la démocratie et d'autres problèmes".
Etoile montante du Parti républicain, Jon Huntsman est pressenti pour affronter Barack Obama lors des prochaines élections présidentielles américaines, en 2012. Dans le Deseret Morning News, un journal de l'Etat, un analyste politique, Dan Jones, estime néanmoins que Jon Huntsman va être contraint de freiner ces ambitions suite à cette nomination.
Barack Obama souhaite une couverture médicale universelle aux Etats-Unis.
La réforme "ne peut plus attendre". Lundi 11 mai, Barack Obama avait réuni les principaux acteurs du secteur de la santé. Il leur a répété combien il espérait réunir un consensus sur l'instauration d'une forme de couverture médicale universelle - un thème central de sa "refondation" de l'économie - et sur le contrôle des coûts de la santé dont la progression obère la relance économique.
M. Obama a déjà demandé au Congrès d'adopter d'ici à la fin de l'année les grandes lignes d'une nouvelle politique sanitaire. Aux représentants des professions médicales, des laboratoires pharmaceutiques et des assureurs, il a demandé de l'aider à abaisser chaque année de 1,5 % les coûts de la santé. Selon ses services, 2 000 milliards de dollars pourraient être économisés en dix ans.
Le président américain entend mettre fin à deux fléaux. D'une part "des coûts qui échappent à tout contrôle". Les Américains dépensent 16 % de leur PIB en frais médicaux quand le taux est de 11,1 % en France, de 10 % en Allemagne.
De 2000 à 2008, le coût de la police d'assurance médicale privée de base a augmenté aux Etats-Unis de 87 % alors que le revenu familial médian reculait de 1 %.
De l'autre, la proportion d'Américains ne bénéficiant d'aucune protection croît aujourd'hui mécaniquement avec la forte poussée du chômage. Le nombre des personnes non assurées était passé de 38 millions à l'entrée de George Bush à la Maison Blanche en 2001 à 46 millions à la fin de son mandat. Sachant qu'au dernier semestre le pays a détruit près de 4 millions d'emplois et que la perte d'emploi entraîne quasi systématiquement la perte de l'assurance maladie, le chiffre dépasse sans doute désormais les 50 millions.
De ce fait, l'instauration d'une couverture maladie universelle bénéficie aujourd'hui d'un réel soutien dans l'opinion et les professionnels de la santé conviés par M. Obama pouvaient difficilement rejeter son appel au consensus. Ils se sont engagés à "assumer leur part" - sans la chiffrer précisément.
Mais dès mardi, leurs lobbies expliquaient combien les firmes dont ils défendent les intérêts sont moins responsables que d'autres acteurs de la hausse de coût de la santé. De tous, les laboratoires et les assureurs sont ceux qui renâclent le plus.
La commission des finances du Sénat a publié lundi une liste des "options" ouvertes. Parmi celles-ci, figure la possibilité d'obliger chaque Américain à contracter une assurance médicale de base.
Mais, avant même le début des débats parlementaires, des inquiétudes se font jour. Dès lundi, 45 représentants démocrates dits "conservateurs fiscaux" ont signé une lettre où ils s'avouent "de plus en plus soucieux". Tout en disant "soutenir" l'instauration d'une assurance santé publique ils reprochent à la Maison Blanche le secret sur ses intentions réelles.
Ils craignent également que la nouvelle loi coûte 1 000 milliards de dollars à l'Etat fédéral sur les dix prochaines années.
De fait, beaucoup de spécialistes estiment que toute réforme ne ferait qu'aggraver la dette publique. Nombre d'élus, et pas uniquement républicains, risquent de motiver leur rejet de la création d'une caisse d'assurance santé publique, concurrente du secteur privé, par l'augmentation inéluctable des impôts qu'elle induirait. Sylvain Cypel.
Sri Lanka: Obama appelle les deux parties à préserver les civils
WASHINGTON - Le président américain Barack Obama est intervenu directement mercredi dans la guerre au Sri Lanka en appelant les rebelles tamouls à déposer les armes et le gouvernement à cesser de bombarder sans discrimination une zone où des milliers de civils sont pris au piège.
M. Obama, qui s'est dit "de plus en plus attristé" devant ce qui menace de tourner à la "catastrophe" humanitaire, a imputé aussi bien aux rebelles qu'à l'armée la responsabilité des centaines, peut-être des milliers de morts civiles.
Il a appelé le gouvernement sri-lankais à autoriser l'ONU à accéder à la poche de quelques kilomètres carrés où entre 20.000 et 50.000 civils sont bloqués, à la merci des combats, avec des rebelles des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) acculés le long de la côte nord-est du Sri Lanka.
Il l'a aussi pressé de laisser les Nations unies et la Croix-Rouge accéder à environ 190.000 personnes déplacées par le conflit à l'intérieur du Sri Lanka.
Avec des dizaines de milliers de personnes ne disposant d'aucun moyen de s'échapper, ni d'accès à l'eau, à la nourriture ou aux médicaments, la crise "a provoqué de vastes souffrances et a provoqué la mort de centaines, sinon de milliers de personnes", a dit M. Obama.
"Si on n'agit pas de toute urgence, cette crise humanitaire pourrait se transformer en catastrophe", a-t-il dit dans une déclaration à la Maison Blanche.
Rien qu'en l'espace de deux jours, mardi et mercredi, une centaine de civils ont été tués par les bombardements contre un hôpital de fortune, a indiqué T. Varatharajah, un médecin travaillant dans une structure médicale dans cette zone de guerre coupée du monde, à laquelle seule la Croix-Rouge a accès.
Les deux camps se rejettent la faute. Le LTTE accuse l'armée de pilonner la zone. L'armée accuse les rebelles de tirer sur les civils pour la faire accuser et d'utiliser les non-belligérants comme boucliers humains.
M. Obama a paru renvoyer les deux parties dos à dos, et les a exhortées à mettre de côté les considérations politiques pour faire primer la vie des civils.
"Je presse les Tigres tamouls de déposer les armes et de laisser partir les civils. Leurs pratiques consistant à recruter des civils par la force et à se servir d'eux comme boucliers humains sont déplorables", a-t-il dit.
De son côté, le gouvernement doit cesser les bombardements aveugles qui ont causé des centaines de morts, à commencer par les frappes sur les hôpitaux, et il doit honorer l'engagement qu'il a pris de ne pas se servir d'armes lourdes, a-t-il dit.
M. Obama a appelé de ses vœux une paix "sûre et durable".
"Les Etats-Unis se tiennent prêts à travailler avec la communauté internationale pour aider les populations du Sri Lanka dans ces heures de souffrance", a-t-il assuré.
Barack Obama va nommer un juge à la Cour suprême
Le président américain doit remplacer un des sages de la plus haute instance judiciaire des États-Unis, tâche délicate en raison du rôle de cette cour
Après la récession, la déroute de l’industrie automobile et la grippe A, un dossier de plus vient d’arriver sur le bureau de Barack Obama : la nomination d’un juge à la Cour suprême. David Souter, l’un des neuf sages de la plus haute instance judiciaire des États-Unis, vient d’annoncer son intention de se retirer fin juin.
La Maison-Blanche doit donc choisir son successeur, une responsabilité lourde dans un pays où cette cour joue un rôle clé dans des dossiers sensibles. À commencer par l’avortement, légalisé en 1973 non par une décision du président d’alors ou par un vote du Congrès, mais bien par un arrêt des sages.
Conscient des enjeux, Barack Obama est intervenu sitôt confirmée la prochaine retraite de David Souter, âgé de 69 ans. Nommer un juge à la Cour suprême fait partie de ses « plus importantes responsabilités » en tant que chef de l’État, a-t-il souligné, avant de préciser les qualités qu’il comptait privilégier. « Je vais chercher une personnalité à l’esprit vif et indépendant, connue pour son excellence et son intégrité, a-t-il indiqué. Je vais chercher quelqu’un qui comprenne que la justice, ce n’est pas fait seulement de théories juridiques abstraites (…), c’est aussi la prise en compte de la manière dont les lois affectent la vie des gens dans ses réalités quotidiennes. »
Le dernier mot au juge
Aux États-Unis, les questions de société sont débattues dans les enceintes politiques, mais le dernier mot revient souvent aux juges, qui doivent se prononcer sur la conformité des lois par rapport à une Constitution très générale, susceptible d’être interprétée de différentes manières. Les groupes de pression sont déjà mobilisés pour peser dans la succession de David Souter. Même si son départ ne devrait pas être l’occasion d’un changement d’équilibre d’une cour qui, depuis les deux nominations effectuées par George W. Bush, penche à droite : David Souter est un juge progressiste, comme devrait l’être son successeur.
Mais rien n’est sûr. D’abord, parce que le candidat choisi par la Maison-Blanche devra être confirmé par le Sénat, après des débats toujours approfondis et passionnés. La majorité démocrate au Congrès ne constitue pas une garantie : en 2005, George W. Bush avait dû retirer la candidature d’Harriet Miers, jugée trop peu conservatrice aux yeux des républicains majoritaires au Capitole. Ensuite, parce qu’un juge, une fois en fonction, est libre de ses choix. Il est nommé à vie et n’est pas lié à celui qui l’a choisi. David Souter, par exemple, s’est révélé progressiste, alors qu’il devait son poste au républicain George Bush Sr. GILLES BIASSETTE
Obama est revenu du Mexique sans la grippe porcine, assure son porte-parole
WASHINGTON - La Maison Blanche a assuré catégoriquement lundi que le président américain Barack Obama était revenu d'un récent voyage au Mexique, principal foyer de la grippe porcine, sans avoir contracté le mal, bien qu'il eût approché un officiel mort peu après sa visite.
La Maison Blanche a aussi dit n'avoir aucune raison de penser que les autorités mexicaines lui aient caché quoi que ce soit pour que M. Obama n'annule pas sa visite les 16 et 17 avril.
Les autorités mexicaines font aujourd'hui remonter les premiers décès autour du 13 avril.
Le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs, a été assailli de questions de la presse sur ce que l'administration savait quand le président a pris le chemin du Mexique, et sur les contacts entre M. Obama et le directeur du Musée national d'anthropologie de Mexico, Felipe Solis, en compagnie duquel M. Obama avait dîné le soir de sa visite le 16 avril et qui est mort depuis.
Le ministre mexicain de la Santé, Jose Angel Cordova, a indiqué dimanche dans la presse que M. Solis était mort de pathologies préexistantes. Un responsable médical de l'administration mexicaine, Carlos Tena, a précisé dans un communiqué que M. Solis souffrait de diabète, de déficience immunitaire et d'hypertension artérielle qui avaient précipité son décès.
Mais M. Gibbs a dû répéter à plusieurs reprises: "Il n'y a jamais eu aucune menace sur la santé du président. Ni le président ni personne de ma connaissance qui ait voyagé avec lui dans l'exercice de ses fonctions gouvernementales ou journalistiques n'a montré de symptômes qui doivent causer l'inquiétude".
Comme les questions persistaient et que l'alarme était encore accentuée par des informations selon lesquelles M. Solis avait succombé le lendemain de la visite du président américain, la Maison Blanche a publié lundi après-midi un communiqué de l'ambassade du Mexique à Washington déclarant que M. Solis était mort le 23 avril, une semaine après avoir reçu M. Obama dans son musée.
"Il est mort des complications d'un état préexistant, et non pas de la grippe porcine", a certifié l'ambassade.
Puis la Maison Blanche a publié un autre communiqué sous la forme de questions-réponses.
Elle y dit que les autorités mexicaines n'ont pas informé l'administration du problème de la grippe porcine avant la visite de M. Obama.
"Mais nous n'avons aucune raison de croire qu'elles aient retenu des informations dont elles disposaient à ce moment-là", dit la Maison Blanche.
Le communiqué de la Maison Blanche cite John Brennan, un collaborateur de M. Obama, selon lequel les autorités mexicaines n'ont eu qu'en fin de semaine dernière la confirmation des cas de grippe porcine de la part des laboratoires américains et canadiens auxquels elles avaient envoyé des échantillons.
Lionel Jospin tire les leçons de la crise Bérengère Guy
Photo Cérium
L'ancien premier ministre était de passage à l'Université de Montréal pour une conférence sur les premières leçons de la crise financière et économique. Compte-rendu.
Lionel Jospin était de passage lundi 20 avril à l'Université de Montréal pour prononcer une conférence sur les premières leçons de la crise financière et économique. Très au fait de certaines particularités québécoises, l'ex-premier ministre, a réussi à faire rire son auditoire en plaisantant avec son hôte, le directeur du centre du Cérium, Jean François Lisée. Les propos de "l'austère qui se marre" sur la crise étaient en revanche nettement moins fun. Compte rendu.
Repartir du bon pied
La crise a entraîné une intervention massive des Banques centrales et des Etats qui a permis d'enrayer la panique. Est-ce fini pour autant se demande Lionel Jospin ? « Il faudrait pour cela être certain que le système soit assaini... ce qui n'est pas le cas ». Avec une chute du PIB global de près de trois points et une croissance mondiale en 2009 frôlant le zéro « nous connaissons la plus grave crise économique depuis les années Trente ». A la différence de sa grande devancière cependant, « la crise actuelle est endogène et intrinsèquement liée au mode de fonctionnement du système lui-même. Sortir de cette crise et éviter son renouvellement suppose de modifier celui-ci profondément ».
Un G20 « décevant »
« Désormais, il faut entreprendre une démarche d'assainissement, de régulation puis de réforme du système monétaire et financier mondial dans son ensemble. » Ce mouvement est-il engagé s'interroge l'ex-Premier Ministre ? « La réponse à cette question dépend, en partie, de l'appréciation que l'on porte sur les conclusions du deuxième sommet économique tenu à Londres le 2 avril dernier. Ma première impression ne concorde pas avec l'enthousiasme officiel ». Paradis fiscaux, fonds spéculatifs, supervision et contrôle du système financier: « les pas en avant accomplis par la réunion de Londres en matière de régulation sont, à mon sens, très insuffisants ».
Des impasses « dangereuses »
Aucune attention ne semble avoir été portée à l'écart qui s'est instauré entre la sphère financière et l'économie réelle. « Ne pas pointer ce déséquilibre et ce qui l'alimente: la spéculation, c'est d'une certaine façon s'y résigner, alors qu'il nous menace. ». Le G20aurait également esquivé la question de l'instabilité monétaire. Or, « Non seulement celle-ci est une des sources de la crise financière, mais il n'est guère logique de mener campagne contre les risques du protectionnisme et de ne pas se prémunir contre les manipulations des taux de change et les dévaluations compétitives ». Enfin, face au sentiment d'injustice général, la leçon du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits n'a selon lui, guère été tirée jusqu'ici. « Un mode de fonctionnement économique différent, mieux contrôlé et débouchant sur une meilleure répartition des revenus devra émerger si l'on veut parvenir à un nouvel équilibre économique ».
L'occasion d'une réflexion en profondeur
Générer de nouvelles règles de contrôle dans l'ensemble des activités économiques sont les premières réformes à accomplir. « Car il serait insupportable qu'on ait mobilisé autant d'argent pour porter secours à un secteur, celui de la finance, qui a engendré tant de désordre, pour qu'après coup, tout reprenne comme avant, avec la même avidité, la même irresponsabilité, la même impunité. »
Le nouveau discours du 21 avril de Lionel Jospin
Lionel Jospin (ici, le 17 mars dernier) a prononcé, mardi, à Montréal une conférence consacrée aux perspectives «de la gauche mondiale après la crise financière». Crédits photo : SIPA
Pour l'ancien premier ministre, Nicolas Sarkozy offre «un autre visage de la présidence».
Sept ans jour pour jour après sa défaite au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, Lionel Jospin a prononcé à Montréal une conférence sur «L'avenir de la gauche mondiale après la crise financière». Devant un amphithéâtre bondé d'étudiants français et québécois de l'Université de Montréal, l'ancien premier ministre socialiste s'est lancé dans une charge en règle contre le capitalisme, fustigeant «les rémunérations excessives, l'appât du gain, la passivité des banques centrales». À propos de la crise, il a déclaré : «En 1998, mon gouvernement avait alerté sur les risques encourus et fait des propositions de réformes». Les dirigeants mondiaux n'ont pas retenu les conseils de Lionel Jospin. Dès lors, celui-ci estime que «les dogmes libéraux ont volé en éclats».
Sans citer Nicolas Sarkozy, le conférencier a fait part de son scepticisme face aux mesures prises à l'issue du G20 de Londres : «J'ai regretté que le représentant de notre pays au sommet de Londres n'ait pas donné un écho positif à l'idée chinoise (d'une monnaie mondiale)». Si Lionel Jospin a rendu compte des causes de la crise financière mondiale, il n'a évoqué l'avenir de la gauche qu'en filigrane lors de réponses à des questions de l'assistance. Répondant à la question d'un étudiant, le candidat du PS à la présidentielle s'est montré sceptique face aux positions altermondialistes.
À la sortie de la conférence, un groupe d'étudiants français a déploré : «Il n'a rien dit. C'était vraiment scolaire». Une étudiante québécoise, qui avouait peu connaître Lionel Jospin, a confié que la dynamique de gauche est différente au Québec. «Certains indépendantistes sont de gauche et des fédéralistes aussi. Et puis la gauche est plus nuancée qu'en France», a jugé la jeune femme.
«Faire attention aux “off ”»
Comme c'est toujours le cas lorsque des hommes politiques de l'hexagone viennent à Montréal, les journalistes de la Belle province ont questionné Lionel Jospin sur l'épineuse question de l'indépendance du Québec. En février dernier, les propos de Nicolas Sarkozy en faveur de l'unité canadienne avaient soulevé l'ire des indépendantistes, mais aussi la colère des autres Québécois. Prudent, Lionel Jospin a estimé que «c'est aux Québécois de décider de leur avenir». Il a, tout de même, sur les ondes de Radio-Canada, distillé quelques piques à l'endroit du chef de l'État. «C'est un autre visage de la présidence», avant d'ajouter à propos des déclarations prêtées à Nicolas Sarkozy sur ses homologues étrangers : «Un président doit être attentif à ce qu'il dit… J'ai tendance à penser… que ce qui a été rapporté par le journal Libération est exact. Il y avait trop de convives présents. Il faut faire très attention même aux “off ”, peut-être surtout aux “off ”».
Face à l'animatrice de Radio-Canada Christiane Charette, qui lui donnait du «premier ministre du parti socialiste» et confondait sa femme et sa sœur, le «retraité» Jospin, comme s'est présenté l'ancien dirigeant socialiste, est resté professoral. «J'essaie de rester vivant intellectuellement… Je n'ai pas essayé d'avoir un mandat au Sénat». Une phrase qu'un autre ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, attendu mercredi au Canada, appréciera.
Barack Obama observe des signes positifs de Cuba et du Venezuela.
PORT OF SPAIN - Le président Barack Obama a déclaré en clôture du Ve sommet des Amériques que les Etats-Unis ont enregistré des "signes positifs potentiels" dans leurs relations avec Cuba et le Venezuela.
En clôture du Ve sommet des Amériques, le président Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis ont enregistré des "signes positifs potentiels" dans leurs relations avec Cuba et le Venezuela, rappelant toutefois que "les actes doivent se substituer aux paroles". (Reuters/Kevin Lamarque)
Malgré une atmosphère cordiale et encline au dialogue, les 34 dirigeants participant à ce sommet, qui n'incluait pas de délégation cubaine, ne sont pas parvenus à un consensus et n'ont pas signé de déclaration finale commune.
Le chef de la Maison blanche s'est exprimé lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion de trois jours, organisée à Trinité-et-Tobago.
Obama a dit que son administration étudierait les moyens de progresser sur le plan des relations avec Cuba à la lumière des propos tenus récemment par le président Raul Castro, qui s'est dit prêt à dialoguer avec Washington.
"Nous allons explorer (...) et voir si nous pouvons réaliser des progrès", a dit le président américain, promettant d'oeuvrer pour "l'ouverture d'une nouvelle ère de partenariat".
"Au cours des derniers jours, nous avons observé des signes positifs potentiels dans les relations entre les Etats-Unis, Cuba et le Venezuela", a-t-il précisé.
"Mais comme je l'ai déjà dit, les actes doivent se substituer aux paroles", a-t-il ajouté, rappelant que le président Raul Castro s'est déclaré prêt à discuter des questions des prisonniers politiques et des droits de l'Homme.
"Le peuple cubain n'est pas libre et cela doit être notre préoccupation, notre Etoile du Nord... Cuba a les moyens de prouver qu'ils sont déterminés à imposer de véritables changements."
VOLONTÉ POLITIQUE
Jusqu'à présent, La Havane a toujours refusé de subordonner la reprise du dialogue avec les Etats-Unis à des questions de politique intérieure.
De son côté, le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré que le sommet de Port of Spain avait jeté les bases possibles d'une ère nouvelle dans les échanges entre Etats-Unis et Amérique latine.
Lula a notamment jugé l'heure propice à un dialogue entre le Venezuela et les Etats-Unis.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a saisi l'occasion pour affirmer qu'il entrevoyait "une volonté politique", de la part de son pays et des Etats-Unis, à travailler ensemble.
"Je souhaite être votre ami", a lancé Chavez à Obama, confirmant son désir de coopérer avec l'actuelle administration américaine à une amélioration des relations bilatérales.
Malgré des expressions de bonne volonté, les Etats participant au sommet n'ont pas signé de déclaration commune, un groupe de pays réunis autour de Chavez jugeant la portée du document insuffisante.
La Bolivie, le Nicaragua et le Honduras ont déploré que n'ait pas été réglée la question du maintien à l'écart de Cuba et ont regretté qu'aucune solution n'ait été préconisée pour lutter contre la crise économique mondiale.
Premier face-à-face positif d'Obama avec les dirigeants de l'Amérique du Sud
Le président américain Barack Obama a eu samedi un premier face-à-face positif avec une douzaine d'homologues d'Amérique du Sud à Trinité-et-Tobago, sur fond de multiplication des gestes de bonne volonté des Etats-Unis et de Cuba en marge du sommet des Amériques.
Ce premier contact a été d'autant plus important que ces douze dirigeants, membres de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), ont l'espoir, avec des nuances, d'entamer une nouvelle ère dans leurs rapports avec les Etats-Unis.
"C'est le début d'une nouvelle ère très intéressante dans la relation", a déclaré le président équatorien Rafael Correa, l'un des plus critiques envers Washington avec le Vénézuélien Hugo Chavez ou le Bolivien Evo Morales.
Il a toutefois ajouté : "Nous n'avons pas encore vu de grands changements vis-à-vis de Cuba".
La présidente argentine Cristina Kirchner a estimé qu'"un dialogue différent" avait été "ouvert" et appelé M. Obama à "être non seulement le produit du changement, mais aussi un acteur", espérant que "ses intentions pourront se traduire en politiques concrètes".
La réunion a été "très positive" et l'échange "franc", a résumé son homologue chilienne Michelle Bachelet.
Le Chili fait partie, avec le Brésil, des pays modérés bien vus par Washington, tandis que l'Argentine tente d'améliorer ses relations avec les Etats-Unis.
"Nous allons attendre la fin du sommet, mais je crois que si le climat qui prévaut est le même que celui qu'on a vu au cours de la réunion entre Obama et l'Unasur, le résultat sera très positif", a commenté le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim.
En direction de Cuba aussi les gestes de bonne volonté se sont multipliés.
"Nous avons hâte de voir ce que le gouvernement cubain veut faire", a déclaré en marge du sommet le porte-parole du président américain, Robert Gibbs, ajoutant que "les gestes parleront toujours plus que les mots".
Le président américain avait dit vendredi qu'il croyait à la possibilité de donner "une nouvelle direction" aux relations avec Cuba. Sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait vu dans des propos récents du président cubain Raul Castro une "ouverture" dont il fallait tenir compte.
Raul Castro avait assuré être ouvert "à un dialogue sur tout" avec Washington, "y compris les droits de l'Homme, la liberté de la presse, les prisonniers politiques".
Preuve du changement d'atmosphère, le président Chavez s'est permis "une blague" devant les autres chefs d'Etat. "Le prochain sommet des Amériques, pourquoi ne le ferions-nous pas à La Havane ?", leur a-t-il lancé.
Exclu de l'Organisation des Etats américains (OEA) en 1962, Cuba n'est pas invité à participer aux sommets des Amériques. Mais il y est omniprésent.
"Il y a un processus en marche", a poursuivi Hugo Chavez, bête noire de Washington sous la présidence de George W. Bush. "Nous sommes tous ici des amis de Cuba et nous voulons que les Etats-Unis le soient aussi".
M. Chavez s'est de nouveau montré conciliant samedi envers son successeur en lui offrant un livre, au lendemain d'une poignée de mains très remarquée.
A l'initiative de M. Chavez, les membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba - Venezuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua, Honduras, Dominique et Saint-Vincent) ont annoncé qu'ils jugeaient "inacceptable" le projet de déclaration finale du sommet faisant l'impasse sur l'embargo contre l'île communiste.
Les chefs d'Etat se penchaient, à l'issue de cette première rencontre, sur "le développement, la sécurité énergétique et l'environnement durable".
Obama met sur les rails le futur réseau de TGV américain
WASHINGTON (AFP) — Le président américain Barack Obama a mis jeudi sur les rails la première étape d'un vaste projet de train à grande vitesse pour désengorger aéroports et agglomérations et rattraper le retard sur la France, l'Espagne, le Chine ou le Japon.
"Ce dont nous avons besoin est un système de transport intelligent qui réponde aux besoins du XXIe siècle", a dit M. Obama à la Maison Blanche avant de s'envoler pour une visite au Mexique.
Le président Obama a cité l'exemple de la France où "le système à grande vitesse a sorti des régions de l'isolement" et de l'Espagne où "une ligne à grande vitesse entre Madrid et Séville connaît tellement de succès que plus de gens voyagent entre les deux villes en train, qu'en voiture et avion combinés".
"Il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas faire cela. On est en Amérique", a lancé le président.
La Maison Blanche compare le lancement de ce projet à la création dans les années 1950 sous le président Dwight Eisenhower d'un système national d'autoroutes qui a révolutionné le transport routier aux Etats-Unis.
M. Obama a souligné que son plan allait permettre de créer des emplois, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'aider les Etats-Unis à atteindre l'indépendance énergétique.
Le plan sera financé en prélevant huit milliards de dollars sur les 787 milliards du plan de relance voté en février par le Congrès. En outre, Washington dépensera un milliard par an sur cinq ans pour ce projet.
"Il s'agit juste d'un premier pas. Nous savons que cela va être un projet à long terme", a dit M. Obama.
L'objectif serait d'arriver à une vitesse moyenne de 350 kmh sur les lignes à grande vitesse, comme cela est déjà le cas en Europe ou au Japon. Aux Etats-Unis, seules cinq lignes dépassent aujourd'hui les 127 kmh.
Le projet concerne une dizaine d'itinéraires ferroviaires potentiels notamment en Californie (baie de San Francisco, Sacramento, Los Angeles, San Diego), en Floride (Orlando, Tampa, Miami), ou en Nouvelle-Angleterre (Boston, Portland, Springfield, New Haven, Albany, avec un prolongement jusqu'à Montréal), a expliqué le président avant de préciser qu'"aucune décision sur l'allocation des fonds n'a été prise".
Le plan américain prévoit également l'amélioration de la ligne Washington-Boston, seule ligne théoriquement "à grande vitesse" actuellement en service aux Etats-Unis. Mais la moyenne ne dépasse pas 132 kmh entre la capitale et New York...
Selon l'administration américaine, le plan "stratégique" annoncé jeudi sera suivi de feuilles de route détaillées pour les territoires qui seront candidats. Les premiers financements seront alloués "d'ici à la fin de l'été", précise la Maison Blanche dans un communiqué.
Ce sont les États et les collectivités locales qui devront mettre en place des plans afin d'établir un réseau de lignes de 100 à 600 miles (160 à 965 kilomètres) de distance, à l'aide du financement de l'État fédéral.
Le mois dernier l'opérateur ferroviaire français SNCF s'est dit "très intéressé" par l'exploitation du futur système à grande vitesse américain. L'intervention de la SNCF pourrait se faire de plusieurs manières, a dit Jean-Pierre Loubinoux, président de SNCF International, citant un simple "transfert de technologie" ou des "opérations de maintenance", des "contrats commerciaux ou d'exploitation".
Selon une étude réalisée en mars par IBM, la demande mondiale de réseau de trains à grande vitesse va exploser au cours des prochaines années.
ÉTATS-UNIS • Leçons de politique étrangère pour l'élève Obama (Webmaster :Que ciel et terre soient avec ce jeune président et à l’écoute des autres.)
La diplomatie américaine est bien trop molle pour que Washington parvienne à ses fins. Pour le chroniqueur Thomas L. Friedman, le président américain a tout intérêt de muscler son discours.
Depuis peu, je me dis que je pourrais ouvrir une nouvelle école de relations internationales afin de former les diplomates américains. Ce serait une école toute simple. Elle ne se composerait que d'une unique salle de classe, avec un bureau et une chaise. Derrière le bureau se tiendrait un professeur, qui jouerait le rôle d'un dirigeant étranger. L'étudiant devrait persuader le dirigeant étranger de faire quelque chose – d'actionner tel ou tel levier. A un moment donné, le dirigeant étranger hocherait vigoureusement la tête en signe d'approbation, puis se tournerait et actionnerait le levier en question, lequel lui resterait dans les mains. Ou bien il hocherait vigoureusement la tête et dirait : "Oui, oui, bien sûr, je vais tirer sur ce levier". Mais il se contenterait de faire semblant. Il incomberait alors à l'étudiant de trouver comment sortir de l'impasse…
Je me demande si le président Barack Obama et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton ne sont pas un peu comme ces étudiants dans leurs relations avec les dirigeants du Pakistan, de l'Afghanistan, de l'Iran et de la Corée du Nord. Je dis cela non pour critiquer, mais plutôt pour leur manifester toute ma sympathie. L'époque que nous vivons n'est certes pas l'ère glorieuse de la diplomatie. Un secrétaire d'Etat ne peut faire aboutir des accords que si d'autres Etats ou parties y sont disposés, ou en mesure de les conclure. Du temps de la guerre froide, une période propice aux grandes puissances, marchandages ambitieux et Etats vassaux relativement solides, il était tout à fait possible d'y parvenir – que ce soit dans le domaine du contrôle des armements avec l'Union soviétique ou du maintien de la paix entre nos ennemis respectifs de par le monde. Mais nous sommes, de plus en plus, à l'ère des pirates, des Etats en déliquescence, des acteurs non étatiques et de construction nationale. Un terrain de jeu idéal pour les tireurs d'élite, les drones et les généraux, pas pour les diplomates.
D'où, aujourd'hui, ce côté déjà vu – et revu – de la politique étrangère américaine, ce sentiment que pour ce qui est de nos problèmes les plus graves (l'Afghanistan, le Pakistan, la Corée du Nord et l'Iran), nous tournons en rond, encore et encore, nous avalons encore et toujours les mêmes discours des mêmes gens, sans que rien ne change. Ceux qui ne sont pas en mesure de tenir leurs promesses, les responsables afghans et pakistanais, s'engagent à faire toutes sortes de choses très bien, d'activer tous les leviers que l'on veut, mais, au bout du compte, ils se retrouvent avec les leviers en question dans les mains parce que, dans ces pays, les autorités n'ont que fort peu de pouvoir. Ceux qui n'ont aucune intention de tenir leurs promesses, l'Iran et la Corée du Nord, nous répètent sans cesse : "Oui, il faut que nous discutions". Mais, en fin de compte, leurs relations hostiles avec l'Amérique ou l'Europe sont si essentielles à la stratégie de survie de leurs régimes, et, ils s'en servent tellement pour justifier leur maintien aux commandes de leurs pays, qu'il n'est pas dans leur intérêt de parvenir à une véritable réconciliation, mais seulement de prétendre le vouloir.
Seule une démonstration plus marquée de la puissance des Etats-Unis et de leurs alliés serait à même de modifier cette situation. Dans le cas de l'Afghanistan et du Pakistan, cette puissance devrait servir, en réalité, à reconstruire ces Etats de l'intérieur et en faire des pays modernes. Il nous faudrait littéralement créer les institutions, les poulies et les rouages, de sorte qu'au moment où les dirigeants de ces Etats les mettront en branle, il se passera vraiment quelque chose. Et dans le cas des Etats forts, comme l'Iran et la Corée du Nord, il nous faudrait exercer une pression extérieure nettement plus forte afin qu'ils adoptent un comportement correspondant à nos attentes. Toutefois, dans un cas comme dans l'autre, il faudrait, pour réussir, que les Etats-Unis investissent plus de temps, d'argent et de moyens – sans parler de leurs alliés.
Au lieu de cela, je crains fort que nous n'adoptions une stratégie intermédiaire, que nous ne fassions que ce qu'il faut pour éviter un effondrement, mais pas assez pour résoudre les problèmes. Si, en Afghanistan et au Pakistan, notre but est de construire des nations afin qu'elles se dotent de gouvernements modérés capables de survivre, nous n'avons clairement pas assez de troupes ou de ressources sur place pour résoudre les problèmes, voire éviter un effondrement. Si notre objectif est d'amener les régimes de Téhéran et de Pyongyang à changer de comportement, nous n'avons certainement pas exercé de pressions suffisantes de l'extérieur. Le tir de fusée nord-coréen et la poursuite par l'Iran du développement de ses capacités nucléaires en sont la preuve.
Par conséquent, en conclusion, quatre pays à problèmes sont aujourd'hui au cœur de la politique étrangère des Etats-Unis : nous n'avons ni la volonté ni la possibilité de les ignorer, mais nous n'avons pas non plus les moyens ou les alliés nécessaires pour provoquer un changement décisif. Il nous manque un atout majeur, une masse critique de gens partageant nos aspirations dans ces pays, qui se soulèveraient et prendraient la tête du mouvement. Ce qui, finalement, a fait basculer l'Irak de façon positive. En fait, je crains que nous ne nous enlisions dans des engagements en Afghanistan et au Pakistan sans débat national digne de ce nom en ce qui concerne les buts, les moyens et les issues. Une recette garantie si l'on veut que nos ennuis s'aggravent.
Obama voit des signes d'amélioration de l'économie américaine par Ross Colvin.
WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Barack Obama estime que l'économie américaine commence à montrer des signes d'amélioration, tout en soulignant que le pays "n'est pas encore tiré d'affaire".
Peu de temps avant son allocution devant l'université de Georgetown, le département du Commerce a publié les chiffres des ventes au détail, qui ont contre toute attente reculé de 1,1% au mois de mars. Cette annonce a fait l'effet d'une douche froide sur les marchés et Wall Street est passé en territoire négatif.
"Je veux faire le point devant vous sur les derniers progrès que nous avons réalisés et être honnête sur les obstacles qui pourraient encore se dresser", a déclaré Obama selon le texte préparé en vue de son intervention, qualifiée de "majeure" par la Maison blanche.
"Mais de là où nous sommes, pour la toute première fois, nous commençons à apercevoir des lueurs d'espoir", a ajouté Obama, reprenant une phrase qu'il a déjà prononcée à plusieurs reprises ces derniers jours.
Obama a rappelé les différentes mesures prises par son administration depuis sa prise de fonctions le 20 janvier pour lutter contre la plus grave crise qu'ait connue le pays depuis des dizaines d'années.
Il a souligné que le plan de relance de 787 milliards de dollars, les mesures de recapitalisation des banques, de dégel du crédit, de renforcement du marché immobilier et de sauvegarde du secteur automobile étaient les "pièces nécessaires du puzzle de la reprise".
"Ensemble, ces initiatives commencent à produire des signes d'amélioration économique", a-t-il ajouté, observant cependant que 2009 resterait une année "difficile" pour l'économie américaine.
"Il ne fait aucun doute que les temps restent difficiles. Nous ne sommes absolument pas tirés d'affaire", a dit le président américain qui a prévenu qu'il y aurait encore des licenciements, des saisies et "des souffrances supplémentaires avant que cela se termine".
Un peu plus tôt dans la journée, Christina Romer, conseillère économique de la Maison blanche, a estimé que l'économie américaine était "encore malade" et prévenu que l'emploi et le produit intérieur brut (PIB) américains continueraient de se contracter pendant plusieurs mois.
L'économie américaine a perdu 663.000 emplois le mois dernier, portant le taux de chômage à 8,5%, un plus haut de 25 ans. Selon des économistes interrogés par Reuters, il pourrait grimper à 9,8% d'ici un an.
Au dernier trimestre 2008, l'économie américaine s'est contractée de 6,3%, le recul le plus marqué depuis les trois premiers mois de 1982. Suivant les économistes interrogés par Reuters, le PIB pourrait se contracter de 5% au premier trimestre 2009 et de 2% au trimestre suivant avant qu’Etats-Unis ne reviennent à la croissance vers la fin de l'année.
Obama a également dit qu'une nationalisation préventive des banques par l'Etat n'aboutirait qu'à une ardoise plus lourde pour le contribuable et à saper une confiance déjà mal en point.
Avec Andy Sullivan, Lucia Mutikani et Emily Kaiser, version française Nicolas Delame, Wilfrid Exbrayat et Gwénaëlle Barzic
Barack Obama assouplit les échanges vers Cuba
Les Cubains expatriés pourront se rendre dans l'île et transférer des fonds sans restriction. Obama doit rencontrer, samedi à Trinidad, ses homologues latino-américains.
Barack Obama a décidé d'autoriser les Américains d'origine cubaine à se rendre et à transférer des fonds de manière illimitée à Cuba. Déjà début mars, la nouvelle Administration avait annoncé un allégement des restrictions sur les voyages des Américains d'origine cubaine et sur les transferts financiers vers l'île castriste.
Lors de l'élection présidentielle américaine en novembre dernier, un renversement s'était produit dans la population d'origine cubaine : la majorité d'entre eux a voté pour Obama, alors que cette population était depuis des décennies plutôt sensibles au discours du Parti républicain. Ce sont principalement les jeunes de la deuxième génération qui paraissent s'être affranchis de l'allégeance aux républicains.
Pendant sa campagne, le candidat démocrate avait annoncé un tournant dans les relations avec le sud du continent. La grande indifférence de l'Administration Bush pour la région a laissé des traces chez les leaders sud-américains mais leur a permis des rapprochements, notamment une convergence de vue sur Cuba. Tous entretiennent des relations diplomatiques avec l'île, même la Colombie pourtant réputée profondément alignée sur les positions de Washington. Et tous expriment leur incompréhension devant l'exclusion de Cuba des instances régionales.
Fenêtre d'opportunité
L'idée d'une réorientation de la politique cubaine des États-Unis fait son chemin depuis quelque mois. L'inefficacité de l'embargo est reconnue par tous. Richard Lugar, sénateur républicain, a publié, le 23 février dernier, un rapport dressant le bilan de cinquante ans d'embargo. Le sénateur estimait que l'ensemble de la politique américaine devait être révisé et que l'isolement de La Havane n'avait pas permis de conforter les objectifs de Washington, in extenso, le renversement du pouvoir castriste.
Certains estiment même que l'embargo ne fait que renforcer le pouvoir castriste, qui se réfugie derrière l'isolement pour justifier les problèmes de vie quotidienne de la population cubaine.
Cette annonce de l'Administration américaine tombe à quelques jours du Sommet des Amériques qui doit réunir à Trinidad en fin de semaine l'ensemble des chefs d'État du continent américain. «La nouvelle Administration américaine doit utiliser cette fenêtre d'opportunité pour marquer un changement par rapport à l'Administration Bush, analyse Jean-Jacques Kourliandski, chercheur à l'Institut de recherche internationale et stratégique. La marge de manœuvre est étroite et l'attente de l'Amérique du Sud est forte. L'un des sujets qui devraient dominer le Sommet sera les relations avec Cuba.»
En décembre dernier au Brésil, un Sommet de l'Unasur a réuni l'ensemble des chefs d'État sud-américain, y compris Raul Castro. Aucun représentant de Washington n'avait été invité.
L'Iran se dit favorable au dialogue sur le nucléaire
TEHERAN - Téhéran est favorable à un "dialogue constructif" avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne sur son programme nucléaire, a déclaré le chef des négociateurs iraniens au représentant de la diplomatie européenne.
SaeedJalili, chef des négociateurs iraniens, a déclaré à Javier Solana, représentant de la diplomatie européenne, que Téhéran était favorable à un "dialogue constructif" avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne sur son programme nucléaire. (Reuters/Raheb Homavandi)
Saeed Jalili s'est entretenu au téléphone avec Javier Solana de cette épineuse question, rapporte lundi la télévision iranienne, sans préciser la date de cette conversation.
Le négociateur de Téhéran "a accueilli favorablement l'idée d'un dialogue entre l'Iran et les six pays sur la base d'une coopération constructive."
"Il a insisté sur la nécessité d'une bonne compréhension des réalités internationales et les nécessités du développement", a ajouté la télévision.
Au cours de l'entretien, Solana a souhaité une poursuite du dialogue afin d'aboutir à une nouvelle ère de coopération.
Jalili a précisé que l'Iran répondrait aux Six dans un communiqué officiel, sans dire précisément quand.
Aucune date n'a été fournie pour la tenue des négociations mais elles pourraient avoir lieu "bientôt", peut-être d'ici quatre à six semaines, a dit un responsable américain sous le sceau de l'anonymat.
Mercredi, les Etats-Unis, l'Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie avaient annoncé leur intention de demander au porte-parole de la diplomatie de l'UE d'inviter l'Iran à une réunion, en vue de trouver "une solution diplomatique à cette question cruciale".
Cette invitation confirme le changement de ton des Etats-Unis à l'égard de l'Iran. Pendant des années, le prédécesseur de Barack Obama à la Maison blanche, George Bush, avait exclu tout contact direct avec les Iraniens tant qu'ils ne suspendaient pas leur programme nucléaire.
"SI LES ÉTATS-UNIS CHANGENT D'ATTITUDE..."
L'Iran affirme que ce programme - et l'enrichissement d'uranium - ne vise qu'à produire de l'électricité.
Les Etats-Unis, Israël et plusieurs pays occidentaux craignent que les Iraniens ne cherchent à se doter de l'arme atomique et il revient à l'Iran, a réaffirmé le porte-parole du département d'Etat Robert Wood, de prouver le contraire en acceptant les offres économiques et diplomatiques déjà formulées par les Occidentaux.
"Nous saluons le fait qu'ils soient intéressés par le dialogue", a dit Wood à la presse. "L'Iran doit montrer à la communauté internationale que son programme nucléaire est vraiment pacifique. Pour l'instant la communauté internationale est vraiment sceptique à ce sujet."
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dans un entretien mis en ligne dimanche sur le site internet du Spiegel, s'est dit prêt à dialoguer avec Washington, tout en excluant de suspendre le programme nucléaire de son pays.
"Si les Etats-Unis changent d'attitude, on peut s'attendre à d'importants progrès", souligne-t-il dans cette interview réalisée il y a une semaine, avant l'appel des Six à de nouvelles discussions.
La nouvelle administration Obama a tendu la main à Téhéran en invitant la République islamique à "desserrer son poing".
La semaine dernière, Washington a fait un nouveau geste en décidant de s'associer à tout nouveau dialogue entre Téhéran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien. Jusqu'ici, les Américains assistaient aux discussions des Six à titre de simples observateurs.
"Nous soutenons des pourparlers sur la base du respect et de l'équité, ce qui a toujours été notre position", explique Ahmadinejad au Spiegel. "Nous attendons qu'Obama expose ses projets, pour pouvoir les analyser."
"Nous parlons avec beaucoup de respect de Barack Obama mais nous sommes réalistes. Nous voulons de vrais changements et nous pensons qu'il faut désormais qu'Obama accorde ses actes à ses paroles".
Ahmadinejad souligne clairement que son pays ne cédera pas à des menaces de nouvelles sanctions et ne suspendra pas ses travaux d'enrichissement d'uranium. "C'est un vieux débat, qui est dépassé", explique-t-il.
USA: Obama entrevoit une "lueur d'espoir" pour l'économie.
WASHINGTON (AFP) — Le président américain Barack Obama, évoquant des signes encourageants, a dit entrevoir vendredi une "lueur d'espoir" pour l'économie américaine en proie à la récession, à l'issue d'une réunion avec les plus hauts responsables économiques du pays.
"Ce que nous commençons à observer, c'est une lueur d'espoir pour l'économie", a dit M. Obama, citant à l'appui de cette affirmation l'augmentation du nombre de prêts accordés aux petites entreprises, les réductions fiscales qui commencent à prendre effet ainsi que de nouveaux investissements dans les infrastructures et l'énergie.
"Nous commençons à voir du progrès, et si nous nous accrochons, si nous ne flanchons pas devant les difficultés, alors je suis absolument convaincu que nous allons remettre l'économie sur les rails", a-t-il dit.
M. Obama s'exprimait à l'issue d'une réunion à la Maison Blanche avec le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, le président de la réserve fédérale, Ben Bernanke, et les principaux conseillers économiques de la Maison Blanche, Lawrence Summers et Christina Romer.
La directrice du régulateur bancaire américain (FDIC), Sheila Bair, et la présidente de l'autorité de régulation des marchés boursiers (SEC), Mary Shapiro, étaient également présentes.
Le président américain a cité de récentes évolutions encourageantes sur la stabilisation du marché immobilier, le déblocage du crédit et les plans d'assainissement du système bancaire.
Au cours de la réunion de vendredi, "nous avons discuté de la stabilisation en cours du système financier et de ce qui a déjà été fait", a notamment souligné le président américain, citant la baisse des taux d'intérêt immobiliers parmi les signes d'amélioration.
Plusieurs bonnes nouvelles sont tombées récemment: une réduction drastique du déficit commercial, tombé en février à des niveaux inédits depuis près de 10 ans, l'attente de bénéfices records au premier trimestre pour la banque Wells Fargo, numéro deux du crédit immobilier aux Etats-Unis, ou encore des prédictions optimistes concernant les ventes de détail en avril.
M. Obama s'est cependant gardé de tout optimisme excessif. "Nous avons toujours été très prudents dans nos prévisions, cela ne va pas changer sous prétexte que c'est Pâques. L'économie est encore terriblement sous pression", a-t-il dit.
"Nous devons garder à l'esprit que quoi que nous fassions, cela doit se traduire en fin de compte par de la croissance économique, des emplois et une augmentation des revenus des Américains", a-t-il poursuivi.
Or, "pour l'instant, nous constatons de nombreuses pertes d'emplois, beaucoup de difficultés, des gens qui se trouvent dans des situations très dures", a-t-il encore déclaré.
"Nous avons encore beaucoup de travail à faire, et au cours des prochaines semaines il y aura de nouvelles initiatives de l'administration", a-t-il ajouté.
Le taux de chômage américain atteint des sommets depuis novembre 1983, à 8,5% en mars.
Wall Street attend avec anxiété une série de résultats d'entreprises la semaine prochaine.
Visite surprise de Barack Obama en Irak
Après avoir bouclé en Turquie sa première tournée à l'étranger en tant que président, Barack Obama a effectué une visite surprise mardi à Bagdad. Une étape hautement symbolique pour cet opposant à la guerre en Irak qui s'est engagé à retirer du pays l'essentiel des troupes américaines de combat dans un délai de 19 mois.
Peu après son arrivée à bord d'Air Force One, M. Obama a salué les progrès politiques en Irak mais a également exprimé sa crainte de voir une dégradation de la situation à l'approche de prochaines élections nationales. "Il est important que nous utilisions toute notre influence pour encourager les parties à résoudre les problèmes", a-t-il déclaré. "Je pense que ma présence ici peut" y contribuer. "Il y a encore beaucoup de travail à faire ici", a-t-il également affirmé.
A sa descente d'avion à Bagdad, Barack Obama a été accueilli par le général Ray Odierno, plus haut responsable militaire américain en Irak, avant de se rendre par la route à Camp Victory, principale base américaine dans le pays.
Là, il s'est adressé à quelque 600 GI's, qui lui ont réservé un accueil des plus chaleureux, acclamant le président américain à de nombreuses reprises durant son discours. "Vous avez donné à l'Irak l'occasion de devenir un pays démocratique", leur a-t-il lancé. "C'est une réussite extraordinaire." Les troupes américaines "ont réalisé un excellent travail (...) sous une pression énorme."
M. Obama a toutefois souligné que l'heure était venue de passer le relais aux Irakiens, qui doivent "assumer la responsabilité de leur pays". Selon son équipe, il devait remettre des décorations à dix soldats. Au total, au moins 4.266 militaires américains ont trouvé la mort depuis l'invasion de l'Irak en 2003, et 139.000 sont actuellement déployés dans le pays.
M. Obama a également rencontré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, qui a déclaré après l'entretien avoir "assuré au président que tous les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité vont se poursuivre". De son côté, M. Obama a dit avoir "fortement encouragé" le chef du gouvernement irakien à prendre des mesures pour rassembler les factions politiques en Irak, en intégrant notamment les sunnites dans le gouvernement et les forces de sécurité.
En poste depuis seulement onze semaines, Barack Obama a déjà annoncé son plan pour retirer l'essentiel des troupes américaines d'Irak dans un délai de 19 mois. Le retour des soldats doit débuter lentement puis s'accélérer en 2010. Jusqu'à 50.000 soldats devraient toutefois rester en Irak passé le délai de 19 mois pour poursuivre la lutte contre le terrorisme.
La visite de mardi était la troisième de M. Obama en Irak, mais sa première en tant que président et commandant en chef. Pour des raisons de sécurité, la Maison Blanche n'avait pas annoncé le déplacement ni communiqué d'informations sur le programme de sa visite.
Le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a expliqué que Barack Obama avait choisi l'Irak plutôt que l'Afghanistan comme visite dans une zone de guerre parce que le pays est voisin de la Turquie, et que les progrès en Irak dépendent de "solutions politiques".
La visite intervient au lendemain d'une vague d'attentats en Irak qui a fait 37 morts. M. Obama est arrivé à Bagdad quelques heures seulement après l'explosion d'une voiture piégée qui a fait neuf morts dans un quartier chiite de la capitale. Et le jour même où la justice irakienne a décidé de réduire de trois à un an la peine de prison de Muntadhar al-Zeidi, le journaliste irakien qui avait lancé ses chaussures en direction de George W. Bush en décembre 2008. Une coïncidence.
Un peu plus tôt, lors d'une rencontre avec des étudiants à Istanbul, Barack Obama a réitéré sa promesse de construire de nouvelles relations entre les Etats-Unis et l'Islam, affirmant sa volonté d'ouvrir un "nouveau chapitre de l'engagement américain" dans le monde. "Nous ne pouvons pas nous permettre de parler du passé et de nous focaliser uniquement sur nos différences ou de laisser les murs de la défiance se dresser autour de nous", a-t-il plaidé.
Le message d'ouverture délivré par M. Obama à l'occasion de sa visite en Turquie a été bien accueilli dans le monde arabo-musulman. Dans une interview publiée mardi, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moallem qualifie ainsi les déclarations du président américain d'"importantes" et de "positives".
Au dernier jour de son séjour en Turquie, Barack Obama a rencontré à son hôtel d'Istanbul le grand mufti et le grand rabbin de la ville, ainsi que le patriarche arménien et l'archevêque orthodoxe syrien de Turquie. Il a également, en compagnie du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, visité le musée de Sainte Sophie et la Mosquée Bleue, s'avançant pieds nus à l'intérieur de l'édifice, comme le veut la tradition.
M. Obama a achevé mardi une tournée de huit jours qui l'a conduit à Londres pour le sommet du G-20, à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden pour le sommet de l'OTAN et à Prague pour un sommet Etats-Unis-Union européenne. Un périple qualifié d'"extrêmement productif" par son conseiller David Axelrod. AP
Lionel Jospin relève de "très graves impasses" dans les résultats du G20
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a relevé dimanche de "très graves impasses" dans les résultats du G20 qui s'est tenu jeudi à Londres.
"Il y a dans ce G20 des aspects positifs, mais il y a aussi des pas en avant insuffisants et de très graves impasses", a déclaré M. Jospin à Canal +.
"On n'a absolument pas traité d'une question essentielle qui est le déséquilibre majeur, insensé, entre la sphère financière - la spéculation - et la sphère productive, c'est-à-dire l'échange de biens et services", a-t-il regretté, estimant que la première représente "50 fois plus" que la seconde.
"On a fait impasse sur la question des fluctuations des monnaies", a-t-il ajouté en regrettant que la France n'ait pas "saisi au bond" l'idée, relancée par les Chinois, d'une "monnaie commune internationale".
Au titre des impasses, il a également cité "la question des besoins immenses des pays en développement", et le fait de "ne pas avoir posé le problème de la répartition des fruits de la croissance (...) entre le profit, entre le capital et entre le travail".
Parmi les progrès, M. Jospin a salué le format "G20 par rapport au G8", "l'idée de la régulation" et "le retour des Etats dans le jeu économique mondial".
Il a identifié comme "pas en avant insuffisants" les "paradis fiscaux: on a seulement fait une liste, on les a pas interdits", et "les fonds spéculatifs, où on ne s'intéresse qu'aux fonds spéculatifs systémiques - qui pourraient mettre en cause le système - et pas à la spéculation de tous les jours".
L'ancien Premier ministre a par ailleurs regretté une nouvelle fois la décision de réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Otan, annoncée au sommet de Strasbourg.
"Cette réintégration complète va nous banaliser, elle va nous faire perdre une posture d'autonomie de la France sur la scène internationale", a-t-il jugé.
Obama offre à la reine Elizabeth II un iPod personnalisé
LONDRES (AFP) — Le président américain Barack Obama a offert mercredi à la reine Elizabeth II un iPod d'Apple personnalisé avant une réception à laquelle étaient conviés les dirigeants du G20 au palais de Buckingham, a annoncé un porte-parole du palais.
Le président américain et son épouse Michelle ont été reçus par la reine et son époux le prince Philip d'Edimbourg dans les appartements privés de la souveraine. Au cours de la rencontre, M. Obama a offert à la reine un iPod personnalisé avec une vidéo de la visite qu'elle avait effectuée en 2007 à Washington et dans l'Etat de Virginie.
La reine et le prince Philip, pour leur part, ont offert aux époux Obama des portraits d'eux-mêmes dédicacés.
M. Obama avait offert au Premier ministre britannique Gordon Brown un coffret de 25 DVD au cours de la visite de ce dernier en mars aux Etats-Unis. Ce cadeau n'avait pas manqué de susciter des commentaires négatifs dans la presse britannique.
En sortant du palais de Buckingham avec son épouse après la réception, M. Obama a souligné que sa rencontre avec la reine avait été "formidable". "Sa Majesté est charmante", a-t-il ajouté.
Démission du PDG de General Motors à la demande d'Obama selon la presse américaine
Rick Wagoner, le PDG du constructeur automobile américain General Motors démissionne de son poste à l'injonction du président américain Barack Obama, qui doit dévoiler lundi son plan de sauvetage de l'industrie automobile des Etats-Unis, écrivent plusieurs journaux dimanche.
Rick Wagoner, le PDG du constructeur automobile américain General Motors démissionne de son poste à l'injonction du président américain Barack Obama, qui doit dévoiler lundi son plan de sauvetage de l'industrie automobile des Etats-Unis, écrivent plusieurs journaux dimanche.
"Le gouvernement Obama a demandé à Rick Wagoner [...] de démissionner et celui-ci a accepté, écrit le journal en ligne Politico.com citant un responsable anonyme à la Maison Blanche.
"On a demandé à M. Wagoner de démisionner dans le cadre de l'accord de restructuration de GM avec le gouvernement Obama et celui-ci a accepté", écrit de son côté le New York Times, citant lui ausi un responsable de la Maison Blanche.
"Rick Wagoner prévoit de démissionner immédiatement", écrit de son côté le Wall Street Journal sur son site internet.
"M. Wagoner démissionne, juste au moment où le président Obama s'apprête à dévoiler, lundi, ses plans de sauvetage pour GM et une industrie automobile américaine en difficulté", écrit le New York Times.
La nouvelle "n'a pas été confirmée par la société, mais un communiqué sur l'avenir de M. Wagoner sera publié après le discours de M. Obama", ajoute le journal".
"Obama et le nouveau gouvernement ont dit qu'ils allaient exiger des restructurations plus fortes de la part de General Motors et Chrysler avant que ceux-ci reçoivent le moindre prêt gouvernemental supplémentaire", ajoute le Wall Street Journal.
A la tête de GM depuis huit ans, M. Wagoner est pour beaucoup le symbole d'une direction qui n'est pas parvenue à adapter le premier constructeur automobile américain à la réalité de l'époque, et notamment aux attentes d'Amricains de plus en plus demandeurs de voiture plus petites et moins gourmandes en carburant.
Les syndicats qui lui ont mené la vie dure pendant des années avaient commencé à trouver en lui un allié ces derniers mois quand ils étaient venu plaider ensemble à Washington pour que l'Etat vienne au secours de groupe.
"Il n'y a pour l'instant aucune indication sur la personne qui prendrait la tête de General Motors", écrit le New York Times, ajoutant que M. Wagoner lui même avait déclaré il y a quelques jours ne pas se sentir menacés par les projets d gouvernement.
M. Obama doit présenter lundi son plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine, qui devrait passer par une aide financière accrue de l'Etat à GM et à son concurrent Chrysler, mais soumise à des conditions très strictes.
Parlant dimanche sur la télévision CBS, M. Obama a déclaré que les deux groupes n'en avaient "pas encore fait assez" en terme de restructuration, malgré tout les "efforts sérieux" entrepris par les constructeurs de Détroit, la ville du Nord des Etats-Unis symbole de l'industrie automobile nationale.
Au bord de la faillite, GM et Chrysler ont été secourus par le gouvernement américain, qui leur a alloué une aide de 17,4 milliards de dollars au total sous forme de prêts depuis décembre. Mais celle-ci s'avère encore insuffisante, et les deux groupes demandent à l'Etat 21,6 milliards supplémentaires pour pouvoir survivre.
Une sculpture en hommage à M. Crépeau
Une sculpture en hommage à Michel Crépeau, ancien maire de la Rochelle (1971-1999), ancien député et ancien ministre, décédé il y a 10 ans, a été inaugurée dimanche en présence de 2.000 à 3.000 personnes. En présence de l'ancien premier ministre Lionel Jospin, le journaliste Jean-Pierre Elkabbach et son épouse, l'écrivain Nicole Avril, ont dévoilé cette sculpture en bronze d'environ 5 mètres de haut face à la mer, à proximité du Vieux Port de La Rochelle.
Un hommage a été rendu à l'ancien maire, co-fondateur des radicaux de gauche, par Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), Dominique Bussereau, président (UMP) du conseil général de Charente-Maritime et secrétaire d'Etat aux transports, et Maxime Bono, député-maire (PS) de La Rochelle.
"Je n'ai jamais réussi à considérer que Michel Crépeau était un adversaire tellement il aimait sa ville et tellement il a été un maire extraordinaire", a déclaré Bussereau. Crépeau fut député de 1973 à 1993 puis de 1997 jusqu'à son décès, le 30 mars 1999, et occupa plusieurs fonctions ministérielles (Environnement, Commerce et Artisanat, Justice) entre 1981 et 1986.
Obama annonce un sommet sur le climat fin avril à Washington
WASHINGTON, 28 mars (Reuters) - Barack Obama réunira les 27 et 28 avril à Washington un "forum des principales puissances économiques sur l'énergie et le climat" pour faciliter la conclusion d'un accord à l'Onu sur le réchauffement climatique, a annoncé samedi la Maison blanche.
Les dirigeants des seize principales puissances économiques "contribueront à créer l'autorité politique nécessaire" pour parvenir cette année à un accord international sur la réduction des gaz à effet de serre, précise la présidence américaine dans un communiqué.
Les pays invités sont les suivants: Australie, Brésil, Grande-Bretagne, Canada, Chine, Union européenne, France, Allemagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Russie, Afrique du Sud et Etats-Unis.
Le Danemark, qui accueillera à la fin de l'année une réunion de l'Onu sur ce sujet, et les Nations unies ont également été invités. (Jeff Mason, version française Pascal Liétout)
Les Etats-Unis et l'Iran pourraient coopérer sur l'Afghanistan
Alors que le président américain a fait de l'Afghanistan une priorité, une approche plus régionale en collaboration avec l'Iran est envisagée.
Le président américain, Barack Obama (Reuters)
Les Etats-Unis et l'Iran pourraient coopérer sur l'Afghanistan, a déclaré vendredi 27 mars, un haut responsable américain à Moscou sous couvert de l'anonymat. "L'Iran est un acteur important en ce qui concerne l'Afghanistan. C'est à nos yeux une aire potentiellement très productive pour un engagement à l'avenir avec l'Iran", a noté ce haut responsable.
L'Iran participera le 31 mars à La Haye à la conférence internationale sur l'Afghanistan proposée par les Etats-Unis. Un premier geste qui pourrait faire baisser la tension entre Téhéran et Washington et aider à la stabilité en Afghanistan.
Des intérêts communs
L'Iran entretient des relations étroites avec son voisin afghan, notamment avec ses populations chiites et persanophones. Néanmoins, il est opposé au régime extrémiste sunnite des talibans et subit par les conséquences de l'importante production afghane d'opium qui alimente son marché de la drogue. Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York, l'Iran avait coopéré avec les Etats-Unis, fournissant des informations et aidant les groupes opposés aux talibans. Washington souhaite à présent relancer cette coopération pour stabiliser l'Afghanistan, craignant également que le conflit ne fasse davantage tâche d'huile au Pakistan qui connait un regain de violence.
Vers un apaisement
Après huit années de fortes tensions avec George Bush, l'arrivée au pouvoir de Barack Obama signe donc un retour à des relations apaisées. Le 20 mars dernier, le président américain a même pris l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens, leur offrant de surmonter trente années de relations hostiles. Le programme nucléaire iranien, qui inquiète la communauté internationale, constitue aussi un des enjeux clés d'un dialogue potentiel.
Obama veut éliminer al-Qaida
Le président américain Barack Obama annoncera ce matin une stratégie destinée à éliminer le réseau al-Qaida d'Afghanistan et du Pakistan, et veut des objectifs précis pour mesurer les progrès sur le terrain, a indiqué jeudi un haut responsable américain.
"L'objectif est clair, précis et réalisable: démanteler et vaincre al-Qaida et éliminer ses refuges en Afghanistan et Pakistan", a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat, à propos de la stratégie que le président Obama s'apprête à dévoiler, après deux mois de réexamen de la situation dans la région.
Le président Obama fera cette annonce formellement aujourd'hui à la Maison-Blanche à 14h25, heure de Paris.
Cette stratégie vise à établir des objectifs précis pour les Etats-Unis et leurs alliés concernant le Pakistan et l'Afghanistan, afin de permettre d'éventuelles corrections à mi-parcours, a précisé un autre responsable américain.
La nouvelle donne israélienne qui inquiète Obama
Très certainement ce beau monde taira dans le cas israélien ses phobies doctrinales au nom de la « spécificité de l’Etat hébreu », dont ils font le justificatif indiscutable à tout ce qui se fait et commet chez lui de contraire avec leurs convictions « de démocrates ennemis de tous les extrémismes ».
En Israël, Benyamin Netanyahu, le Premier ministre de droite pressenti pour former le nouveau cabinet gouvernemental, est arrivé à constituer une majorité parlementaire en obtenant le ralliement à sa coalition, très fortement marquée à droite, du Parti travailliste (socialiste). La composition du nouvel exécutif israélien va être donc rendue publique incessamment.
De l’avis des spécialistes des questions politiques en Israël, il va être celui avec lequel les Palestiniens et la communauté internationale auront la plus grande difficulté à essayer de faire redémarrer le processus de négociation en vue d’un accord sur le conflit israélo-palestinien. Cette appréciation pessimiste est corroborée par le président américain Barack Obama, qui a avoué mardi que cette nouvelle donne gouvernementale israélienne « n’allait pas rendre plus simple la paix avec les Palestiniens ». Lequel Obama a toutefois promis que son pays ferait pression sur le cabinet Netanyahu en faveur d’un Etat palestinien. Il est à espérer que ces pressions dont parle le président américain seront aussi radicales que celles que son pays exerce sur l’Autorité palestinienne, présidée par Mahmoud Abbès, pour la dissuader de conclure un accord de gouvernement de consensus national avec le mouvement islamiste du Hamas.
La coalition rassemblée par Netanyahu est composée, aux côtés de son parti de droite le Likoud, du Parti travailliste (socialiste), d’Israël Beiteinou (extrême droite nationaliste), du Shass (religieux ultra-orthodoxe) et probablement du Foyer juif, formation d’extrême droite proche des colons installés en Cisjordanie, territoire palestinien.
A l’exception du Parti travailliste qui entretient le flou sur ses positions concernant la paix avec les Palestiniens sur la base du principe de l’existence des deux Etats séparés, toutes les formations constitutives de cette coalition sont opposées à ce principe, d’aucunes allant jusqu’à prôner la purification de l’Etat israélien et des territoires occupés de toute présence des Palestiniens.
L’acceptation du Parti travailliste de participer dans ce rapport de force avec des formations aussi ouvertement ancrées dans l’extrême droite, mues par des visions racistes et opposées à tout dialogue avec les Palestiniens, n’en fait apparaître que plus usurpée l’auréole de partisan d’une solution pacifique et juste du problème palestinien qui lui a été tressée aux Etats-Unis et en Europe.
Il serait curieux de savoir comment les socialistes européens, dont ce parti est membre de leur Internationale, vont réagir au choix qu’il a fait de participer dans le gouvernement israélien aux côtés de la droite et de l’extrême droite, dont ils se refusent à tout contact avec ses pendants européens ou autres. Au point, entre autres, qu’ils s’apprêtent à proposer un changement du statut interne du Parlement européen uniquement pour empêcher que si le président du FN français, Jean-Marie Le Pen, est élu aux prochaines élections législatives européennes, il ne puisse, au bénéfice de l’âge, présider la séance inaugurale de cette institution.
Mais très certainement que ce beau monde taira dans le cas israélien ses phobies doctrinales au nom de la « spécificité de l’Etat hébreu », dont ils font le justificatif indiscutable à tout ce qui se fait et commet chez lui de contraire avec leurs convictions « de démocrates ennemis de tous les extrémismes ». De Kharroubi Habib.
Lionel Jospin : « Le plan anti-crise est sous-dimensionné »
Les étudiants de Sciences Po Lille sont mobilisés contre les réformes actuelles de l'Éducation. Photo Ludovic Maillard
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Après Alain Juppé il y a 15 jours, c'est un autre ancien Premier ministre qui était en terres lilloises lundi. Invité par les étudiants de Sciences Po Lille, Lionel Jospin a livré son diagnostic de la crise.
Ses apparitions en public sont rares depuis un certain 21 avril 2002. Lionel Jospin était à Sciences Po Lille lundi soir et pour les étudiants c'était un événement. Amphi comble, la voix qui tremble un peu au moment de poser des questions à l'ancien Premier ministre : l'émotion était au rendez-vous. Comme un coup d'oeil dans le rétro, les années Jospin...
Mais c'est pour évoquer un sujet hautement d'actualité que Lionel Jospin était là : la crise. Une crise multiforme qu'il s'est employé à décortiquer.
La crise financière, tout d'abord. « Rémunération excessive des acteurs de la finance, sous-estimation systématique du facteur risque, manque de surveillance, insuffisances des agences de notation et passivité des banques centrales et des États » : le diagnostic est posé. Lionel Jospin poursuit son raisonnement : en 2005, le PIB mondial représentait 44 000 milliards de dollars, les transactions sur les marchés des changes 566 000 milliards de dollars et les transactions sur les produits dérivés... 1 406 000 milliards de dollars. Trente fois plus que le PIB mondial. Conclusion de Lionel Jospin : l'économie réelle et le système financier sont déconnectés l'un de l'autre. La finance est passée de la couverture du risque à une finance de la spéculation. Et cette crise financière peut durer si les créances douteuses mettent trop de temps à être éliminées du système.
Réguler la finance mondiale Cette crise financière, par effet de contagion, se double d'une crise économique. Et Lionel Jospin pronostique trois à quatre années difficiles. Et plus si les réponses apportées sont incomplètes. « Le plan du gouvernement est sous-dimensionné et mal équilibré », estime-t-il. Pour lui, il manque un volet sur la consommation.
Le docteur Jospin donne son ordonnance. « Il faut rétablir un rapport raisonnable entre l'économie réelle et financière. » Et pour cela, une seule solution à ses yeux : réguler la finance mondiale. E.G.
Barack Obama au Congrès pour défendre son budget
Barack Obama s'est rendu mercredi au Capitole pour des discussions destinées à convaincre les parlementaires du Congrès d'adopter son projet de budget de 3.600 milliards de dollars (2.653 milliards d'euros).
Barack Obama devait rencontrer les parlementaires démocrates, majoritaires dans les deux chambres alors que les commissions du budget de la Chambre des représentants et du Sénat se sont attaquées à la délicate tâche de concilier le plan de dépenses élaboré par le président avec les leurs.
Devant les estimations plus importantes du déficit, les présidents des commissions du budget de chaque chambre ont été forcés de réduire les demandes de Barack Obama pour les programmes intérieurs.
Le président de la commission du budget du Sénat, Kent Conrad, a présenté un projet qui éliminerait les réductions d'impôts pour les classes moyennes, l'une des mesures-phare promises par Barack Obama pour passer d'un déficit estimé à 1.700 milliards (1.252 milliards) cette année à un déficit de 508 milliards (374 milliards) en 2014.
Au passage, le projet du Sénat ferait expirer à la fin de l'année prochaine le système de crédit d'impôt de Barack Obama, "Faire que le travail paye", qui permet des réductions de 400 dollars (294 euros) pour la majeure partie des employés et 800 pour les couples. Ces réductions avaient été inclues dans le plan de relance de 787 milliards de dollars (579 milliards d'euros) de Barack Obama adopté séparément par le Congrès le mois dernier. AP
Barack Obama prône une action mondiale pour combattre la crise
WASHINGTON - Le président Barack Obama a préconisé une action "audacieuse, globale et coordonnée" pour stopper le ralentissement économique mondial, peu avant de donner une conférence de presse pour expliquer sa stratégie de relance à une opinion éprouvée par la récession.
Barack Obama préconise une action "audacieuse, globale et coordonnée" pour stopper le ralentissement économique mondial. Dans une tribune libre publiée par 30 journaux à travers le monde, le président américain incite les dirigeants du G20 à emboîter le pas aux Etats-Unis en s'appliquant à stimuler leurs économies jusqu'au retour de la demande à l'échelle internationale. (Reuters/Larry Downing)
Dans une tribune libre publiée par 30 journaux à travers le monde, Barack Obama incite les dirigeants du Groupe des Vingt principaux pays industrialisés (G20) à emboîter le pas aux Etats-Unis en s'appliquant à stimuler leurs économies jusqu'au retour de la demande à l'échelle internationale.
"Nous traversons une période de défis économiques mondiaux auxquels ne peuvent répondre ni des demi-mesures ni les efforts d'un seul pays, quel qu'il soit", écrit-il en prévision du sommet du G20 auquel il participera le 2 avril à Londres.
"Il est de la responsabilité des dirigeants du G20 de prendre une initiative audacieuse, globale et coordonnée qui rende non seulement possible une reprise, mais ouvre une ère nouvelle d'engagement économique afin d'empêcher qu'une telle crise se reproduise."
Confronté à la colère de l'opinion devant la pratique des "bonus" et à son scepticisme au sujet de l'orientation donnée aux Etats-Unis, Barack Obama exposera sa stratégie devant la presse à 20h00 (mercredi 01h00 GMT). Il s'agira de sa première conférence de presse à une heure de grande écoute depuis le 9 février et de sa deuxième depuis son investiture le 20 janvier.
Elle a lieu au lendemain de l'annonce par son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, d'un plan censé débarrasser les bilans des banques de leurs actifs à risque. Ces actifs "toxiques" impossibles à évaluer avec certitude ont enrayé le marché du crédit et plongé l'économie mondiale dans la crise.
Les places boursières ont salué ce plan, dont certains experts mettent cependant l'efficacité en doute. Barack Obama, qui l'a présenté comme "un élément crucial de notre reprise", devrait revenir mardi soir sur le sujet ainsi que sur les autres volets de sa politique économique.
DIALOGUE CONTINU
"Le président juge qu'un dialogue continu avec le peuple américain sur ce que nous avons fait et la direction que nous prenons est nécessaire, surtout dans une période comme celle-ci", a dit Robert Gibbs, porte-parole de la Maison blanche.
Barack Obama, a-t-il ajouté, parlera de ses efforts pour stabiliser le système financier, prévenir les saisies immobilières et favoriser l'accès au crédit, ainsi que des projets de réforme des méthodes de régulation financière.
"Que les Américains apprécient ou non les décisions qu'il prend, il est important qu'ils comprennent pourquoi il les prend", a ajouté Gibbs.
Barack Obama pourrait aussi s'exprimer sur son projet de budget 2010, qui prévoit 3.550 milliards de dollars de dépenses avec un déficit géant annoncé à plus de 1.000 milliards. Les parlementaires républicains et certains alliés démocrates d'Obama jugent excessive l'ampleur des dépenses.
Le débat budgétaire a été estompé ces derniers jours par la polémique autour des 165 millions de dollars de primes versées par AIG à ses principaux cadres dirigeants alors que le géant américain de l'assurance a été sauvé de la faillite par l'injection d'environ 180 milliards de dollars de fonds publics.
Barack Obama a dû s'élever contre les primes à plusieurs reprises durant la semaine écoulée tout en repoussant des appels à la démission de Timothy Geithner motivés par le fait que ses services étaient informés à l'avance de ces versements.
Le président américain estime que son projet de budget sera crucial dans la sortie de crise et qu'il pose les fondations d'une croissance future à base d'investissements dans les énergies renouvelables, l'éducation et la réforme de la santé.
"Il s'agit d'un volet central de la stratégie globale pour la croissance de notre économie", a-t-il dit samedi lors de son allocution radiophonique hebdomadaire.
Barack Obama propose une relation apaisée à l'Iran par Matt Spetalnick
WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a proposé vendredi à l'Iran un "nouveau départ" dans leurs relations diplomatiques afin de tourner la page de trois décennies de politique américaine hostile vis-à-vis de Téhéran.
Son message a pris la forme inédite d'un enregistrement vidéo destiné à être diffusé sur plusieurs chaînes du Moyen-Orient à l'occasion de la fête de Norouz - le nouvel an du calendrier iranien célébré à l'arrivée du printemps.
"J'aimerais m'adresser directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d'Iran. Nous cherchons la promesse d'un nouveau départ", a dit Obama.
Le président américain a reconnu la difficulté de la tâche mais s'est dit prêt à tendre la main à l'Iran s'il consentait à "desserrer le poing".
"Mon administration est désormais dévouée à une diplomatie incluant l'ensemble des questions qui se présentent à nous, en vue de nouer des liens constructifs", a déclaré Obama, employant un ton conciliant qui tranche singulièrement avec la rhétorique privilégiée par son prédécesseur George Bush.
Il s'agit du geste le plus spectaculaire du président américain à l'attention de la République islamique depuis sa prise de fonctions le 20 janvier dernier.
Les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec Téhéran il y a près de trente ans. Washington soupçonne l'Iran de poursuivre un programme nucléaire militaire pour se doter de l'arme atomique et lui reproche de soutenir des organisations islamistes dans des pays tiers.
L'administration Obama a déjà fait part de sa volonté de reprendre des contacts diplomatiques avec l'Iran, isolé par l'équipe Bush qui l'avait placé au coeur de son "Axe du Mal".
De son côté, le président iranien Mahmoud Ahmadinhejad s'était dit disposé à discuter avec les Etats-Unis si ces derniers opérait un virage politique envers de son pays.
DÉMONTRER SA "GRANDEUR"
L'invitation adressée à l'Iran en vue de la conférence internationale sur l'Afghanistan qui se tiendra fin mars à La Haye a été interprétée comme le premier signe d'un assouplissement des relations entre les deux pays.
"Ce processus n'avancera pas grâce aux menaces. Nous attendons plutôt un engagement honnête et fondé sur le respect mutuel", a prévenu Obama dans son message.
Il y a affirmé que les Etats-Unis souhaitaient voir Téhéran prendre "sa place de droit dans la communauté des nations" mais insisté sur le partage des efforts à fournir pour que cela se réalise.
"Vous avez ce droit, mais il s'accompagne de grandes responsabilités et cette place ne saura être prise par le terrorisme ou les armes, plutôt par des actions pacifiques qui démontrent la grandeur réelle du peuple et de la civilisation iraniens", a dit le président américain.
"L'échelle de cette grandeur n'est pas la capacité à détruire, c'est la capacité manifeste à créer et construire", a-t-il encore souligné, évoquant là le programme nucléaire que l'Iran présente comme une activité civile.
La Maison blanche a posté la vidéo sur son site internet et distribué les exemplaires aux chaînes de la région avec des sous-titres en farsi pour démontrer le sérieux de cette main tendue.
La volonté de dialogue affichée par Obama, y compris avec les ennemis des Etats-Unis, a été saluée par la communauté internationale qui y perçoit une rupture totale avec la "diplomatie de cowboy" de l'administration Bush, illustrée par la guerre en Irak.
Le président américain n'a pas formulé d'offres particulières dans son message, mais a souhaité que "l'avenir permette des échanges renouvelés entre nos peuples et de grandes opportunités de partenariat et commerciales".
Il a reconnu que cela ne serait pas facile et invité l'Iran à retirer son soutien aux organisations considérées comme terroristes par Washington et à ne plus faire usage d'un "langage belliqueux" à l'encontre d'Israël.
Les relations diplomatiques irano-américains ont été rompues par Washington après la crise des otages de 1979-1981, lorsque 52 diplomates américains ont été retenu dans leur ambassade pendant 444 jours par des militants étudiants iraniens. Version française Grégory Blachier
Obama veut éviter que le scénario d'AIG se reproduise.
Webmaster : La façon dont le journaliste de France 2 au journal de 20h du 19/03/09, David Pujadas a annoncé le titre de cette affaire, mon cœur a fait boum. Croyant que le jeune président américain était d’accord avec le groupe AIG... Drôle de journaliste ! Le correspondant de France 2 aux Etats Unis Alain Chavron a dit dans son commentaire que Barack Obama a essayé de calmer le jeu. Or, David Pujadas affirmait que c’était le premier désamour entre Obama et le peuple Américain. C’est indigne de vouloir annoncer coute que coute, des nouvelles destructrices. A lire les informations relatives ci-dessous.
Preuve que la tourmente autour d'AIG n'est pas près de se calmer, le président américain, Barack Obama, s'est publiquement exprimé sur cette affaire, mercredi 18 mars devant la presse. Après avoir qualifié les primes accordées par l'assureur, après son sauvetage par le gouvernement, d'"emploi inapproprié de l'argent du contribuable", M. Obama a promis que son administration explorait "tous les moyens possibles" pour récupérer cet argent.
Parmi ces moyens pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, la création d'un organisme doté d'une autorité sur les institutions comme l'assureur AIG, calqué sur le modèle de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp), l'agence de garantie des dépôts bancaires.
"Il est déjà scandaleux que nous nous retrouvions à réparer les dégâts causés par AIG", a déclaré le président américain, à peine quelques heures après que le directeur général d'AIG eut justifié le versement des bonus incriminés pour un montant de 165 millions de dollars.
Devant le Congrès, Edward Liddy avait en effet affirmé qu'ils étaient nécessaires à cause "des réalités implacables de la concurrence pour les clients, les revenus et les employés". Mais quelques minustes à peine après les déclarations du président, M. Liddy a assuré les représentants américains qu'il demanderait aux cadres d'AIG de rendre "au moins" la moitié des primes. Il a toutefois refusé de nommer les cadres qui ont perçu ces bonus, affirmant craindre pour leurs vies après avoir reçu des menaces de mort.
M. Obama en a également profité pour défendre à nouveau son secrétaire d'Etat au trésor, Timothy Geithner, contesté pour sa gestion d'un dossier alors qu'il était président de la Fed de New York. Mardi, M. Geithner avait abandonné l'idée de sauver l'assureur et avait accéléré son démantèlement.
Fabius et Jospin tirent à boulets rouges sur le retour complet dans l'Otan.
Deux anciens Premiers ministres socialistes, Lionel Jospin et Laurent Fabius, se sont mobilisés mardi pour dénoncer le retour complet de la France dans l'Otan qui fait l'objet d'un débat et d'un vote sans risque pour le gouvernement dans l'après-midi à l'Assemblée.
Cette décision "va nous banaliser dans le monde occidental", a déclaré M. Jospin. "Nous pouvons rester amis avec les Américains sans leur être subordonnés".
"Cela n'a que des avantages illusoires mais des risques bien réels", a ajouté M. Fabius, qui sera l'orateur du groupe PS à l'Assemblée sur ce sujet.
"Rien ne justifie que nous allions derrière les Etats-Unis, de nous aligner sur eux", a ajouté la première secrétaire du PS Martine Aubry lors de cette conférence de presse à laquelle participait aussi le président du groupe PS Jean-Marc Ayrault.
Le Premier ministre François Fillon engage la responsabilité du gouvernement mardi devant l'Assemblée sur la politique étrangère de la France et son retour complet dans l'Otan, lors d'un vote sans risque qui devrait voir les récalcitrants de l'UMP rentrer dans le rang. Le PS va voter contre la politique du gouvernement.
Barack Obama veut empêcher le versement des bonus d'AIG
"Inadmissible", "scandaleux"... L'annonce des primes versées par l'assureur américain AIG aux responsables de ses activités financières a suscité un tollé aux Etats-Unis. Et pour cause : le groupe doit verser 450 millions de dollars de primes aux responsables de sa chute.
Ces bonus sont destinés aux dirigeants des activités financières de la filiale londonienne AIG Financial Products, à l'origine de ses pertes historiques de 99,3 milliards de dollars en 2008. La presse américaine s'est rapidement emparée de l'affaire. "Qu'on les traîne devant la justice. Qu'ils aillent en enfer !" s'emporte Rola Cook de Molalla, dans le Los Angeles Times. Les lecteurs "crient vengeance", renchérit Doug Feaver sur son blog dot.comments, hébergé par le Washington Post.
Sensible au mécontentement de l'opinion publique, le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Lawrence Summers, a vertement critiqué sur la chaîne ABC dimanche la conduite de l'assureur américain. "Beaucoup de choses terribles se sont passées au cours des dix-huit derniers mois, mais ce qui s'est passé chez AIG est tout bonnement scandaleux".
"VINDICTE POPULAIRE"
Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, s'est plaint de cette situation dans une lettre au président d'AIG, Edward Liddy, nommé par le gouvernement en septembre après la quasi-faillite du groupe. Ce dernier l'admet volontiers : le versement de ces primes est "de mauvais goût et difficile à recommander". Mais l'entreprise a signé des contrats, et doit les honorer.
Un argument légal qui ne convainc pas les contribuables américains. Face à l'indignation grandissante de la population, le New York Times met en garde l'équipe Obama. "Il ne faut pas sous-estimer la puissance de la vindicte populaire en période de tension économique", explique Robert Reich, professeur à Berkeley. La vague de colère qui s'est abattue sur Wall Street pourrait bien éclabousser la nouvelle administration.
Décidé à calmer le jeu, Barack Obama a annoncé lundi que la présidence emploierait tous les moyens légaux pour empêcher le versement des primes. Depuis la Maison Blanche, il a déclaré que la compagnie d'assurance était en état de "détresse financière à cause de comportements inconsidérés et de l'appât du gain". "Dans ces conditions, il est difficile de comprendre comment des traders de produits dérivés chez AIG ont pu mériter de quelconques primes, a fortiori 165 millions" en rémunérations supplémentaires. Elise Barthet
Les Etats-Unis vont gagner la "guerre économique", selon des conseillers d'Obama
Deux des principaux conseillers économiques du président américain Barack Obama ont défendu dimanche l'action de l'administration pour sauver le secteur bancaire, affirmant que les Etats-Unis sortiraient victorieux de la "guerre économique".
"Sur le plan de sauvetage financier, nous avons fait énormément", a affirmé Christina Romer, qui dirige l'équipe de conseillers économiques de la Maison Blanche, sur la chaîne de télévision NBC.
"C'est une guerre économique. Nous n'avons pas encore gagné. Nous avons mené une formidable bataille", a-t-elle dit, indiquant que le secrétaire au Trésor Timothy Geithner allait proposer "très bientôt" une solution pour débarrasser les banques de leurs créances douteuses.
Lawrence Summers, directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche, a annoncé de son côté que le gouvernement présenterait lundi un plan d'aide au crédit des petites entereprises en collaboration avec le secteur bancaire.
Cela "augmentera le flux du crédit vers les petites entreprises, un secteur crucial où le crédit fait défaut. Et cela a contribué au chômage", dont le taux a atteint 8,1% en janvier, a-t-il expliqué sur la chaîne CBS.
Quant au plan de sauvetage du secteur financier, le président Obama et son secrétaire au Trésor "ont posé les grandes lignes, et je suis tout à fait certain que nous verrons les détails de ce plan émerger d'ici peu", a-t-il assuré.
Selon les analystes, les banques américaines sont grevées par 2.000 milliards de dollars d'actifs douteux. L'administration a promis un programme doté de 500 milliards de dollars pour nettoyer les comptes des banques mais elle compte aussi sur des apports de capitaux privés.
En revanche, la mise sur pied d'un organisme public pour reprendre les actifs douteux, comme cela avait été fait dans les années 80 au moment de la crise des caisses d'épargne aux Etats-Unis, serait une solution de "dernier recours", a dit M. Summers.
Tim Geithner préfère "créer un véhicule qui permettra aux banque de vendre ces actifs, non pas au secteur public mais au secteur privé, qui pourrait recevoir une sorte de garantie financière de la part du gouvernement", a-t-il expliqué.
Politique scientifique Barack Obama affirme sa volonté de réconcilier science et politique
La promulgation le 9 mars par le Président Obama d'un décret autorisant le financement des recherches sur les cellules souches embryonnaires a fait grand bruit. A cette occasion, il a également signé une directive dont le but est d'isoler la science des interférences politiques au sein du gouvernement fédéral. Dans son discours, Barack Obama a rappelé que protéger la science ce n'est pas seulement fournir des ressources, c'est également protéger une recherche libre et ouverte. Il affirme qu'il faut écouter ce que les scientifiques ont à dire, en particulier lorsque cela dérange et assurer que les données scientifiques ne sont jamais déformées ou dissimulées pour servir un agenda politique.
Le Président donne au directeur de l'"Office of Science and Technology Policy" (OSTP) 120 jours pour recommander un plan d'action visant à : - empêcher que les employés du gouvernement suppriment ou altèrent les résultats scientifiques. - rendre accessibles au public les informations scientifiques développées et utilisées par le gouvernement fédéral. - assurer la transparence dans la préparation, l'identification et l'utilisation des informations scientifiques dans la prise de décision politique. - fonder les nominations aux postes scientifiques dans la branche exécutive sur les connaissances, les qualifications, l'expérience et l'intégrité des lauréats. - assurer que les informations scientifiques prises en compte dans les décisions politiques fassent l'objet d'un processus scientifique bien établi y compris le cas échéant d'une révision par les pairs. - mettre en place des procédures permettant d'identifier les occasions où le processus scientifique ou l'information technologique sont compromis ainsi que des mécanismes de protection pour ceux qui dénoncent les infractions.
A première vue, il peut sembler étonnant de devoir réaffirmer ces principes avec tant de force. En fait, il s'agit là de la volonté du Président Obama de se démarquer des agissements qui avaient cours au sein de l'Administration Bush. En effet, les démocrates du Congrès et les scientifiques ont à maintes reprises dénoncé le fait que la Maison Blanche avait déformé ou supprimé des informations scientifiques dans des domaines tels que la contraception, la qualité de l'air, le réchauffement climatique d'origine anthropique ou encore les espèces menacées.
La Commission de la Réforme du Gouvernement de la Chambre des Représentants a par exemple passé 16 mois à examiner l'utilisation par l'Administration Bush de données scientifiques sur le changement climatique. Elle a publié un rapport en 2007 documentant un effort systématique de la Maison Blanche de censurer les scientifiques experts du climat en contrôlant leur accès à la presse et en altérant les témoignages apportés devant le Congrès. Par ailleurs, l'"Union of Concerned Scientists", l'une des organisations les plus actives dans la dénonciation de ce type de pratiques maintient une liste de A à Z de cas de "politisation de la science".
La directive s'inscrit dans la lignée de signaux très positifs envoyés par le Président Obama à la communauté scientifique et a été accueillie avec enthousiasme. Cependant, comme le rappellent des experts tels qu'Alan Leshner, le directeur de l'"American Association for the Advancement of Science", ou encore Marcy Darnovsky du "Center for Genetics and Society", il faut bien garder à l'esprit que les scientifiques ne font pas la politique mais que la politique est faite sur la base de faits et de valeurs. Pour Yuval Levin de l'"Ethics and Public Policy Center" dans la politique scientifique, la science informe mais la politique gouverne, et à juste titre. Il revient ainsi aux politiques d'équilibrer les connaissances offertes par la science avec d'autres priorités - qu'elles soient économiques, stratégiques ou morales.
Il n'en reste pas moins que cette directive représente un tournant important vers un nouveau respect des résultats scientifiques dans la prise de décisions politiques. Il faudra encore attendre quatre mois pour connaître les détails du plan d'action de John Holdren dont la confirmation par la Sénat à la tête de l'OSTP est en attente.
Otan: les députés PS entendront Lionel Jospin avant le vote du 17 mars
Le groupe PS à l'Assemblée nationale auditionnera l'ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin (1997-2002) mardi 17 mars, juste avant le débat et le vote à l'Assemblée sur la réintégration totale de la France dans l'Otan, a-t-on appris mardi auprès d'un de ses porte-parole.
François Fillon a décidé jeudi dernier d'engager la responsabilité de son gouvernement sur la politique étrangère, et donc sur l'épineux dossier du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan.
Ce retour de la France dans l'Otan "s'inscrit dans le cadre d'une politique globale destinée à renforcer notre sécurité et à développer l'influence et le rayonnement de la France en Europe et dans le monde", a écrit le Premier ministre dans une lettre, rendue publique par Matignon, aux chefs de file PS à l'Assemblée et au Sénat, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel.
M. Jospin était Premier ministre en 2001 quand la France a envoyé des troupes en Afghanistan sous un mandat de l'Otan.
Tout en participant aux instances politiques, la France a quitté le commandement militaire de l'Alliance atlantique en 1966. Son retour doit être officiel lors du sommet à Strasbourg et Kehl (Allemagne) début avril. La gauche s'oppose en France à ce retour.
Pourquoi Obama veut négocier avec les talibans
Il l'a dit.
Enfin, diront certains.
Catastrophe, diront d'autres.
Dans une interview au "New York Times", Barack Obama se dit prêt à négocier avec certains talibans, les "modérés" qui ne soutiennent pas le jihad international et qui pourraient se retourner contre Al Qaida.
Cette stratégie, mise au point par le général Petraeus, a marché, dit-il, en Irak. "Il pourrait y avoir des opportunités comparables en Afghanistan et dans certaines régions du Pakistan".
Pourquoi cette annonce maintenant, au moment même où le nouveau président s'apprête à envoyer 17 000 hommes en renfort sur place?
Je vois quatre explications.
1/ Barack Obama prend acte, avec réalisme, de l'échec de la contre-insurrection. "Non" a-t-il répondu à la question "Sommes-nous en train de gagner en Afghanistan?".
Pour ne pas s'enferrer dans un bourbier, un nouveau Vietnam, il s'agit de trouver une voie de sortie honorable, et donc de lancer très vite des négociations de paix.
Avec qui?
Forcément les ennemis. Donc les talibans. Ou une partie d'entre eux.
2/ L'Amérique s'est enfin fixé un objectif en Afghanistan. Cela fait longtemps que ses alliés demandent à Washington quel est son "end game" là bas, autrement dit à quoi la Maison Blanche veut que l'Afghanistan ressemble dans un délai raisonnable.
Barack Obama l'a dit hier clairement: ce pays ne doit plus être un sanctuaire pour les terroristes.
Ni plus, ni moins.
Il n'est donc plus question d'y bâtir une démocratie et un Etat moderne, comme le martelaient George Bush et Nicolas Sarkozy.
3/ Le sommet de l'Otan de début avril doit arrêter une nouvelle stratégie pour l'Alliance atlantique. En affichant d'ores et déjà sa politique, le président américain cadre les débats et s'attache le soutien des très nombreux Européens qui ne sont prêts à s'engager plus avant en Afghanistan (militairement ou civilement) que si une solution politique est en vue.
4/ Barack Obama veut aussi apporter un soutien indirect au président Karzaï, candidat à sa propre succession en août prochain, et qui a d'ores et déjà engagé des discussions avec des talibans via l'Arabie Saoudite.
Mais il s'agit d'un soutien très conditionnel, puisque, d'une part, dans l'interview, le président américain se plaint de l'inefficacité du gouvernement central afghan et, que d'autre part, il refuse de discuter avec les talibans extrémistes, alors que Karzaï a fait des ouvertures jusqu'au fameux mollah Omar.
Hillary Clinton renoue avec Moscou à Genève
Hier soir à Genève, lors de leur première rencontre, Hillary Clinton avait apporté à Sergueï Lavrov un bouton rouge de «redémarrage» symbolique de la relation américano-russe. Crédits photo : AFP
La secrétaire d'État américaine a eu vendredi soir sa première rencontre avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.
Ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire des relations entre la Russie et les États-Unis. Si les résultats du premier rendez-vous bilatéral entre Hillary Clinton et Sergueï Lavrov sont limités, les ambitions affichées, elles, ne le furent pas. Avant leur rencontre, vendredi soir à Genève, la nouvelle secrétaire d'État américaine avait fait parvenir une lettre à son homologue russe lui exprimant son souhait de « reprogrammer» les liens avec Moscou, après les tensions qui ont prévalu sous l'Administration Bush. Symboliquement, Hillary Clinton a d'ailleurs apporté avec elle vendredi soir un gros bouton rouge «redémarrage». La matière, au menu de leur dîner à Genève, ne manquait pas, de l'Iran à l'Afghanistan, en passant par la Géorgie, le désarmement ou le bouclier antimissile. Washington et Moscou se sont dits prêts à se mettre très rapidement au travail.
La détente s'est amorcée jeudi, avec la reprise du dialogue formel entre la Russie et l'Otan gelé l'été dernier après l'opération militaire russe en Géorgie. Toutefois, quelques heures avant le rendez-vous, Hillary Clinton n'a pas caché que des désaccords subsisteraient. L'heure n'en est pas moins au réalisme. Comme son prédécesseur, Barack Obama a besoin du soutien de la Russie sur les dossiers nucléaires iranien et nord-coréen.
Relancer le désarmement
Déterminés à augmenter leur effort militaire en Afghanistan, les États-Unis veulent aussi pouvoir convoyer du matériel vers Kaboul via la Russie, une nécessité d'autant plus grande que le Kirghizistan vient de décider la fermeture de la base américaine hébergée sur son sol, ainsi que des autres facilités que Bichkek accordait aux pays de l'Otan. Moscou est réceptif à une coopération sur l'Afghanistan, les experts russes craignant que l'islamisme des talibans se propage dans les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale.
Pour rétablir la confiance avec Moscou, l'Administration Obama cherche aussi à relancer les négociations sur le désarmement et la non-prolifération nucléaire, des sujets «qui seront au cœur de notre politique étrangère», a rappelé hier Hillary Clinton. Washington veut ainsi remettre sur les rails les pourparlers sur le renouvellement du traité de réduction des armes stratégiques (Start-1), qui expire fin 2009. Les perspectives sont plutôt propices, le Kremlin étant demandeur d'avancées dans ce domaine. «Nous ferons tout pour conclure ce traité», a confirmé, hier, le ministre russe avant d'ajouter : «Je pense que nous pouvons arriver à un accord sur les armes offensives et les systèmes antimissiles.»
Ce bouclier antimissile, que Washington souhaite installer en Pologne et en République tchèque, est une sérieuse pierre d'achoppement. Sans y renoncer a priori, l'Administration Obama entend remettre «sur une piste sérieuse» le dialogue avec la Russie sur ce projet en lui faisant valoir qu'il n'est pas dirigé contre elle mais contre la menace d'«États voyous» comme l'Iran.
Même si le nouveau chef de la Maison-Blanche a démenti tout deal formel, Washington a offert à Moscou de ralentir le déploiement de ce bouclier antimissile en échange d'une aide accrue de la Russie pour amener Téhéran à renoncer à l'enrichissement d'uranium.
La Russie a toutefois indiqué qu'elle n'entendait pas faire le lien entre le bouclier antimissile et le nucléaire iranien. Les États-Unis pressent néanmoins la Russie de renoncer à «vendre des missiles sol-air perfectionnés à l'Iran», en invoquant que cette perspective «constitue une menace pour la Russie aussi bien que pour l'Europe». «Nous prenons pleinement en compte les préoccupations exprimées par nos partenaires américains», a expliqué hier Sergueï Lavrov. Un argument que Barack Obama ne manquera pas de faire valoir lorsqu'il rencontrera son homologue russe Dmitri Medvedev, le 2 avril, dans le cadre du G20 à Londres.
Obama: "tous les piliers en place pour une reprise cette année"
WASHINGTON (AFP) — Le président Barack Obama s'est voulu rassurant sur la situation économique estimant, dans un entretien publié samedi par le New York Times, que "tous les piliers de la reprise" seraient en place cette année et que les fonds pour stabiliser le système financier seraient suffisants.
"Notre conviction et notre attente sont que nous aurons tous les piliers en place pour une reprise cette année", a déclaré le président américain à bord d'Air Force One vendredi.
"Combien de temps cela prendra-t-il avant que la reprise ne se traduise par un marché de l'emploi plus fort dépendra d'un grand éventail de facteurs", ajoute le président. "Je ne pense pas que quiconque puisse lire dans une boule de cristal", note-t-il dans cette interview diffusée sur le site du journal.
Le président Obama évoque également la nécessité d'une coordination avec les autres pays "parce que ce qu'une partie de ce que nous voyons en ce moment sont des faiblesses en Europe qui sont en réalité plus importantes qu'ici et qui ricochent vers nous et ont un impact sur nos marchés".
M. Obama qui envisage de dépenser 250 milliards de dollars supplémentaires pour sauver les banques américaines, estime que cette nouvelle provision inscrite au budget devrait suffire.
"Nous allons nous assurer que le système financier est stabilisé avec les ressources à disposition. Nous pensons que les 250 milliards sont une bonne estimation et n'avons pas de raison de réviser cette estimation dans le budget", a-t-il indiqué.
Interrogé sur le fait de savoir si l'administration était prête à laisser une nouvelle grande institution financière mettre la clé sous la porte et s'il était certain de ne pas devoir faire de nouveaux appels de fonds au Congrès, le président a assuré: "nous ferons tout ce qu'il faut pour éviter cela".
Pressé de questions sur la nature de sa politique, le président Obama s'est défendu d'être socialiste. "Quand vous regardez le budget, la réponse est non", dit-il au journaliste. "Si vous regardez du côté des recettes que nous proposons, nous revenons essentiellement aux taux d'imposition qui existaient dans les années 1990 où, si je me souviens bien, les riches se portaient très bien".
"Etes-vous socialiste ou libéral ?", insiste le journaliste du New York Times. "Je ne vais pas me lancer dans cette discussion", coupe court le président dans un premier temps.
Le journal raconte que, visiblement dérangé par la question, Barack Obama a rappelé quelques instants plus tard les journalistes pour leur faire valoir: "ce n'est pas sous ma direction que nous avons commencé à racheter des parts de banques".
"Le fait que nous devions prendre ces mesures extraordinaires et intervenir n'est pas une indication de ma préférence idéologique mais une indication de l'ampleur du manque de régulation et des risques extravagants qui ont précipité la crise", a-t-il dit.
Barack Obama en visite en Normandie avec Nicolas Sarkozy ?
Débarquement en Normandie ?
La France attend toujours la première visite du 44ème président des Etats-Unis. Cela pourrait se faire sur une plage de Normandie.
Le lieu, s’il est adopté, n’est pas un choix anodin. Barack Obama pourrait venir en France le 3 avril prochain pour une première rencontre officielle dans notre pays avec son homologue Nicolas Sarkozy. Une visite qui pourrait avoir lieu en Normandie, sur les plages du débarquement en 1944 et qui ont vu des milliers de soldats américains tomber sous les cartouches allemandes pour sauver l’Europe du nazisme.
Un symbole fort de l’amitié franco-américaine, mise à mal depuis quelques années, après le refus de notre pays d’entrer en guerre en Irak avec l’administration Bush.
Au Quai d’Orsay, cette visite porte déjà un nom qui en dit long : Obama Beach. Une référence à la plage d’Omaha Beach, qui fut l’un des théâtres les plus sanglants du débarquement allié. On imagine que le 44ème président des Etats-Unis se rendra au cimetière des soldats tombés au champ d’honneur, un lieu de pèlerinage pour des millions d’Américains.
Cette rencontre entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama se ferait ainsi à la veille du sommet de l’Otan à Strasbourg. Pas sûr que ce dernier ait le temps de se rendre dans un bon petit resto pour se taper des tripes à la mode de Caen.
Etats-Unis: Obama engage l'effort de réforme du système de santé
WASHINGTON (AFP) — Le président Barack Obama a lancé lundi l'ambitieux et difficile chantier visant à donner une couverture médicale à tous les Américains en nommant une nouvelle secrétaire à la Santé et en créant un poste de haut responsable chargé de la réforme.
M. Obama a annoncé avoir choisi Kathleen Sebelius, gouverneure du Kansas (centre), pour diriger le secrétariat à la Santé, une administration responsable de grands programmes de couverture sociale, de la recherche médicale ou de la sécurité alimentaire.
M. Obama a nommé Nancy-Ann DeParle, une ancienne de l'administration Clinton qu'il a présentée comme l'une des expertes les plus éminentes sur la question, au poste nouveau de directrice du Bureau chargé de la réforme du système de santé à la Maison Blanche.
M. Obama convoquera jeudi un "sommet" réunissant les parties prenantes à une réforme du système de santé et engagera l'effort pour tenir une de ses grandes promesses de campagne: donner une couverture médicale aux près de 50 millions d'Américains qui en sont dépourvus.
La réforme constitue un "impératif moral", mais aussi un "impératif budgétaire" pour l'Etat, a dit M. Obama en présentant Mmes Sebelius et DeParle.
Un million d'Américains ont perdu leur couverture médicale chaque année depuis huit ans et son prix, dans un système combinant les financements public et privé, cause une faillite toutes les 30 secondes en Amérique, a-t-il dit.
Mais c'est aussi un "danger grandissant" pour l'Etat: "La couverture médicale est l'une des dépenses qui augmentent le plus vite dans le budget fédéral, c'est une dépense que nous ne pouvons tout simplement plus supporter", a-t-il dit.
M. Obama a ainsi fait de la réforme du système de santé un élément central de son premier budget, qu'il a présenté jeudi. Il y a fait figurer un fonds de 634 milliards de dollars sur dix ans pour financer la couverture santé. L'administration indique qu'il s'agit là d'un acompte sur ce qui, selon un chiffre communément cité, pourrait revenir à mille milliards de dollars.
Mmes Sebelius et DeParle seront aux avant-postes de la réforme, que M. Obama compte financer par des augmentations d'impôts et plus de rigueur dans la gestion de l'argent public.
Mme Sebelius, gouverneur du Kansas depuis 2003, arrive avec de sérieuses références. M. Obama s'attend à ce que sa réforme provoque une vive bataille politique et il a relevé que Mme Sebelius, gouverneur démocrate dans un Etat républicain, incarnait un esprit de coopération avec ses adversaires. Il a aussi fait valoir son expérience des questions de santé.
Mme Sebelius a soutenu M. Obama tôt dans la course à l'investiture pour la présidentielle et son nom a été cité comme une possible colistière.
Elle n'est qu'un second choix à la Santé. Celui que M. Obama avait d'abord choisi, Tom Daschle, s'était désisté à cause d'une affaire d'impôts impayés.
M. Daschle n'aurait pas seulement été secrétaire à la Santé. Il aurait aussi dirigé le Bureau chargé de la réforme.
M. Obama a donc scindé les attributions.
La désignation de Mme Sebelius, qui devrait être confirmée sans difficulté par le Sénat, a quand même donné lieu à de farouches objections chez les adversaires républicains de M. Obama. Ceux-ci l'ont présentée comme une championne d'une fiscalité lourde alors que le budget de M. Obama se signale déjà selon eux pour un accroissement de la pression fiscale contrecarrant la reprise économique.
Sommet UE-USA avec Obama le 5 avril à Prague
Le président américain Barack Obama a accepté une invitation à participer à un sommet entre les Etats-Unis et les dirigeants de l'UE le 5 avril à Prague, a annoncé dimanche le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'UE.
Photographe : Mandel Ngan AFP/Archives :: Le président américain Barack Obama le 27 février 2009
"M. Obama a accepté l'invitation (de la République tchèque) à Prague au début d'avril", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles.
"Cela se tiendra le 5 avril et il y aura un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE d'une part, et M. Obama d'autre part", a-t-il ajouté.
Les Tchèques avaient évoqué depuis plusieurs mois leur volonté d'organiser un tel sommet durant leur présidence de l'Union européenne mais une incertitude demeurait. Ce sommet UE-USA se tiendra juste après celui de l'Otan en France et en Allemagne début avril.
Notre mission en Irak sera terminée au 31 août 2010", annonce Barack Obama
La guerre américaine en Irak n'est pas finie. Le pays "n'est pas encore en sécurité" a reconnu le président américain Barack Obama, mais, "d'ici au 31 août 2010, notre mission sera terminée", a-t-il annoncé vendredi 27 février devant les marines du camp Lejeune en Caroline du Nord. "J'ai fixé un calendrier qui prévoit le retrait de nos brigades de combat dans les dix-huit prochains mois", a-t-il précisé.
Au nombre de quatorze, ces brigades représentent environ 55 000combattants. Si leur départ s'effectue au rythme espéré, ce mouvement devrait pouvoir entraîner le retrait concomitant de 30 000 à 40 000 soldats supplémentaires appartenant à la logistique. La veille de cette annonce, en recevant des parlementaires démocrates et républicains à la Maison Blanche pour leur présenter son plan de retrait, Barack Obama n'a toutefois pas exclu de "réviser" son calendrier en cas de besoin.
Selon le plan initial, une majorité des 142 000 soldats présentement engagés dans le corps expéditionnaire envoyé en Irak en mars 2003 par l'administration Bush, pourraient avoir quitté le pays dans les dix-huit mois.
Ce calendrier va légèrement au-delà des "seize mois" de délai promis par le candidat Obama durant sa campagne pour, disait-il, "mettre un terme" à une guerre qui a déjà coûté quelque 1 000 milliards de dollars (788,8 milliards d'euros) au contribuable américain. Ce calendrier "est celui que le chef d'état-major interarmées, le général Michael Mullen et moi-même souhaitions", a commenté Robert Gates, le secrétaire à la défense qui occupait déjà ce poste dans la dernière période de l'administration Bush. Les commandants de terrain, en particulier le général Raymond Odierno qui a succédé à David Petraeus à la tête du contingent en Irak, craignaient qu'un retrait en seize mois menace les succès obtenus depuis 2007 en termes de sécurité publique, invariablement qualifiés de "fragiles".
Certes, les élections régionales du 31 janvier se sont déroulées sans violence notable, les forces irakiennes ayant démontré qu'elles pouvaient maintenir l'ordre. Mais des élections générales sont prévues pour la fin 2009 et les Américains, de même que plusieurs experts irakiens, ne sont pas absolument certains qu'elles seront aussi pacifiques. Les groupes d'insurgés arabes sunnites n'ont pas encore désarmé, notamment ceux qui se réclament d'Al-Qaida. L'armée américaine, secondée par les Irakiens, conduit d'ailleurs quasi quotidiennement de violents raids contre eux dans le centre-nord du pays. Et d'autres dangers menacent.
Beaucoup redoutent en particulier les fortes tensions qui éclatent sporadiquement entre le gouvernement central dirigé par Nouri Al-Maliki et le pouvoir autonome kurde de Massoud Barzani qui, au nord du pays, cherche à étendre son territoire jusqu'à y inclure, entre autres, la ville pétrolière de Kirkouk. "La violence continuera à faire partie du quotidien en Irak", a averti, vendredi, le président Obama. "Trop de questions politiques fondamentales concernant son avenir restent sans réponse", a-t-il ajouté. Il se référait notamment à la loi sur un partage équitable des ressources pétrolières qui n'a toujours pas été agréée par les partis politiques et les dix-huit provinces du pays. De plus, a encore dit le président, "la baisse des revenus du pétrole va accentuer la pression sur un gouvernement qui avait déjà des difficultés à assurer les services publics essentiels à ses administrés." Le budget 2009 a déjà dû être revu deux fois à la baisse ces derniers mois.
En ces circonstances, et "durant cette période sensible" a précisé Robert Gates, l'option d'un retrait étalé sur dix-huit mois "fournit le nombre maximal de forces disponibles au général Odierno", s'est-il félicité. Il a aussi réaffirmé son "intention de retirer tous les soldats américains d'Irak au 31 décembre 2011", conformément à l'accord conclu fin 2008 avec les Irakiens.
S'adressant directement à eux depuis le camp Lejeune, Barack Obama a profité de son discours pour leur répéter que les Etats-Unis ne nourrissent "aucune prétention sur LEUR territoire ou LEURS ressources. Nous respectons votre souveraineté et les énormes sacrifices que vous avez consentis pour votre pays", a-t-il ajouté. L'Amérique veut "un transfert complet des responsabilités vers les autorités d'Irak", a conclu le président.
La veille, au Conseil de sécurité des Nations unies, l'ambassadrice américaine Susan Rice avait expliqué que la réduction de l'effort militaire américain en Irak "ne diminue en rien le soutien à long terme de l'Amérique pour un Irak souverain, stable, démocratique et prospère qui soit une force de paix dans une région turbulente". La nouvelle administration entend ainsi "encourager d'autres pays à se joindre à l'effort de stabilisation de la région". L'ouverture vers l'Iran, ancien rival et puissant voisin de l'Irak, reste à concrétiser. Patrice Claude.Les têtes de liste du PS aux élections européennes
Au Congrès, Obama promet à l'Amérique qu'il la sortira plus forte de la crise
Le président Barack Obama a promis mardi à des Américains inquiets la réforme et la rigueur en leur assurant dans son premier grand discours programme que leur pays sortirait plus fort de sa pire crise économique depuis des décennies.
"Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée; nous vivons des temps difficiles et incertains; mais ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci: nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir, et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant", a dit M. Obama.
Après les années passées à repousser les décisions difficiles, "l'heure de vérité a sonné, et le moment est venu de prendre en charge notre avenir", a-t-il dit dans son discours solennellement adressé aux deux chambres réunies du parlement, et au-delà aux Américains.
Il a affirmé la nécessité de "sacrifices" pour réduire de moitié d'ici à la fin de son mandat en 2013 un déficit fédéral qui pourrait dépasser le chiffre faramineux de 1.500 milliards de dollars cette année.
Mais il a aussi utilisé cette tribune exceptionnelle et ce discours équivalant à l'allocution annuelle sur l'état de l'Union pour dire sa volonté de mener à bien cette année une grande réforme de la couverture sociale.
Il a promis de faire en sorte que l'Amérique ait à nouveau d'ici à 2020 le plus fort taux d'universitaires diplômés au monde et d'augmenter les impôts sur les nantis.
Elu sur la promesse du changement, il a promis d'investir dans les nouvelles technologies et dans les énergies renouvelables pour construire une nouvelle économie. Et il a pressé le Congrès de lui soumettre de nouvelles réglementations pour le système financier et une loi imposant des quotas d'émissions des gaz à effet de serre.
Mais l'Etat doit apurer son découvert, a-t-il dit.
Son premier budget, qu'il présentera jeudi pour l'année 2010, éliminera les contrats sans appel d'offre qui ont coûté des milliards en Irak et réformera le budget de la Défense "pour que nous n'ayons pas à payer pour des systèmes d'armes qui datent de la Guerre froide et dont nous ne nous servons pas", a-t-il dit.
Ce budget, reflet de la "réalité crue" de la crise dont il a hérité, taillera dans les programmes inutiles ou inopérants et son gouvernement a déjà identifié 2.000 milliards de dollars d'économies possibles sur 10 ans, a-t-il déclaré. M. Obama s'est employé à dresser un tableau "honnête" selon son administration de la crise: "L'impact de cette récession est réel, et il est partout".
L'inquiétude est allée grandissant, cependant, devant le risque que l'évaluation trop sombre de la situation à laquelle s'est prêté M. Obama depuis cinq semaines ne sape un éventuel rétablissement.
La réaction des marchés aux mesures d'urgence auxquelles M. Obama s'est consacré au cours de son premier mois a été défavorable.
M. Obama a dit aux Américains qu’ils n’avaient pas à craindre pour leurs dépôts bancaires et que leur "système financier continuerait à opérer". Il a dit qu'il veillerait à ce que les banques aient assez d'argent pour prêter et favoriser la consommation.
Les Américains pensent en majorité qu'il faudra des années pour sortir du marasme le plus profond depuis les années 30. Mais ils paraissent prêts à laisser du temps à M. Obama, qui a trouvé la crise en arrivant. Selon un sondage pour le Washington Post et ABC, 68% d'entre eux approuvent son action.
Les affaires étrangères ont été reléguées au second plan. Mais M. Obama s'est félicité que l'Amérique ait ouvert "une nouvelle ère de dialogue" avec le monde.
Les Américains plébiscitent Obama et son plan de relance, selon un sondage
WASHINGTON (AFP) — Les Américains paraissent satisfaits de leur président Barack Obama et sont largement favorables au plan de relance qu'il a fait adopter par le Congrès, selon les résultats d'un sondage publiés vendredi.
Selon ce sondage de l'institut Opinion Research pour la chaîne de télévision CNN, 67% des Américains approuvent la manière dont M. Obama, qui marque vendredi son premier mois à la Maison Blanche, s'acquitte de son rôle de président, contre 29% qui la désapprouvent.
58% des personnes interrogées estiment que le nouveau président a répondu à leurs attentes contre 23% qui affirment qu'il les a déçues et 16% qui assurent qu'il les a dépassées.
A propos du gigantesque plan de relance de l'économie promulgué mardi par M. Obama, 60% des sondés se disent favorables à ce plan de 787 milliards de dollars, contre 39% qui s'y opposent.
49% des personnes interrogées estiment que l'adoption de ce plan au Congrès constitue "une victoire majeure" pour M. Obama.
Une petite majorité (53%) estime que le plan apportera "une amélioration importante" à la situation économique.
Mais les deux-tiers (67%) ne s'attendent pas à ce que le plan de relance améliore leur situation financière personnelle.
Sondage mené par téléphone auprès de 1.046 adultes du 18 au 19 février, avec une marge d'erreur de plus ou moins 3 points.
Verrouillé par Lionel, le piège se referme sur Nicolas
L’excellent article de François Bonnet sur l’implosion du pouvoir dresse un constat cruel mais lucide de la désintégration du gouvernement de la République. Désintégration orchestrée depuis l’Elysée, dit l’auteur. On peut y voir la main du président élu, en plein désarroi dans des difficultés imprévues. Ou bien les signes avant-coureurs d’une crise institutionnelle dont tous les grands partis se sont évertués jusqu’ici à nier l’éventualité.
Dans l’esprit et l’usage originel de la Vème République, la fonction de Premier Ministre est subordonnée à l’autorité du Président. Tous les grands partis ont pris acte de cette subordination de fait, sans trop se soucier du possible désaccord entre un gouvernement responsable devant le Parlement élu et un Président politiquement irresponsable. Ils ont donc fait de l’élection présidentielle « l’événement directeur de la vie politique en France », au détriment des élections législatives pourtant fondatrices de la représentation parlementaire.
C’est dans cet esprit que Nicolas Sarkozy, fêtant sa victoire au Fouquet’s, a passé son téléphone portable à François Fillon en le présentant à son correspondant « Je vous passe mon premier ministre » Le « mon » était révélateur. Dans le même esprit, entre les deux tours, l’autre finaliste avait proposé le même poste à François Bayrou comme on appâte un ralliement avec un poste de premier adjoint dans un chef-lieu d’arrondissement. Dans un camp comme dans l’autre régnait la conviction que la victoire aux présidentielles justifiait le mépris du suffrage aux législatives à venir, voire la prise d’hypothèque sur leur résultat.
Quelques mois plus tard, dans un forum sur les institutions j’entendais un éminent disciple du Dr Pangloss célébrer les vertus de la Constitution de la Vème République. Voyez, disait-il, comme elle a su s’adapter à toutes les évolutions de l’opinion. Quand, au hasard du calendrier, la majorité parlementaire n’était pas du même parti que le Président, un accord de cohabitation permettait au gouvernement de gouverner tout en laissant le président présider. Sur ces mots Candide se serait dit in petto: "Voilà en effet un régime fort proche de celui des démocraties de nos voisins européens, ce qui prouve par raison suffisante que tout va pour le mieux dans la meilleure des Républiques."
Mais notre homme- à l’époque membre de la commission de réforme des institutions- poursuivait : Cependant, dans l’esprit de cette Constitution, il importe que le Président ait autorité sur le gouvernement lui-même responsable devant le Parlement. C’est pourquoi nous avons, avec Lionel Jospin, proposé de ramener le mandat présidentiel à cinq ans, comme celui de l’Assemblée Nationale et de faire précéder les élections législatives par les Présidentielles.
Je ne reviendrai pas sur les conséquences de l’inversion du calendrier pour le Parti Socialiste.
D’autres l’ont déjà fait, bien mieux que je ne saurais le faire. Mais que tout citoyen attaché aux valeurs démocratiques m’accorde que cette mesure, censée ramener le régime à son inspiration originelle, a gravement réduit le caractère modéré que lui donnaient ses salutaires imperfections.
Cette configuration du calendrier électoral permet au président de définir ou redéfinir la ligne politique du gouvernement aussi arbitrairement qu’il choisit ses intervieweurs à la télévision. En effet il peut remanier le gouvernement à sa guise jusqu’à la fin de son quinquennat, aucune élection législative même partielle (mid-term aux Etats-Unis) ne pouvant le priver du soutien de la majorité parlementaire d’ici-là. C’est commode mais c’est dangereux, car si la volonté populaire ne peut pas s’exprimer dans les urnes pendant tout ce temps, elle peut le faire dans la rue.
Autre danger dans ce contexte : la conviction maintes fois proclamée par le nouveau président que » s’il ne fait pas tout lui-même, rien ne marche » Tous ses prédécesseurs avaient été assez prudents pour mettre en avant leur premier ministre en position de fusible. A l’opposé, l’article de François Bonnet révèle un style de gouvernance téméraire et brouillon, sans garde-fou ni fusible.
Reconnaissons au moins à Nicolas Sarkozy l’initiative d’une révision de la Constitution, quoique les résultats de celle-ci en soient bien maigres, entre autres : -La limitation à deux mandats (souhaitons qu’il termine le premier dans la paix civile) -L’augmentation des pouvoirs du Parlement (contestée par l’opposition, mais, bon..) -L’ajout à l’Article 16 sur les pouvoirs exceptionnels d’une limitation à 30 jours d’exercice sans contrôle de ces pouvoirs par le Président.
Cependant l’Article 16 n’est quand même pas supprimé. On ne sait jamais… ça peut servir.
Barack Obama fait escale au Canada
Le premier voyage à l'étranger de Barack Obama s'est déroulé au Canada, conformément à la tradition. Un séjour chargé de symboles.
C'est un symbole dont la portée n'échappera à personne. A la descente d'Air Force One pour son premier voyage à l'étranger, le président Barack Obama était attendu, le 19 janvier, par la Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean. Un président noir américain côte à côte avec la représentante d'Elisabeth, reine du Canada, noire également - elle est d'origine haïtienne.
Sur la Colline parlementaire à Ottawa, le chef d'Etat américain a reçu un accueil digne d'une rock star. Le Premier ministre canadien est, selon la tradition, le premier hôte des nouveaux occupants de la maison Blanche. Seul George W. Bush avait dérogé à la règle, en préférant, après son intronisation, se rendre au Mexique. Ce qu'on lui avait reproché au nord.
Ottawa attend beaucoup de la nouvelle administration démocrate. L'avenir de l'industrie automobile américaine est un sujet d'inquiétude partagé: les sous-traitants sont nombreux de l'autre côté de la frontière.
Le Canada craint, plus que jamais, que la fièvre protectionniste ne s'empare de son voisin. Il faudra ensuite tenter de s ‘accorder sur la question de la limitation des émissions de gaz carbonique - l'actuel premier ministre conservateur Stephen Harper se satisfaisait de l'inaction des républicains Quid de l'Afghanistan, enfin, où sont tombés de nombreux soldats canadiens? Pour Obama, ce premier tête- à -tête à l'étranger aura valeur de test sur ce qu'attendent de lui ses alliés.
Les principales mesures du plan de relance Obama
Les deux chambres du Congrès américain ont adopté vendredi le projet de plan de relance de l'administration Obama, d'un montant global de 787 milliards de dollars (611 milliards d'euros). Ce plan prévoit 500 milliards de dollars de dépenses et 287 milliards d'allègements fiscaux, selon les derniers calculs du Congrès.
Voici les principales mesures d'allégement fiscal prévues par le plan:
SALARIES, CONSOMMATEURS ET RETRAITES :
- Un crédit d'impôt remboursable susceptible d'atteindre 400 dollars par personne (800 pour un couple) en 2009 et 2010 pour les salaires inférieurs à 75 000 dollars (58 000 euros) par an.
- Un chèque de 250 dollars aux bénéficiaires du dispositif de "Social Security" (couverture maladie pour les bas revenus), les retraités du transport ferroviaire et les pensionnés de guerre, ainsi que certains retraités de la fonction publique.
- L'augmentation du crédit d'impôt pour les foyers à bas revenus comptant trois enfants et plus.
- Un nouveau crédit d'impôt de 2 500 dollars pour les dépenses d'éducation supérieure pour les salaires inférieurs à 80 000 dollars (62 000 euros).
- Un crédit d'impôt de 8 000 dollars applicable pour tout premier achat d'un bien immobilier en 2009, pour les salaires inférieurs à 75 000 dollars.
ENTREPRISES :
- Les petites entreprises, de moins de 15 millions de dollars de chiffre d'affaires, pourront imputer rétroactivement d'éventuelles pertes subies en 2008 sur les bénéfices des cinq années précédentes.
- Une augmentation des déductions fiscales des investissements en informatique et autres équipements.
- Des déductions fiscales pour les entreprises rachetant des dettes sous leur valeur d'émission, pour la période 2009-2011.
- Une déductibilité partielle des plus-values réalisées sur la vente de participations dans de petites entreprises à condition qu'elles aient été détenues pendant au moins cinq ans.
- Le texte prévoit de générer sept milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires en annulant une décision prise l'an dernier par le Trésor qui a eu pour effet d'accrotre les avantages fiscaux liés aux fusions-acquisitions.
ETATS ET COLLECTIVITES LOCALES :
- Création d'une nouvelle catégorie d'obligations assorties d'avantages fiscaux pour le financement d'investissements dans la formation professionnelle, l'éducation et le développement économique dans certaines régions.
- Création d'une nouvelle catégorie d'obligations assorties d'avantages fiscaux destinées à financer la construction ou la rénovation d'établissements scolaires, ou l'acquisition du foncier destiné à les accueillir.
- Création d'une aide fédérale destinée aux collectivités locales et aux Etats émettant des obligations assurant aux souscripteurs des crédits sur leurs impôts fédéraux plutôt que le versement d'un coupon.
ENERGIES RENOUVELABLES :
- Extension des avantages fiscaux dont bénéficient les installations de production d'énergies renouvelables ou destinés à favoriser leur développement.
- Crédit d'impôt d'au moins 2 500 dollars pour l'achat de véhicules électriques, dont le montant dépendra de la capacité de la batterie utilisée.
Adoption du plan de relance US, 1er succès législatif d'Obama
WASHINGTON - Le Congrès américain a offert vendredi soir au président Barack Obama le premier succès législatif de son mandat en adoptant un important plan de relance de l'économie d'un montant global de 787 milliards de dollars.
Le Congrès américain a offert vendredi soir au président Barack Obama le premier succès législatif de son mandat en adoptant un important plan de relance de l'économie d'un montant global de 787 milliards de dollars. (Reuters)
Le Sénat, à majorité démocrate, s'est prononcé par 60 voix pour et 38 contre sur ce texte qu'Obama voulait voir approuvé avant le week-end et qui était le résultat d'un compromis obtenu par les négociateurs des deux chambres.
Le vote des sénateurs intervenu en fin de soirée a confirmé la tendance qui s'était dégagée, plus tôt dans la journée, lorsque les représentants avaient soutenu le texte à une confortable majorité de 246 contre 183.
Ce vote met fin à plusieurs semaines de débats au Congrès sur la meilleure manière de relancer une économie dont le taux de chômage atteint 7,6% et où la crise bancaire a provoqué un gel des prêts.
"Cela ne va pas résoudre nos problèmes en une nuit", a dit Daniel Inouye, président de la commission sénatoriale des crédits budgétaires, peu avant le vote final.
"C'est le début d'un processus... Cela doit donner à l'Amérique la confiance dans notre capacité de surmonter cette crise", a-t-il ajouté.
Le vote du Sénat a été légèrement retardé en raison de l'absence du sénateur démocrate de l'Ohio, Sherrod Brown, qui a assisté aux funérailles de sa mère avant de revenir à Washington dans la soirée.
Brown a fourni le 60e vote favorable pour obtenir la majorité qualifiée requise pour l'adoption du plan.
Obama devrait maintenant parapher rapidement le texte et remplir ainsi sa promesse de relancer l'économie américaine en offrant des réductions d'impôts pour stimuler la consommation et des dépenses publiques pour favoriser la production.
Les démocrates espèrent que ce plan permettra de créer 3,5 millions d'emplois.
Si l'adoption de ce texte constitue une victoire pour Obama, ce dernier n'a toutefois pas réussi à convaincre les républicains, puisque pas un seul d'entre eux n'a voté en faveur du texte à la chambre et que seuls trois sénateurs y ont apporté leur soutien.
"Je crois que nous devons noter que cette loi marque le plus grand changement dans notre politique intérieure depuis les années 30", a estimé David Obey, président de la commission des crédits budgétaires à la Chambre des représentants. Version française Pierre Sérisier
Obama remet l’emploi au cœur de son plan de relance
En « prime time » et en direct de la Maison-Blanche. Barack Obama a tapé du poing sur la table, lundi soir, à Washington, pour sa première conférence de presse. A la veille d’un vote du Sénat sur son plan de relance de 800 milliards de dollars, il a voulu prendre directement à témoin le peuple américain face à l’obstructionnisme des républicains. En arguant de l’urgente nécessité de la relance face à la gravité de la crise économique, il cherche à mettre le Congrès au pied du mur. C’est aussi une manière de répondre aux critiques sur les effets pervers de son « approche bipartisane ».
« Mon administration a hérité d’un déficit de plus de 1.000 milliards de dollars. Parce que nous avons aussi hérité de la crise économique la plus profonde depuis la Grande Dépression, ne rien faire résulterait en déficits encore plus graves qui pourraient transformer une crise en catastrophe », a lancé Barack Obama. De retour d’une tournée dans l’Indiana, où le taux de chômage est passé de 4,7 % à 15,3 % en un an, il a aussi brandi le spectre du « précédent japonais » dans les années 1990, où un plan de relance « pas assez rapide et énergique » s’est traduit par une « décennie perdue » en termes de croissance. Tout en reconnaissant que « nul plan n’est parfait », il a exhorté la Chambre et le Sénat à « réconcilier » leurs textes. En outre, il estime que ceux qui « ont présidé au doublement de la dette nationale » en huit ans sont bien mal placés pour critiquer un plan d’investissement destiné à créer ou sauvegarder 4 millions d’emplois. « Si tout va bien, au début de l’année prochaine, nous pourrons commencer à voir une amélioration significative », a pronostiqué Barack Obama en soulignant que le succès du plan se mesurera par son effet sur l’emploi.
Allégements fiscaux
Il reste désormais quelques jours à la chambre et au Sénat pour tenter d’harmoniser leurs versions respectives du plan de relance avant le 16 février. Au final, la version approuvée hier par le Sénat (827 milliards de dollars) est d’une taille comparable à celle de la chambre des représentants (819 milliards de dollars). Mais leur composition diffère : la chambre haute a réduit de 40 milliards de dollars le niveau des transferts aux Etats fédérés et a rogné de 16 milliards de dollars un programme de rénovation des écoles avancé par la chambre des représentants. En revanche, sous la pression des républicains, le Sénat a inclus davantage d’allégements fiscaux visant à encourager l’achat d’automobiles ou de logements. Avec ses 58 sièges et le soutien de trois sénateurs républicains qui se sont ralliés au texte, la majorité démocrate au Sénat est assurée d’obtenir les 60 voix nécessaires à un passage sans délai du texte à la Chambre haute. Mais celui-ci pourrait être encore retardé ou modifié au cours de la navette parlementaire. Les Echos
L'accord sur le plan de relance, une victoire pour Obama.
Victoire à l'arraché au Congrès pour Barack Obama. Dans la nuit de vendredi à samedi, les démocrates du Sénat sont parvenus à un accord avec un petit groupe de républicains modérés sur le gigantesque plan de relance géant concocté par son équipe pour tenter de sortir les Etats-Unis de la crise.
"Les Américains veulent que nous travaillions ensemble. Ils ne veulent pas nous voir divisés de manière partisane alors qu'une crise aussi grave touche le pays", a souligné la sénatrice du Maine Susan Colins, l'un des trois républicains modérés qui ont rompu les rangs et annoncé qu'ils voteraient en faveur du plan.
Les républicains considèrent le plan Obama trop dépensier et lui reprochent de ne pas comporter assez de baisses d'impôts.
Les dirigeants démocrates ont exprimé l'espoir que les concessions faites aux républicains et aux modérés démocrates avaient levé les derniers obstacles à l'adoption du texte. Aucun vote officiel n'était attendu cependant avant lundi.
Dans sa version sénatoriale, le plan de relance s'élèverait à 780 milliards de dollars (603,5 milliards d'euros), en combinant réductions d'impôts et nouvelles dépenses, y compris les 1.000 dollars (773,7 euros) de rabais fiscal promis aux couples qui travaillent. D'autres allégements fiscaux sont prévus pour les Américains achetant des maisons et des voitures neuves. Les dépenses iront principalement aux victimes de la récession, en allocations-chômage, soins médicaux et bons alimentaires.
C'est donc bien moins que le plan à 819 milliards de dollars (environ 633,7 milliards d'euros) adopté par les représentants.
L'accord a été annoncé après une journée d'intenses négociations au cours de laquelle le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, et le secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, ont tenté de rallier suffisamment de voix pour obtenir l'adoption du plan.
Les démocrates sont majoritaires au Sénat par 58 contre 41, y compris deux indépendants. Mais le vote du plan de relance nécessite une majorité qualifiée de 60, car son adoption creuserait le déficit budgétaire.
La majorité démocrate de la Chambre des représentants aura permis à ces derniers de faire passer leur version du plan de relance, mais sans aucune voix républicaine. Mais au Sénat, l'affaire était plus délicate. Si le plan des sénateurs est adopté en l'état, il restera encore à réconcilier les deux versions... et Barack Obama, passé cette première victoire, n'en a pas encore fini pour convaincre et rapprocher les positions.
Depuis son investiture le 20 janvier, le nouveau président, qui espérait signer au plus vite ce plan de relance, a passé au lieu de cela trois semaines à batailler avec un Congrès réticent. Il n'a cessé de tendre la main aux républicains et de faire des gestes en leur direction, au nom du sauvetage de l'économie américaine. Mais il a aussi commencé à hausser le ton, à la hauteur des enjeux.
Le taux de chômage américain a atteint en janvier, 7,6%, son niveau le plus élevé depuis 1974, alors qu'on estime à 3,6 millions le nombre de personnes qui se sont retrouvées sans emploi depuis le début de la récession.
Ces chiffres "exigent l'action", a décrété Barack Obama vendredi. Et de juger "inexcusable et irresponsable de s'enliser dans des diversions et des retards (au Congrès, NDLR) pendant que des millions d'Américains perdent leur travail". "Le Congrès doit agir, et agir maintenant", a-t-il ajouté.
La semaine prochaine, le président devait également porter son message auprès de la population, avec des réunions publiques explicatives du plan de relance prévues dans des villes moyennes frappées par la crise: Elkhart, dans l'Indiana, et Fort Myers, en Floride.
Ce plan est jugé indispensable par la Maison Blanche pour lutter contre la récession et il est par ailleurs le premier test législatif de la présidence Obama. L'accord au Sénat est donc une première victoire et une première étape pour Obama, et pour les parlementaires démocrates qui s'étaient engagés à apporter un texte à la signature du président à la fin de la semaine prochaine. AP
Lionel Jospin, La crise / par Alain Sueur
L’ancien Premier ministre, retiré de la vie politique, a formalisé dans cet article donné à une revue de réflexion de centre-gauche une conférence faite à Louvain en novembre 2008. Il a le grand mérite de la clarté sur ces questions complexes que les media englobent sous le vocable bateau de « la crise ». Il a le grand mérite aussi de recadrer l’économie dans son ensemble culturel et mondial, de parler d’économie « politique ». Les économistes se voudraient des scientifiques et, ce faisant, aiment à quantifier et à parer de modèles mathématiques leur discipline. C’est oublier que l’économie n’est pas une science exacte comme la physique, mais beaucoup plus une science humaine comme la sociologie ou l’histoire. Le comportement humain n’est quantifiable que jusqu’à un certain point. Il est surtout prodigieusement malléable, par l’éducation, par les émotions, par le vivre ensemble. Recadrer les phénomènes économiques dans leur ensemble politique est nécessaire et Lionel Jospin le fait ici très bien.
Son discours s’articule en trois parties : l’enchaînement de la crise, ses trois dimensions, et les trois actions qu’il faut mener pour en sortir. Il conclut sur divers scénarios d’évolution et un appel pour « la social-démocratie ». Peu importe qu’on soit sur cette même ligne politique ou non, l’important est que les éléments du débat soient clairs. Le socialisme démocratique est une voie parmi d’autres en lice, mais on aimerait que ses partisans aient la rigueur et l’humilité analytique de Lionel Jospin pour défendre leur foi. Trop souvent en effet, le parti-pris idéologique l’emporte sur l’analyse et sur le concret des mesures. A cet égard, les propositions faites par le Président de la République jeudi soir pour répondre en partie à la crise ont le mérite d’être sur la table pour être débattues. On aimerait que les socialistes aient l’ampleur de vue de Lionel Jospin et la balance équitable d’Olivier Duhamel, ce vendredi dans ‘Les Matins de France-Culture’. Que la foi (légitime) sorte de la mauvaise foi (stérile). Peut-on, en effet, s’exclamer que le Président n’a rien décidé, souverainement et tout de suite, et l’accuser en outre de décider de tout en bonapartiste ? Au-delà de la pose théâtrale, il s’agit d’agir ensemble – c’est cela la démocratie.
Pour Lionel Jospin, l’histoire a jugé : « Le communisme est mort comme espérance avec le goulag et il a disparu comme mode de production avec la dislocation de l’URSS. Personne ne souhaite l’instauration de la planification centralisée, de l’économie étatisée et de l’allocation administrative des biens et des services. Cette forme d’organisation économique a failli. On n’y reviendra pas. » En revanche, preuve en a été donnée : « Le marché est la technique d’échange et d’allocation des ressources la plus souple et la plus efficace. Mais une technique ne fait pas un mode de production. On peut très bien concevoir une économie de marché qui ne soit pas sous la domination du capital. » Voilà qui est clair, Lionel Jospin en appelle à une économie régulée, fondée sur les valeurs de chaque société, avec l’État en représentant des citoyens.
D’où vient la crise actuelle ? Du divorce entre l’économie réelle et la sphère financière. Lionel Jospin cite les chiffres établis par François Morin de la Banque de France : économie réelle 44 milliers de milliards de dollars / sphère financière 2024 milliers de milliards de dollars. Le château de cartes de la finance rend impuissant la production et le travail à maîtriser à eux seuls l’économie.
L’enchaînement s’est mis en place par la libération des taux de change (en 1971 Nixon supprime la convertibilité du dollar en or) et par la dérégulation financière qui a enlevé aux politiciens de chaque État la tutelle des taux d’intérêt pour la confier à des Banques centrales indépendantes (dans les années 1980). Lionel Jospin ne juge pas ces événements (en soit utiles), il en tire seulement les conséquences : la fluctuation des monnaies et la fluctuation des taux ont fait naître des contrats de couverture à terme, germes des produits dérivés de plus en plus sophistiqués dont l’effet de levier produit aujourd’hui un violent retour de manivelle. L’idée initiale de couverture était neuve et saine ; sa dérive a été la spéculation – laissée à ses démons. Ni les hedge funds, ni les crédits risqués subprimes, ni les prêts à court terme aux pays du tiers-monde n’ont été encadrés ou contrôlés. D’où les crises financières à répétition des 15 dernières années (Mexique, Japon, Asie, Russie, Brésil, Argentine). Ces crises étaient restées périphériques ; la crise actuelle surgit au cœur du système : aux États-Unis.
Elle a trois dimensions :
1. financière - La sphère hypertrophiée et opaque des montages financiers est devenue incontrôlable. 2. économique –« Le capitalisme financier l’a emporté sur le capitalisme productif (…) La sphère financière est devenue prédatrice et opère une ponction exorbitante sur l’activité productive ».
3. sociale –« Elle concerne la répartition des revenus. La financiarisation de l’économie a provoqué une déformation de la distribution des revenus entre les différents groupes sociaux », mettant à mal le compromis social-démocrate établi après la crise de 1929 et la guerre 1939-45.
Que faire ? « A court terme, renflouer, à moyen terme, réguler ; à long terme, réformer. »
• Sur le court terme, l’intervention massive des États est nécessaire pour éviter une banqueroute généralisée. « Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas d’autres recours que ces pouvoirs légitimes, dotés de souveraineté, représentatifs des peuples et, à ce titre, capables de lever des ressources. »
• Sur le moyen terme, la régulation sera mondiale ou ne sera pas. Au G20 de négocier les compromis utiles ; à l’UE des 27 de s’entendre préalablement sur un socle commun. Il portera sur les agences de notation, les fonds spéculatifs et les places offshore. Il examinera les normes comptables obligatoires des banques pour qu’elles n’accentuent plus les excès (modèles quantitatifs d’évaluation, titrisation). Il devra responsabiliser les acteurs et augmenter les contrôles, redonner un rôle au FMI. Le G20 avec le nouveau Président américain aura lieu en avril.
• Sur le long terme, il sera nécessaire de réformer le système économique qui favorise cet écart croissant entre réel et financier. Ce serait le rôle des Nations Unies. Une négociation monétaire mondiale devrait tenter d’instaurer des rapports plus stables. Le rôle hégémonique du dollar devrait être revu : « A l’extérieur, les différents pays doivent supporter l’appréciation ou la dépréciation du dollar (avec des implications commerciales) en fonction d’une politique pour l’essentiel définie à Washington. A l’intérieur, assurées de voir financer leurs déficits budgétaire et commercial grâce aux capitaux replacés aux États-Unis par les pays pétroliers et la Chine, les autorités américaines ont favorisé un endettement croissant des ménages américains. »
Des trois scénarios de conclusion, le premier (en U) serait une reprise en 2010 – il est celui privilégié pour l’instant par les places financières.
Le second (en L) est celui d’une récession longue, à la japonaise, sur plusieurs années. Le troisième (en \) serait celui d’une véritable dépression avec chute cumulative de la production, du travail, des revenus et de la psychologie. Aux trois dimensions citées plus haut par Lionel Jospin (financière, économique, sociale) il faudrait alors en ajouter deux autres : politique et internationale. Comme quoi tout montre que l’économie ne peut décidément pas être abstraite des sociétés ni des relations géopolitiques. On sait ce qu’il est advenu de la crise de 1929 dans les pays fragiles (Italie, Japon, Allemagne) : en politique populisme et montée des extrêmes, donc protectionnisme et exaltation nationale qui ont abouti aux guerres pour les ressources, « l’espace vital » et la puissance. Lionel Jospin n’en parle pas – souhaitons que nous n’en arrivions pas là.
Barack Obama se dote d'un conseil consultatif sur l'économie.
WASHINGTON - Barack Obama a confié vendredi à Paul Volcker la direction d'un conseil consultatif pour l'aider à conduire sa politique de relance de l'économie et reconstruire le système financier américain.
Barack Obama a confié à Paul Volcker la direction d'un conseil consultatif pour l'aider à conduire sa politique de relance de l'économie et reconstruire le système financier américain. (Reuters/Jim Young)
La mise en place de ce Conseil consultatif de relance économique intervient dans une période noire pour l'emploi aux Etats-Unis, où le taux de chômage a atteint 7,6% en janvier - un record depuis 1992 - après la suppression de 598.000 postes.
"Il est inexcusable et irresponsable de rester enlisé dans les circonvolutions et les retards pendant que des millions d'Américains sont privés d'emploi", a déclaré le nouveau locataire de la Maison blanche. "Il est temps maintenant que le Congrès agisse".
Barack Obama avait annoncé la création de ce conseil en novembre, expliquant alors qu'il entendait le bâtir sur le modèle du Conseil du renseignement extérieur, créé sous la présidence Eisenhower pour conseiller la Maison blanche.
Barack Obama a nommé 15 membres au sein de cette instance, choisis parmi des dirigeants d'entreprise, des universitaires, des représentants syndicaux ainsi que des experts dont certains appartiennent à son administration.
Paul Volcker, personnalité très respectée, fait partie des conseillers d'Obama sur le plan économique.
Le conseil comprend notamment Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor et actuellement président du Conseil économique national, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, qui dirigeait précédemment la Réserve Fédérale de New York, et Christina Romer, qui dirige le Conseil des Conseillers économique de la Maison Blanche et est une spécialiste de la crise économique des années 1930.
Y siègeront aussi les P-DG d'UBS, Robert Wolf, et de Caterpillar, Jim Owens, la secrétaire et trésorière de l'Union internationale des employés des services Anna Burger, l'ancienne économiste de l'administration Clinton Laura D'Andrea Tyson, ou Penny Pritzker, fondatrice de Pritzker Realty Group et présidente du comité de financement de la campagne d'Obama.
Ce conseil accueillera des responsables ayant occupé des fonctions officielles sous des administrations républicaines, comme William Donaldson, ancien président de la Securities and Exchange Commission sous George Bush, ou Martin Feldstein, économiste à Harvard qui a travaillé avec Ronald Reagan.
Barack Obama s'est fait conseiller par Paul Volcker pendant sa campagne électorale. Agé de 81 ans, l'ancien président de la Fed avait très tôt apporté son soutien au candidat démocrate.
Président de la Réserve Fédérale de 1979 à 1987, sous les présidents Jimmy Carter et Ronald Reagan, Paul Volcker avait réussi à faire tomber l'inflation sous la barre des 10% en augmentant les taux d'intérêt.
Caren Bohan, avec Matt Spetalnick et David Alexander, version française Grégory Blachier et Nicole Dupont
Barack Obama tiendra une conférence de presse télévisée lundi soir
Le président américain Barack Obama tiendra une conférence de presse télévisée lundi soir, a annoncé jeudi la Maison Blanche.
Le président américain répondra aux questions des journalistes à cette occasion, a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs.
Il s'agira de la première conférence de presse de Barack Obama depuis son investiture il y a deux semaines. Pendant la période de transition, il avait tenu plusieurs conférences de presse en journée.
Il a fait plusieurs apparitions publique depuis son investiture, notamment un discours au département de l'Energie jeudi, pour défendre son plan de relance économique. AP
Le plan sur les banques américaines attendu la semaine prochaine
Le département américain du Trésor présentera vraisemblablement au début de la semaine prochaine son plan pour renforcer les banques et répondre à la crise financière, selon un responsable du ministère.
Le Trésor travaille à mettre au point avec d'autres agences fédérales les modalités d'attribution des 350 milliards de dollars prévus dans le cadre du deuxième volet du plan Tarp (Troubled Asset Relief Program).
Selon une source informée des discussions au sein du gouvernement, l'administration Obama pourrait commencer par dévoiler dès cette semaine les règles auxquelles seront soumises les banques aidées par l'État, notamment en matière d'octroi de crédit et d'encadrement des rémunérations des dirigeants.
Dans un entretien diffusé lundi par la chaîne de télévision NBC, le président Barack Obama a expliqué avoir demandé à son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, de lui soumettre des propositions de règles susceptibles d'être imposées aux institutions financières.
"Si une banque ou une institution financière reçoit une aide, alors elle doit se plier à certaines conditions", a-t-il dit.
Interrogé par NBC sur l'éventuelle création par son administration d'une entité publique chargée de reprendre les actifs à risques des banques pour assainir leurs bilans, Barack Obama a répondu: "Je ne veux pas anticiper une annonce la semaine prochaine."
Certains Démocrates estiment que la telle création d'une "bad bank" pourrait coûter jusqu'à 4.000 milliards de dollars (3.100 milliards d'euros environ), mais Obama a rejeté cette estimation au cours de l'entretien, réalisé dimanche mais dont certaines parties ont été diffusées lundi.
"Nous n'allons pas dépenser 4.000 milliards de dollars d'argent du contribuable", a-t-il dit.
Le président a estimé que les banques n'avaient probablement pas encore dévoilé la totalité de leurs pertes potentielles et qu'elles devraient poursuivre leurs dépréciations.
"Et certaines banques ne le feront pas", a-t-il poursuivi, "mais il faudra bien que nous fassions ressortir ces mauvais actifs".
Geithner devait rencontrer lundi des responsables des autorités de régulation et le président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants pour débattre notamment de la réforme de la régulation financière. Glen Somerville, Rachelle Younglai et Tabassum Zakaria, version française Marc Angrand.
Obama continue à soutenir Tom Daschle
Le président américain Barack Obama a affirmé s'en tenir complètement au choix de Tom Daschle comme secrétaire à la Santé, malgré une affaire d'impôts impayés à même de compromettre la confirmation de celui-ci par le Sénat.
"Absolument", a répondu M. Obama à la presse qui lui demandait à la volée lors d'une brève apparition publique dans le Bureau ovale s'il continuait à soutenir M. Daschle. La confirmation de Tom Daschle est remise en question par de récentes révélations sur des arriérés d'impôts.
Le républicain Judd Gregg met des conditions à son entrée dans le gouvernement Obama.
Pressenti pour devenir le secrétaire au Commerce de Barack Obama, le républicain Judd Gregg a fait savoir qu'il n'accepterait le poste que si son siège au Sénat reste aux républicains.
Le sénateur du New Hampshire déclare dans un communiqué diffusé lundi que les chefs de groupe du Sénat avaient compris sa position.
Le gouverneur démocrate du New Hampshire John Lynch, auquel il appartiendrait de désigner le successeur de Judd Gregg si ce dernier entrait au gouvernement, a confirmé cet arrangement dans un autre communiqué.
L'accord permettrait aux Républicains de garder le siège de Judd Gregg pendant deux ans, et priverait les démocrates de la majorité de 60 sénateurs nécessaire pour éviter la tactique d'obstruction parlementaire dite du flibustier, dans lequel un seul sénateur peut retarder l'adoption d'un texte en gardant la parole indéfiniment.
Judd Gregg est le second choix du président américain Barack Obama, le gouverneur du Nouveau Mexique Bill Richardson ayant dû renoncer au poste en raison d'une enquête d'un grand jury sur des contrats publics. AP
Lionel Jospin : "Le chef de l'Etat va nous dévaster la préfectorale !"
Dans la revue Le Débat, vous analysez la crise mondiale et vous évoquez trois scénarii possibles. Quel est aujourd'hui le plus plausible ?
L'hypothèse de la crise courte me paraît obsolète. Nous sommes entrés dans le deuxième scénario : celui d'une crise forte, durable. J'espère qu'il ne se transformera pas en un troisième : une dépression économique, au sens de la crise de 1929. Cela dépendra beaucoup de la réactivité des Etats et de la capacité de coopération internationale, qui avait été inexistante dans les années 1930. On a renfloué le système financier. Il est temps maintenant de le réguler. Les marchés dérivés représentent trente fois plus que le produit brut mondial. La sphère financière est cinquante fois plus importante que l'économie réelle, C'est totalement déraisonnable.
Les Etats semblent impuissants ne serait-ce qu'à endiguer la crise financière...
Ils ne sont pas impuissants ! Ils sont la seule source d'autorité légitime, parce que représentant le peuple et parce que capables de lever des ressources financières. Vers qui les banques en faillite, se sont-elles tournées ? Les grands Etats nationaux ainsi que les institutions internationales. C'est à eux, dès avril, au G20, de prendre des mesures de régulation pour réintroduire de la transparence, de la surveillance et du contrôle (...). Et il faut s'attaquer résolument aux paradis fiscaux qui abritent aujourd'hui les deux tiers des hedge funds.
Fallait-il nationaliser les banques ?
L'Etat aurait dû prendre une participation dans leur capital. Il aurait alors vraiment pu pratiquer le donnant-donnant et obtenir qu'elles continuent à financer l'industrie. Cela aurait été beaucoup plus efficace que d'organiser des soirées à l'Elysée avec des chefs d'entreprise.
Le plan de relance est-il bien calibré ?
Je lui trouve trois défauts. D'abord, il est sous-dimensionné : 26 milliards d'euros, ce n'est pas à la hauteur des enjeux, c'est loin des 2 % du PIB préconisés par le FMI. Ensuite, il est mal calé dans le temps : l'essentiel des mesures, notamment les investissements lourds, vont mettre deux à trois ans avant de produire leurs effets. C'est trop long. Enfin, il est déséquilibré. Comment peut-on favoriser l'offre si l'on ne soutient pas en même temps la demande ? Le contre-plan socialiste, dont on peut discuter telle ou telle disposition, me paraît beaucoup plus cohérent.
Mais il est beaucoup plus cher !
Dans la crise, il ne faut pas être chiche. Le gouvernement s'y prend mal. Il n'ose pas bouger, car il n'a pas su dégager de marges de manoeuvre. Ces cinq dernières années, les déficits du budget, de la Sécurité sociale et du commerce extérieur se sont creusés. L'endettement a augmenté de 10 points. A cause de cette mauvaise gestion, la France aborde la crise en position de faiblesse.
Craignez-vous une révolte sociale ?
J'ai senti les manifestants, jeudi, plus proches de l'indignation et parfois de la colère que de la résignation et de la peur. Il y a un profond sentiment d'injustice.
Quelle est votre réaction à la récente mutation du préfet de la Manche ?
Cela ne me paraît pas un bon signe, parce que cela montre une excessive irritabilité du président de la République. Que peut-on demander à un préfet lorsqu'on fait un déplacement et qu'il y a des manifestants ? D'assurer non seulement la sécurité du chef de l'Etat, mais aussi la dignité dans laquelle il accomplit son déplacement. Mais peut-on lui demander d'interdire les sifflets ? Devrait-il mettre des bâillons sur des milliers de bouches ? Et si l'on commence à licencier un préfet dans la Manche parce que le chef de l'Etat a été sifflé, compte tenu des manifestations auxquelles on assiste en France et du mécontentement qui s'exprime, s'il réagit de la même manière, le chef de l'Etat va nous dévaster la préfectorale ! (...) Ce n'est pas très sérieux.
L'organisation du pouvoir telle qu'il l'a voulue, l'excessive concentration des pouvoirs peut fonctionner en période ordinaire. Je ne suis pas sûr qu'elle soit sage en période de crise, quand le vent souffle plus fort (...). Cette tentation constante est préoccupante. La deuxième chose qui m'inquiète, c'est l'iniquité, l'injustice de la politique qui est suivie. Propos recueillis par Jean-François Achilli, Michel Dumoret et Françoise Fressoz
Jospin ironise sur le livre de Royal
Lionel Jospin était l'invité, dimanche soir, du rendez-vous politique de France Inter et i-Télé. Il en a profité pour revenir sur Femme debout, le livre d'entretien de Ségolène Royal avec la journaliste Françoise Degois, dans lequel elle tient des propos acides sur ses "camarades". "Il me semble que dans son ouvrage -je n'en ai lu que des extraits- elle dit que j'ai été un très bon premier ministre. Donc je ne vais pas critiquer quelqu'un qui est aussi louangeur à mon égard", a-t-il commencé par dire. Puis il a relevé "quelque chose (qui) [l']a amusé": "Ségolène Royal parle de Mme Strauss-Kahn. Elle semble avoir oublié qu'avant il y avait Anne Sinclair. Elle parle de Mme Jospin, semblant oublié qu'avant il y avait Sylviane Agacinscki". "De la part d'une femme... et sans doute d'une féministe", c'est étonnant, a-t-il dit.
Obama détaille son plan de relance aux patrons IT
Stratégie - Le président américain veut que les Etats-Unis investissent dans la numérisation des dossiers médicaux et le déploiement du haut débit, parmi les axes de son plan de relance de 819 milliards de dollars. Il a rencontré hier plusieurs P-DG pour en discuter.
Pour discuter de son plan de relance, (détaillé ici, en anglais) Barack Obama a rencontré hier des dirigeants d'entreprise, notamment du secteur high-tech : Eric Schmidt de Google, Sam Palmisano d'IBM, Greg Brown de Motorola, Mike Splinter d'Applied Materials et Steve Appleton de Micron.
Le président américain a expliqué que son plan de relance, en cours de discussion au Congrès, « investira dans le haut débit et les technologies émergentes, comme celles imaginées et créées par des gens comme Sam [Palmisano, d'IBM, NDLR] et beaucoup des P-DG ici aujourd'hui ».
6 milliards de dollars pour le déploiement du haut débit
La Chambre des Représentants (l'équivalent de l'Assemblée nationale en France) a approuvé hier ce plan de 819 milliards de dollars par 244 votes contre 188. Le vote la semaine prochaine au Sénat, où les Démocrates ont une majorité plus courte, sera moins facile. Les P-DG présents à la Maison Blanche hier ont soutenu ce plan. Selon Greg Brown, le patron de Motorola, « le président Obama comprend que notre politique économique doit être axée vers le renforcement de la compétitivité américaine à long terme ».
Le plan Obama prévoit notamment le doublement de la production d'énergies alternatives dans les trois ans, la numérisation des dossiers médicaux de tous les Américains dans les cinq ans, des investissements dans les sciences, la recherche et les technologies. Sur les 819 milliards du plan en négociation, 20 milliards de dollars sont prévus pour l'informatisation des dossiers médicaux, 11 pour l'amélioration du réseau électrique et 6 pour le haut débit dans les régions non encore couvertes.
3 jeunes béninois parmi les meilleurs élèves en France
A LIRE AVEC ADMIRATION Evidemment, "papa" aurait pu opter pour la solution du simple "Lionel". "Mais il a pensé, remarque-t-il pince-sans-rire, que Jospin exprimerait plus clairement sa considération." Le Béninois Jospin Oussou est donc arrivé à Paris avec son drôle de prénom, il y a deux ans, en 2007. Son père était mort depuis quelques années, laissant sa mère, vendeuse sur les marchés, élever seule les quatre enfants du couple. Il n'avait jamais pris l'avion, ne connaissait rien d'autre que Cotonou, et son homonyme en France n'était déjà plus premier ministre depuis cinq ans.
Le jeune homme disposait cependant d'un plus puissant viatique : ses formidables bulletins scolaires. Des 19 sur 20 à la pelle, une mention "très bien" au bac et la réputation d'être l'un des meilleurs élèves du Bénin. Au sein des classes préparatoires - les "taupes"- du prestigieux lycée Louis-le-Grand, qui fournit chaque année une moitié des effectifs de l'Ecole polytechnique, le jeune "taupin" a néanmoins rapidement compris qu'il était loin d'être le seul à aligner de telles performances scolaires.
Mais, dans ce lycée qui vit pourtant passer, à la fin des années 1920, le poète et ancien président du Sénégal Léopold Sédar Senghor, il a aussi vite constaté qu'il était l'un des rares Africains issus d'une famille modeste à s'être taillé une place dans les têtes de classe.
Lors des réunions de parents d'élèves de Louis-le-Grand, sur le quai de la gare lors du premier voyage scolaire, ce n'est pourtant plus Jospin qui a bientôt fait sensation, mais un homme, blanc, la soixantaine, livrant ses dernières recommandations en remontant le cache-nez du garçon pour qu'il ne prenne pas froid : Odon Vallet. Cet énarque érudit, spécialiste des religions et sans enfant, est tout à la fois le parrain, le père adoptif et le bienfaiteur de Jospin et de la demi-douzaine de jeunes Africains issus de familles modestes inscrits à Louis-le-Grand.
Depuis qu'il a hérité, en 1999, de l'imposante fortune de son père (115 millions d'euros placés dans la Fondation Odon-Vallet, sous l'égide de la Fondation de France), Odon Vallet distribue chaque année des bourses à des élèves défavorisés. Il a commencé par les écoles d'art appliqué françaises (école Boulle, Arts déco, lycée de l'horlogerie ou école des Gobelins). A étendu ensuite son action au Vietnam, "un pays confucéen où les études sont une mystique", dit-il. "Mais j'avais un remords de ne rien faire pour l'Afrique."
Il a donc jeté son dévolu sur le Bénin, puis, selon les circonstances, sur les pays voisins, sélectionnant les meilleurs élèves des meilleurs lycées. Dans les cours de Louis-le-Grand, ils sont donc cinq à retrouver chaque jour Jospin. Trois autres jeunes Béninois, Irénée Salmon, Espérant Padonou et Ulysse Lawogni. Un jeune Ivoirien, Désir Koffi-Bi, dont le prénom est tout aussi inspiré par la politique française que Jospin, "mais moi, mon père avait été très marqué par un discours d'Harlem Désir au temps où celui-ci dirigeait SOS-Racisme", explique-t-il en riant. Et la seule fille parmi eux, Tatiana Tchalla, est originaire du Togo.
C'est peu dire qu'à Louis-le-Grand, où les rares élèves noirs sont souvent fils de diplomates, ce petit groupe-là se remarque. "Dans la compétition internationale qui nous oppose aux plus grandes universités américaines, nous sommes bien parvenus à faire venir des Chinois, très bons en mathématiques, reconnaît le proviseur Joël Vallat, quelques Marocains, des Libanais, des Bulgares. Mais le gros des prépas est encore très franco-français." Les six Africains ont refait une terminale à Louis-le-Grand avant de se lancer dans les classes préparatoires.
"Ce n'est pas leur niveau en mathématiques ou en physique qui posait problème, souligne Annie Vigneron, professeur de mathématiques, qui les a tous suivis en terminale. Généralement, ils sont très bons dans ces matières, leurs lycées d'origine suivant les anciens programmes français de terminale, plus poussés que ceux d'aujourd'hui. Mais ils avaient un rattrapage à accomplir en histoire, anglais et philosophie."
Il leur a aussi fallu un petit temps d'adaptation à un pays inconnu, un climat qui les frigorifie toujours, une cuisine qui les déroute souvent. "Jospin n'avait jamais tenu un couteau de sa vie, rappelle Odon Vallet, Irénée pensait devoir chanter l'hymne national chaque matin avant d'entrer en classe et Espérant a longtemps été inquiet d'avoir dû laisser sa mère, sanglotant en disant son chapelet."
Car si tous sont issus de familles où l'école était surinvestie, chacun de leurs parcours est un petit miracle. Et ils sont tous liés par cette communauté de destin. C'est Espérant, déjà boursier de la Fondation, qui a ainsi recommandé Ulysse à Odon Vallet. "J'étais sorti major du Bénin au BEPC, et j'ai longtemps été le meilleur élève de mon collège Sainte-Félicité, à Cotonou, raconte le jeune homme. Jusqu'à ce qu'Ulysse arrive, deux classes en dessous de la mienne. Là, il s'est révélé mon adversaire le plus redoutable. Chaque trimestre, j'allais le voir pour sonder si sa moyenne générale serait supérieure à la mienne. Lorsque M. Vallet m'a accepté, après que j'ai été le major du Bénin au bac, je savais déjà qui serait, deux ans plus tard, le meilleur bachelier."
Le grand frère de Désir, Ezechiel, aujourd'hui élève à l'Ecole des mines de Douai et déjà boursier de la Fondation, avait pour sa part présenté son cadet. "J'étais alors en cinquième, sourit Désir, et premier de mon école. Pendant des années, M. Vallet m'a envoyé des Harry Potter. Ah, je les ai lus et relus ! Et en terminale, j'ai su que j'étais à mon tour accepté."
Irénée projetait de s'engager dans l'armée, faute de moyens financiers, et avait déjà renoncé à décrocher une bourse. "Mon père, médecin - c'est lui qui a accouché ma mère par césarienne lorsque je suis né -, est blanc, ma mère est noire, raconte-t-il doucement. En Afrique, quand on est le fils d'un Blanc, on est considéré comme un riche, et, même si c'était loin d'être la réalité, j'étais sûr que je n'aurais pas la bourse." La veille de déposer son dossier militaire, il a tout de même rappelé Odon Vallet. "Vous êtes fou de vous engager dans l'armée, en plus comme sous-officier !", a tonné le parrain. Et Irénée a été sélectionnée pour Louis-le-Grand.
Jospin croyait que, "dans notre pays où il y a tant d'injustice et de corruption, un fils de ministre (lui) passerait forcément devant le nez."
Tatiana, enfin, avait déjà quitté ses parents depuis un an pour intégrer une terminale au lycée de Dakar. C'est là que l'écrivain Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France au Sénégal, a remarqué ses excellents résultats au bac et, sans la connaître, a remis son dossier à Odon Vallet.
A Paris, chacun dispose, grâce à la fondation, d'un compte en banque avec un petit pécule, d'un téléphone portable et d'une chambre en internat, tout près du jardin du Luxembourg. Colles et révision tous les soirs. Partie de foot le vendredi - Irénée s'est déjà taillé une réputation de champion du lycée -, dîner chaque samedi au Bistrot Romain du boulevard du Montparnasse autour d'Odon Vallet, messe le dimanche à l'église Saint-Sulpice et, régulièrement, inspection surprise des chambres par leur "parrain". Entre eux, ses "filleuls" l'appellent très gentiment "l'adjudant". "Nous, nous sommes la première compagnie", sourit Espérant.
Bien sûr, les familles manquent. Les parents, en Afrique, se débrouillent chaque semaine pour trouver un cybercafé et lire ainsi, par courriel, des nouvelles de ces enfants qui représentent tous leurs espoirs. Les professeurs de Cotonou suivent à distance les progrès de leurs anciens élèves et ne savent plus trop s'il faut souhaiter les voir continuer en France, en Amérique, ou les retrouver diplômés en Afrique.
"On disait beaucoup, au Bénin, que la France était raciste, remarque Espérant. J'ai trouvé tout le contraire. Nous avons été magnifiquement accueillis." Des amours se sont nouées. A Noël, les uns et les autres ont été invités chez des camarades de classe. Jospin s'apprête à aller faire du ski pour la première fois. Ulysse propose chaque semaine des théories de mathématiques à ses professeurs et versifie volontiers. Espérant a découvert l'écrivain Michel Leiris. Tatiana s'enthousiasme en cours de philosophie pour la psychanalyse et Sigmund Freud. Et leur professeur Annie Vigneron a trouvé l'autre jour une petite carte postale de l'un d'entre eux, noircie d'une belle écriture, "Madame, je vous aime..."
Le 1er novembre 2007, quelques semaines après son arrivée, Jospin, n'y tenant plus, est allé rendre visite à son célèbre homonyme, en compagnie d'Odon Vallet. Lionel Jospin l'a reçu chez lui, amusé. "Cela m'a fait plaisir, pour mon père", dit le jeune homme en souriant. Depuis, il reçoit à chaque grande occasion et pour les fêtes de fin d'année un petit mot manuscrit de l'ancien premier ministre. Les lettres sont là, dans sa petite chambre parisienne, au milieu de ses cahiers. Raphaëlle Bacqué (le monde)
L orsqu'il a débarqué au lycée Louis-le-Grand, son nom, lancé lors des appels, a d'abord fait sourire. "Evidemment, ici, ce n'est pas banal de porter le prénom de Jospin", s'amuse-t-il. Jospin... Comme l'ancien premier ministre ? "Oui, mon père l'admirait beaucoup, insiste-t-il. C'était tout de même l'un des rares hommes politiques français à s'être intéressé au tiers-monde tout en refusant de se lier aux dictateurs africains !"
Obama rompt avec la politique environnementale de Bush.
Le nouveau président souhaite autoriser les Etats à fixer les quotas d'émissions de gaz à effet de serre, comme avait essayé de le faire la Californie, en 2007.
Fermeture de Guantanamo, avortement et crise économique… et maintenant environnement : Barack Obama prend de nouveau le contrepied de la politique de George W. Bush.
Selon un responsable proche du dossier, le nouveau président devrait tout d'abord demander lundi à l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) de reconsidérer une demande de la Californie, visant à laisser chaque Etat fixer les plafonds d'émissions de gaz à effet de serre liés à la pollution automobile. La Californie, comme au moins 13 autres Etats, souhaitent imposer ses propres réglementations, autrement plus sévères que les normes fédérales en matière de pollution atmosphérique. L'Etat du gouverneur, qui représente la sixième économie mondiale, souhaite notamment ramener d'ici à 2020 ses émissions de gaz à leur niveau de 1990.
Mais la requête du gouverneur républicain déposée en octobre 2007 avait été rejetée deux moins plus tard par l'EPA, malgré les recommandations des experts, sous la pression de l'administration Bush.
Cette fin de non-recevoir avait été accueillie avec soulagement par l'industrie automobile, mais avait conduit le «Golden State» et 13 autres Etats à poursuivre l'agence fédérale devant les tribunaux. Or, au total, ces Etats, parmi lesquels New York et la Floride, ne représentent pas moins de 40% de la population américaine.